Badou Soumounou, Pdt de Redecoma : « Le droit des consommateurs est un principe sacro-saint »

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Dans le cadre de sa campagne d’information et de sensibilisation intensive à l’endroit des pouvoirs publics, des opérateurs économiques et des consommateurs sur le droit à l’information sur l’étiquetage des produits, lancé le samedi 29 Juin 2013 à la Maison de la Presse, le Président du Regroupement pour la Défense des Consommateurs du Mali nous a accordé une interview. Pour Badou Samounou, il faut que la culture de l’étiquetage des produits soit une réalité au Mali.

 

 

Samounou[1]Le Guido : Dites nous ce qui justifie la campagne sur l’étiquetage des produits et combien de temps cela va prendre.

 Badou Samounou : Lors de la célébration du 20ème anniversaire, plus précisément le 10 juillet 2012, du Regroupement pour la Défense des Consommateurs du Mali (REDECOMA), nous avions  choisi le thème sur l’étiquetage. C’est dire que la campagne  d’information et de sensibilisation intensive se situe dans la même dynamique, pour amener le consommateur à comprendre encore une fois un de ses droits à propos de la consommation. Le thème nous a semblé très pertinent, parce que l’étiquetage permet d’orienter le consommateur sur la décision à prendre quant il s’agit de payer un produit. En d’autres termes, c’est l’étiquetage qui doit indiquer la date de fabrication et de péremption sur chaque produit vendu.

 

 

Je voudrais aussi souligner que c’est un projet du REDECOMA qui a été retenu par l’A.F.F (Ane Fransen Fondation), une structure basée aux Pays Bas qui avait lancé un appel à proposition dans le domaine. J’ajoute qu’en plus du REDECOMA au Mali, une autre association similaire du Kenya a aussi bénéficié de l’appui de l’A.F.F. Pour obtenir le financement, il fallait obligatoirement bénéficier du parrainage de l’Organisation Internationale du Consommateur (O.I.C) dont le siège est situé à Londres. Comme le REDECOMA est membre de l’O.I.C, nous n’avons eu aucune difficulté pour faire accepter notre dossier. Connaissant le combat de notre association, l’O.I.C a parrainé notre projet qui va se dérouler sur une période d’un peu plus de six (6) mois. Bref, pour ma part, je ne doute pas un instant que le projet aura des résultats escomptés, si nous savons que nous rentrons de plain-pied dans le mois de carême, moment pendant lequel nos marchés sont inondés par des produits de toute nature. Je m’empresse de dire que, dans la plupart des cas, ce sont des produits qui foulent aux pieds les droits du consommateur, car il n’y a aucune indication sur leur date de fabrication, encore moins sur leur date de préemption.

 

 

Quelles seront les activités à mener pour obtenir un bon résultat ?

Je souligne d’abord qu’il s’agira encore une fois de donner l’information au consommateur, dont son droit est de plus en plus lésé d’une part et d’autre part attirer l’attention des pouvoirs publics à jouer leur partition, c’est-à-dire sévir si cela s’impose. En ce qui concerne les activités, il y aura des émissions de sensibilisation dans des radios de proximité, des formations de transformatrices de produits locaux, tout en les amenant à aller vers l’étiquetage des produits qu’elles vendent. Des formations seront également dispensées à des étudiants au niveau de certaines écoles et facultés, d’un certain nombre d’universités de Bamako. Ceux-ci serviront de clubs de soutien de l’initiative pour relayer les messages qui seront donnés au cours des formations. Il faut que la culture de l’étiquetage des produits soit une réalité au Mali.

 

 

 Est-ce que l’étiquetage concerne seulement les produits alimentaires, si nous savons que la consommation est un domaine transversal ?

Il s’agit de tous les produits, qu’ils soient alimentaires ou autres. Je veux parler de tous les produits qu’on achète. Les produits emballés, les pâtes dentifrices, les médicaments, etc. L’étiquetage ne doit ni être surchargé ni prêter à confusion.  Cela voudrait dire que l’écriture à propos de l’étiquetage doit être claire pour édifier le consommateur, lui permettre de faire un choix éclairé quand il veut acheter un produit. Si ce n’est pas le cas, il a le plein droit d’alerter qui de droit.

 

 

Que dire des allégations et publicités mensongères ?

Au terme de l’article 22 de l’ordonnance N°07-025/PRM du 18 juillet 2007, portant organisation de la concurrence au Mali, la publicité mensongère est interdite sous peine de sanction. C’est la raison pour laquelle je profite de vos colonnes pour inviter les maliens à rejoindre les rangs du REDECOMA, pour qu’ensemble nous défendions nos droits.

Propos recueillis par

Siaka Z. Traoré

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