Le nouveau président de la CEDEAO, John Dramani Mahama du Ghana face à la presse : “Nous avons adopté l’approche progressive pour faire aboutir le dossier de la monnaie unique d’ici à 2020 “

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Juste après son élection à la présidence de la CEDEAO pour un mandat d’un an, le président du Ghana, John Dramani Mahama, a fait part de ses ambitions pour l’avancée de l’organisation sous-régionale.  Dans son discours-programme lors d’un point de presse qu’il a animé avec le président de la commission de la CEDEAO, il a laissé entendre que la paix, la sécurité, les infrastructures, la monnaie unique seront au cœur de son mandat. Sur ce dernier point très capital pour  passer de la CEDEAO des États à la CEDEAO des peuples, il a affirmé que la l’approche progressive a été privilégiée pour que la monnaie unique soit une réalité d’ici à 2020.

John Dramani Mahama du Ghana face à la presse :
John Dramani Mahama du Ghana face à la presse :

La monnaie unique fait partie des éléments clés du processus d’intégration. Nos chefs d’Etat m’ont demandé avec mon homologue du Niger de travailler sur le processus monétaire. Nous avons recommandé l’approche progressive pour l’adoption de cette monnaie unique. Je travaille d’arrache-pied avec Mahamadou Issoufou pour faire aboutir le dossier d’ici à 2020 “. Ces par ces mots que le nouveau président de la CEDEAO a exposé son ambition pour la monnaie unique, un dossier qu’il pilotait déjà avant son élection à ce poste.

Les chefs d’Etat de la sous-région l’ont félicité ainsi que son homologue du Niger pour les actions menées conformément au mandat que leur a confié la conférence sur la supervision du processus de convergence monétaire. Ils ont salué les conclusions de la première réunion sur le programme de coopération monétaire avant d’entériner l’approche progressive proposée pour la réalisation de l’union monétaire à l’horizon 2020.  Il s’agira donc pour John Dramani Mahama et Mahamadou Issoufi de poursuite et accélérer le processus d’adoption de cet outil qui viendra se substituer aux sept monnaies actuellement utilisées dans les 15 pays membres de l’organisation. Huit partagent le FCFA. Les chefs d’Etat ont instruit au président de la commission, en collaboration avec les institutions régionales appropriées, d’élaborer un chronogramme détaillé d’actions à mener en vue de se conformer aux délais convenus.

Toujours dans le cadre de cette monnaie unique, la conférence de Yamoussoukro a invité les banques centrales à s’impliquer fortement dans ce processus notamment dans les actions d’harmonisation des cadres de politiques monétaires, de règlementation bancaire et de réformes des secteurs financiers.

Les banques centrales invitées à s’impliquer

L’adoption d’une monnaie unique couronnera ainsi les performances économiques régionales et consolidera le marché commun.

Dans la perspective de renforcer ce marché commun, les chefs d’Etat ont réitéré la nécessité d’obtenir une croissance encore plus vigoureuse pour conforter l’emploi et permettre la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement.

Pour conforter les bonnes perspectives économiques de la région, la conférence a exhorté les États membres à poursuivre les efforts qu’ils déploient en vue de la mise en place de cadres macroéconomiques assainis et stables. Le sommet a invité les pays membres à respecter les critères de convergence macroéconomique et demandé au président de la commission d’en assurer rigoureusement le suivi.

Si cette 44ème conférence a été l’occasion pour les chefs d’Etat de réaffirmer leur ferme engagement en faveur de l’intégration régionale, elle a permis de saluer l’approche participative, consensuelle et constructive qui a prévalu a sein de l’organisation et qui a permis de finaliser les négociations de l’accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne.

 

 

Examiner les dernières questions sur les APE

La conférence a validé les conclusions de l’accord dans le principe, en notant quelques questions techniques à résoudre. A cet effet, la conférence a instruit  aux négociateurs en chef de prendre les mesures nécessaires dans un délai de deux mois, en vue de trouver une solution aux questions soulevées par certains États membres, notamment le Nigeria, avant la signature de l’accord. Un comité technique sera mis en place  incluant les représentants du Nigeria, du Ghana, du Sénégal e de la Côte d’Ivoire pour examiner ces questions et soumettre leurs conclusions aux chefs d’Etat et de gouvernement.

Le sommet a chargé le président de la commission, en collaboration avec son homologue de l’UEMOA d’entrer en négociation avec la Mauritanie en vue de conclure un accord d’association avec celle-ci, du fait de son appartenance à la même configuration géographique des négociations pour les APE.

Le projet d’autoroute

Lagos-Abidjan en bonne voie

Autre vision commune partagée par les chefs d’Etat, l’accroissement des capacités de résilience de la région à travers la mise en œuvre effective des  programmes de sécurité alimentaire, d’adaptation aux changements climatiques ainsi que des politiques régionales d’énergie durable et de développement social.

Le développement des infrastructures régionales a été maintes fois exprimé par le sommet qui a chargé le président de la commission de poursuivre ses efforts de coordination et de mobilisation des ressources adéquates pour la mise en œuvre diligent des différents plans directeurs adoptés à cet effet, en veillant à une répartition plus équilibrée des projets au sein de la région. C’est pourquoi la conférence s’est réjouie de la signature par le Nigeria, le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire du traité sur le projet d’autoroute Lagos-Abidjan.

Convaincu que l’intégration est un passage obligé, le nouveau président de la CEDEAO est décidé à travailler sur tous les grands chantiers d’intégration pour faire de la sous-région un véritable marché commun.

Youssouf CAMARA, Envoyé spécial

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