Al Qaeda : le petit manuel anti-drone pour les soldats islamistes

11 réactions [-] Texte [+] Email Imprimer

En fuyant Tombouctou, des jihadistes d’Aqmi ont laissé derrière eux un document singulier, qui explique en 22 points comment éviter les drones.

Un drone américain Predator sur une base au Pakistan (Eric Gay/AP/SIPA)

Un drone américain Predator sur une base au Pakistan (Eric Gay/AP/SIPA)

Les journalistes de l’agence américaine Associated Press ont trouvé dans la ville malienne de Tombouctou un document pour le moins intéressant : un manuel par et pour les membres d’Al Qaeda énumérant 22 tactiques et astuces pour se protéger des drones occidentaux.

Image de prévisualisation YouTube

FRAPPE AÉRIENNE D’UN DRONE DE CLASSE PREDATOR

Le document, trouvé dans des bâtiments désertés par les jihadistes après l’intervention française, serait apparu pour la première fois en arabe sur un site extrémiste le 2 juin 2011, un mois après la mort de Ben Laden.

Son auteur, le yéménite Abdallah bin Muhammad, résume la réponse à apporter à l’Occident dans sa « guerre des drones » autour de trois axes : des tactiques défensives de brouillage et d’aveuglement, du contre-espionnage visant les agents américains, et la prise à partie de l’opinion publique américaine pour qu’elle fasse pression contre son gouvernement.

Ce document est intéressant à de nombreux égards. Il confirme notamment les inquiétudes des experts quant à une articulation et une coordination toujours plus poussée des différentes cellules d’Al Qaeda à travers le monde. L’auteur fournit en outre une analyse très pertinente de la stratégie américaine dans l’emploi de ses drones et les raisons économiques et politiques qui la justifient.

Al Qaeda, vivante et vivace

Loin d’être un renoncement ou une capitulation, la « guerre des drones » est une guerre à moindre coût budgétaire et humain, qui permet au gouvernement américain de mener son combat contre le terrorisme à moindre frais et sans la désapprobation populaire et très médiatisée des familles de soldats.

« Les Américains réalisent pleinement qu’ils en sont à leur dixième année de conflit, qu’ils sont épuisés économiquement, qu’ils ont subit des pertes humaines et ont été confrontés à une pression publique soutenue par le Congrès, de telle manière que cela a fait du retrait honorable et responsable des troupes l’objectif premier de la Maison Blanche. Mais cela ne signifie pas abandonner la guerre […]. »

L’auteur ne promeut pas un affrontement direct contre cet ennemi aérien quasi invisible : il enjoint les jihadistes à adopter une stratégie de « kidnapping des citoyens occidentaux à n’importe quel endroit du monde […] avec pour seule demande la cessation des attaques contre des civils au Yémen, ce qui constitue une demande juste et humanitaire qui créera un soutien mondial et la pression de l’opinion publique en Amérique ».

Cette analyse tombe à point nommé alors qu’un sénateur américain, Lindsey Graham, vient d’annoncer que le nombre de victimes des attaques de drones s’élèverait à 4 700, n’hésitant pas à affirmer ce jeudi :

« Parfois on frappe des personnes innocentes, ce que je déteste, mais nous sommes en guerre, et nous avons tué plusieurs hauts responsables d’Al Qaeda. »

Des astuces faites maison, mais sérieuses

Certaines des tactiques listées peuvent paraître datées ou farfelues – comme le fait de peindre sa voiture avec de la boue alors que certains drones sont maintenant équipés de détecteurs thermiques. Le colonel Cedric Leighton, un vétéran des forces aériennes américaines qui a participé à la programmation du drone Predator, a déclaré au Telegraph prendre le document très au sérieux :

« Ce ne sont pas des techniques idiotes. Ça montre qu’en réalité ils agissent plutôt astucieusement. Le but est de leur acheter un peu plus de temps, et dans ce conflit, le temps est la clef. Et ils utiliseront [ces techniques] pour se déplacer loin d’une zone, d’un bombardement aérien, et le feront très rapidement. »

Rue89 en a fait une traduction (le style n’est pas toujours fameux, mais lisez l’original [PDF] avant de tirer sur le traducteur) :

1. Il est possible de connaître l’objectif et la mission d’un drone en se servant du système russe « sky grabber » pour infiltrer les ondes et fréquences de l’engin. L’outil est disponible sur le marché pour 2 595 dollars et l’opérateur doit avoir des connaissances poussées en informatique.

2. Utiliser des dispositifs qui diffusent des fréquences pour déconnecter les commandes et brouiller les fréquences utilisées pour contrôler le drone. Les Moudjahidines ont eu des résultats concluant en utilisant le système russe « Racal ».

3. Installer des morceaux de verre réfléchissant sur les voitures et toits des bâtiments.

4. Positionner un groupe de snipers expérimentés pour chasser les drones, tout particulièrement ceux de reconnaissance qui volent à basse altitude, à environ 6 kilomètres ou moins.

5. Saturer et brouiller les communications électroniques en utilisant une dynamo ordinaire agrémentée d’une tige de cuivre de 30 mètres de hauteur.

6. Saturer et brouiller les communications électroniques en utilisant un vieil équipement – pour ses fortes fréquences – et le laisser tourner 24 heures sur 24. Il est possible d’avoir recours à des simples mécanismes d’aveuglement attirant les systèmes à ondes électroniques, de la même manière que l’armée yougoslave avait utilisé des fours à micro-ondes pour détourner et brouiller les missiles à système de guidage électromagnétique de l’OTAN.

7. Adopter un ensemble de méthodes pour semer la confusion et changer régulièrement de quartiers généraux.

8. Repérer la présence d’un drone grâce à des réseaux de reconnaissances bien conçus et avertir les formations de cesser tout mouvement dans la zone.

9. Se cacher pour ne pas être repéré, directement ou indirectement, surtout la nuit.

10. Se cacher sous des arbres touffus, la meilleure couverture contre les avions.

11. Rester dans des endroits protégés du soleil, à l’ombre des bâtiments et des arbres par exemple.

12. Couper tous les appareils de communication sans fil.

13. Sortir des véhicules et en rester éloignés, particulièrement lorsque vous êtes poursuivis ou durant un combat.

14. Tromper le drone en allant dans des endroits avec de multiples entrées et sorties.

15. Se servir d’abris souterrains puisque les missiles tirés par ces avions sont généralement de type anti-personnel et non anti-bâtiment.

16. Eviter de se rassembler dans des lieux ouverts et, en cas d’urgence, utiliser des bâtiments à entrées et sorties multiples.

17. Former des groupes de contre-espionnage pour détecter les espions et agents.

18. Créer de faux rassemblements, avec par exemple des poupées et statues placées devant de fausses tranchées pour tromper l’ennemi.

19. Lorsque vous découvrez qu’un drone poursuit votre voiture, quittez le véhicule immédiatement et que chacun se disperse dans des directions différentes, car les avions ne pourront pas poursuivre tout le monde en même temps.

20. Utiliser des barricades naturelles comme des forêts et des grottes lorsqu’il est impératif de s’entraîner ou se rassembler.

21. Dans les zones fréquemment ciblées par l’ennemi, faire de la fumée pour se cacher, en brûlant des pneus par exemple.

22. Les chefs ou les personnes recherchées ne doivent pas utiliser d’appareils de communication, car l’ennemi conserve habituellement une empreinte vocale grâce à laquelle il peut identifier la personne qui parle et la localiser.

Source: rue89.com – 22/02/2013

 

 

11 Réactions à Al Qaeda : le petit manuel anti-drone pour les soldats islamistes

  1. justicequity

    Voila ce que j’ai toujours dis la guerre n’est pas qu’une question de moyens le cerveau humain peut compenser les finances avec des fois du matériel à quelques milliers d’euros, ils pourront certainement faire face aux drones qui coutent de millions d’euros. On devra au moins s’inspirer de ce côté que la guerre n’est pas qu’une question de moyens financiers.

  2. befoba

    Du n’importe quoi??

  3. Ag Mohamed

    Faux ce sont les bon citoyens qui montrent les ex-collaborateurs des islamists à l’armée. Ils meritent d’etre executes les espions aussi. Que l’ONU arrête de faire pression sur le Mali. Il y a beaucoup d’islamists dans les populations qui observent la position de l’armée pour faire signe à leur compagnons. Et ce sont les civiles qui les connaissent.

  4. traore

    C’est annee on laise age de 50 &60 pour que mali vas fait bien et beau il ya pas de jeunee au mali

  5. traore

    Qui persident du mali c’est les gens de al qaeda comme maintenant quel problement qui c’est au mali comme ibk et att 2007

  6. M.T

    ET NOS AMIS DE KATI?

  7. Mafoi

    Trop d’info,tue l’info et donc je ne vois pas l’intérêt d’une telle info mais sait on jamais,peut-être c’est pour brouiller notre ennemi commun à szavoir ces terroristes

  8. TE11

    Pourquoi diffuser de telles informations ???

    • blanche neige

      @ TE11………….ces informations sont sur internet ,ce n’est donc pas un secret militaire !…….et puis c’est le role de la presse que de donner des infos !

  9. blanche neige

    DERNIERE MINUTE……….13 soldats tchadiens et 65 islamistes sont morts dans de violents combats dans le massif des Ifoghas :!: :!:

    • Le ridicule ne tue pas le soldat malien

      Pendant ce temps, les bidasses pseudo-soldats maliens fuyards-tueurs de civiles-pillards sont dans les villes libérées par la France (donc sans dangers) en train de prendre du thé ou de massacrer des paisibles populations civiles arabo-touaregs :cry:

      Comme quoi, le ridicule ne tue pas le soldat malien :cry: