Ultimatum de l’UNTM aux autorités de la transition : Le colonel Assimi Goïta dos au mur

2

Il n’y aura pas d’état de grâce pour le colonel Assimi Goïta, le nouveau président de la Transition au Mali. En effet, à peine son Premier ministre et chef du gouvernement, Choguel Kokala Maïga, nommé et installé dans ses fonctions dans la foulée de sa prestation de serment, que les syndicats regroupés au sein de l’UNTM (Union nationale des travailleurs du Mali) sont sortis du bois pour remettre sur la table leur plateforme revendicative vieille de plusieurs mois.
Dans ce sens, ils ont lancé un ultimatum de dix jours aux autorités de la Transition pour poser « des actes forts » dans le sens de la satisfaction de leurs doléances, faute de quoi, disent-ils, « l’UNTM s’assumera par rapport à ses revendications ».  Ils ont aussi tenu à préciser, au passage, que leur mouvement de grève « n’a pas été levé, [mais] a été suspendu ». Une piqûre de rappel qui a tout son sens, en ce qu’elle pourrait lever le doute dans les esprits de ceux qui avaient vu dans la suspension du mouvement de grève de l’UNTM, une possible connivence avec les tombeurs des dirigeants de la Transition.
On attend de voir la recette que le colonel-président va sortir de son béret pour calmer le front social
D’autant que le récidiviste jeune putschiste de Kati ne s’était pas gêné pour justifier en partie son coup de force contre les autorités de la Transition, par leur incapacité à apporter une réponse adéquate à la contestation politique d’une part, mais aussi  sociale menée d’autre part par les syndicats. De là à penser que le président Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane n’ont été que les victimes exquises et expiatoires d’une junte militaire aux ambitions “pouvoiristes”, il y a un pas que bien des démocrates du continent ont vite fait de franchir.
À présent, la question qui se pose est de savoir si Assimi Goïta sera pris à son piège. En tous les cas, maintenant qu’il s’est confortablement installé à la tête de la Transition, on attend de voir la recette que le colonel-président va sortir de son béret pour calmer le front social qui menace de rentrer en ébullition et de lui pourrir le « mandat ». Car, il faut croire qu’avec leur détermination affichée, les syndicalistes ne sont pas prêts à se laisser conter fleurette.  En tout cas, en partant de leur sacro-sainte logique que l’État est une continuité, tout porte à croire que ce qui a prévalu pour Bah N’Daw, le sera aussi pour Assimi Goïta. De ce point de vue, l’on peut s’attendre à ce que les syndicats ne démordent pas de leur position tant qu’ils n’auront pas suffisamment de garanties quant à la satisfaction de leurs doléances qui vont du traitement des cas des travailleurs déflatés des anciennes entreprises d’État à l’harmonisation des grilles indiciaires pour les salaires des fonctionnaires, les primes et autres indemnités accordées à certaines catégories de travailleurs.  Un travail de titans qu’il sera difficile de résorber en une simple transition. C’est dire si avec ce coup de semonce des syndicats dont on connaît la force de frappe, les nouvelles autorités de la Transition au Mali sont déjà presque dos au mur.
Crise sociale majeure en gestation, un véritable caillou dans la godasse du colonel Assimi Goïta
Que faire alors pour desserrer cet étau pour une meilleure poursuite du processus, sachant que la Transition est attendue sur d’autres questions autrement plus cruciales, comme celle de la réponse sécuritaire face péril djihadiste et surtout le défi de l’organisation des élections à bonne date pour le retour à l’ordre constitutionnel normal ? Au pied du mur, on attend le maçon Assimi Goïta et son chef de chantier, Dr Choguel Maïga dont le déplacement à la Bourse du Travail, bien qu’ « apprécié à sa juste valeur », ne semble pas avoir rassuré outre mesure les représentants de cette centrale syndicale en lutte.
En effet, ces derniers disent non seulement avoir décliné l’offre d’entrée dans le gouvernement, mais aussi nourrir des craintes quant à la présence, dans la nouvelle équipe de l’Exécutif, de « syndicats les plus ouvertement opposés aux revendications de l’UNTM ». Jusqu’où ira donc ce bras de fer naissant entre les syndicats et les nouvelles autorités de la Transition ? Bien malin qui saurait répondre à cette question.
En attendant, cette crise sociale majeure en gestation, est en train de se présenter comme un véritable caillou dans la godasse d’Assimi Goïta. Et en pareilles circonstances, la tentation, pour des autorités trop acculées, serait de déplacer le problème au lieu de le résoudre, ou d’aller à un mauvais arrangement en attendant de refiler la patate chaude aux futures nouvelles autorités. C’est le véritable danger qui guette le Mali, à moins que d’ici à là, le jeune colonel ne sorte de son béret, la recette magique pour calmer définitivement les ardeurs des syndicalistes.
Arouna Traoré

Commentaires via Facebook :

2 COMMENTAIRES

  1. Mrs les syndicalistes , sortons un peu de nos postures politiques : Quelle serait l’incidence des hausses effrénées des salaires sur les coûts des produits de première nécessité ? Si l’impuissance des autorités encourage les industriels à la spéculation et surtout sur l’aliment bétail tu n’auras jamais de stabilité en terme de coût de consommation de la viande et autres produits et jamais de stabilité dans ton pays parce que ventre vide n’a point d’oreille. Quand on a que des syndicalistes et des opérateurs économiques qui ne pensent qu’à eux seuls et que le Mali serait le dernier de leurs soucis… Avec ce genre de comportement, toutes les ambitions du Mali seraient vouées à l’echec, et point d’avenir…

    • En l’état, sur le salaire payé chaque mois au travailleur leur rendement ne représente qu’a peine 20% et cela pourrait être certifié par un cabinet étranger au besoin. Et le reste c’est l’argent du contribuable. Si on pouvait faire économie de ça, le pays se porterait mieux. On vous a assez supporté. De grâce méritez au moins ce vous gagner par moi, pour que le pays se porte mieux et puisse progresser. Avec ce fardeau de social inutile que nous portons sur la tête et son cortège de déstabilisations permanentes, avec un syndicalisme rentable financièrement car animé d’ esprit de lucre, de chantage et envahissant, nous avons encore à faire. Il y aurait -il combien de syndicats battant pavé au Mali ? Quel désordre et on en finit pas…

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here