Message de Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO

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Il y a aujourd’hui 30 ans, des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs de toute l’Afrique se rassemblaient pour rédiger un appel en faveur de la liberté de la presse : la Déclaration de Windhoek sur le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste. Cette déclaration historique visait à faire de la libre circulation de l’information un bien commun – un objectif toujours d’actualité.

Depuis 1991, le paysage de l’information a connu des changements considérables, notamment avec l’arrivée d’Internet et des médias sociaux. Des possibilités inouïes s’offrent à présent à nous pour nous exprimer, nous tenir informés et communiquer avec les autres. Mais nous devons également faire face à la montée de la désinformation et des discours de haine, au bouleversement des modèles économiques des médias et à la concentration du pouvoir entre les mains d’un petit nombre de sociétés privées.

La pandémie a mis en évidence la nécessité de disposer d’informations fiables. C’est grâce au journalisme indépendant que nous avons pu mieux comprendre cette crise. Les journalistes se sont rendus sur le terrain, souvent à leurs risques et périls. Beaucoup d’entre eux ont été menacés, arrêtés, harcelés – en particulier les femmes. Soixante-deux journalistes ont été tués pour leur travail en 2020, et bien d’autres ont perdu la vie à cause de la COVID-19. Nous leur en sommes immensément redevables.

La pandémie a également aggravé des problèmes existants, de nombreux médias faisant désormais face à des pertes financières. Le pouvoir des plates-formes Internet s’est encore renforcé, à la faveur des confinements qui nous ont contraints à effectuer en ligne une grande partie de nos activités quotidiennes. Et les fausses informations et les rumeurs ont fleuri, avec parfois de terribles conséquences.

Cette année, le thème retenu pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse, « L’information comme bien public », souligne la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable. Il appelle l’attention sur le rôle essentiel que jouent les journalistes libres et professionnels dans la production et la diffusion de ces informations, en luttant contre les fausses informations et autres contenus préjudiciables.

Ce thème concorde avec les efforts menés par l’UNESCO pour garantir la bonne santé à long terme d’un journalisme indépendant, pluraliste, ainsi que la sécurité des professionnels des médias partout dans le monde, notamment dans le cadre du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.

Dans le cadre de ces efforts, nous nous employons à instaurer une plus grande transparence sur les plates-formes en ligne dans des domaines tels que la modération des contenus, tout en respectant les droits de l’homme et les règles internationales en matière de liberté d’expression. Nous dotons les citoyens, au titre de l’éducation aux médias et à l’information, des compétences dont ils ont besoin pour évoluer dans ce nouveau paysage de l’information, et leur permettre d’éviter les tromperies et les manipulations en ligne.

Aujourd’hui, nous nous employons également à faire en sorte que l’évolution de ce paysage soit prise en compte dans les principes inscrits dans la Déclaration de Windhoek, à l’heure où nous célébrons le 30e anniversaire de ce texte fondamental lors de la Conférence mondiale sur la liberté de la presse, qui doit se tenir à Windhoek, en Namibie, les 2 et 3 mai.

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, j’appelle chacun et chacune à renouveler son engagement en faveur du droit fondamental à la liberté d’expression, à défendre les professionnels des médias et à se joindre à nous pour garantir que l’information reste un bien public.

 

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