Edito : La colère d’IBK

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Qu’IBK, comme il l’a fait au détour d’une rencontre de son parti, le week-end, trouve irresponsable,  à un an de l’élection, de demander aux partis de se prononcer sur le fichier électoral, est tout sauf anodin. Car l’ancien Premier ministre, s’il est connu pour sa fermeté, n’est pas du tout chicanier.

Il doit donc se sentir agacé, voire « trimballé » pour puiser dans son propre lexique, dans cette affaire de fichier qui n’aurait pas dû se poser en ce moment, ou jamais se poser en République en aucun moment, car une démocratie prévisible, sincère et organisée peut aller en élection n’importe quand. Donc avoir une liste prête à tout moment pour gérer les cas de force majeurs.

 La colère du patron des Tisserands est-elle légitime, cependant ?  Oui, parce que même le fichier Race n’est pas prêt à cette date et ce problème d’une gravité absolue, à entendre l’Exécutif, paraît moins grave que le fait de se soucier du fichier électoral, le délit principal du Parena. La colère d’Ibk changera-t-elle les choses ? Rien n’est moins certain, car ce qui manque le plus, qu’il s’agisse du fichier Ravec ou Race, c’est le temps dont tout le monde, y compris la classe politique, avait semblé oublier qu’il n’était pas élastique.

A cet égard, les partis politiques, il faut bien le concéder, se réveillent un peu en retard et pire, en entrant divisés dans le débat Ravec contre Race, ils prolongent l’hypothèque. Mais le désenchantement du président du Rpm a ceci  de salutaire que personne ne l’accusera, lui, de faire de la diversion car pour l’opinion, il fait partie du tiercé de tête pour 2012. Le coup de semonce est donc sérieux et peut même s’apparenter à un coup de gong. Entre la classe politique et l’Exécutif. Avec la société civile dans l’attitude du spectateur ? Pas si évident, car l’élection ne se fait pas pour les politiques. Elle se fait pour les citoyens et justement la société civile est là où se trouvent les citoyens.

Adam Thiam

 

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