L’humoriste ATT Junior : “La réconciliation nationale doit commencer dans les Sotrama”

4
l'humoriste ATT Junior : ''La réconciliation nationale doit commencer dans les Sotrama''
Djéli Moussa Kouyaté alias ATT Junior

Comment êtes-vous devenu  humouriste?

J’ai commencé par le théâtre à l’école primaire car c’était  dans notre programme. Nous avions un professeur du nom d’Ali Zorome qui nous encadrait. Et, c’est au lycée que j’ai forgé ce côté artistique et je faisais également le rap.

Mais en 2003, quand je suis allé représenter le Mali en Afrique du Sud c’était Feu Mamadou Lamine Traoré qui était ministre de l’Education. Ils ont sélectionné les élèves dans les différents lycées, parmi lesquels le Lycée Massa Makan Diabaté que je représentais. C’est à partir de là que j’ai décidé de faire le stand up “être seul sur la scène“.

 

Pourquoi ce choix du Stand Up ?

J’ai bien aimé ce style à mon retour de l’Afrique Sud. Parce que je me sens mieux à l’aise que dans le théâtre. Il y a des grands humoristes qui font le genre comme Jamel Debbouze, Bamba etc. car, ils le font tout naturellement avec des improvisations donc ça me va trop.

J’ai reçu des formations pendant trois ans au Kotéba club de Blomba de Alioune Ifra N’Diaye. C’était avec les grands humoristes comme Jamel Comedy Club, Adama Dahico. Non seulement, ils venaient faire des spectacles mais ils restaient également après ces spectacles pour nous former. On était 63 personnes au début, après un casting on m’a retenu avec deux autres.

 

Quelle sont les difficultés que vous avez rencontrées au début de ce métier ?

J’en ai eu plusieurs, au début quand j’approchais les gens, on me reprochait que je n’avais pas fait l’institut national des arts (INA), ils oubliaient qu’il existe des talents naturels, l’école de la vie c’est-à-dire les inspirations de la rue, le ghetto, la galère etc. Tous ces facteurs nous forment. Je ne me suis pas découragé et j’ai commencé à participer aux clips des rappeurs afin de me faire remarquer et avoir une visibilité. Et à l’époque c’est dans le clip de Yeli Fuzo dans “Baibai Kachi la” que j’ai débuté et après j’ai participé à plusieurs autres clip.

 

Pourquoi le choix du pseudonyme ATT junior ?

J’imitais l’ancien Président malien, Amadou Toumani Touré, genre moquerie et le public a commencé à m’appeler ATT Junior. Ce nom me va beaucoup et j’aimerais bien le gardez parce que j’ai fais beaucoup de spectacles et les gens me reconnaissent avec. Aujourd’hui, il y a d’autres qui me demandent pourquoi tu ne veux pas devenir IBK Junior, je leur réponds que ce n’est pas le nom qui compte mais plutôt l’humoriste qui intéresse le public.

 

Comment vous-voyez l’humour au Mali ?

L’humour au Mali est trop en retard, je ne veux vexer personne, mais il faut exporter ce savoir-faire et malheureusement peu d’humoristes peuvent faire le spectacle en français ici. On est toujours casé sur la langue bambara. Par contre, en regardant les spectacles humoristes sur TF1 et d’autres chaînes de télévision, je sens que nos humoristes ont beaucoup de talents et ils peuvent aller plus loin mais malheureusement ce n’est pas le cas avec la nouvelle génération.

En effet, ma force est que j’ai eu une maitrise en philosophie qui me permet de tenir correctement un spectacle en Français.

 

Racontez-nous un peu votre parcours?

J’ai étudié à l’université la philosophie qui est la mère des sciences, tout l’intéresse et elle s’intéresse à tout. Quand on est philosophe on ne fait que bavarder rationnellement. Donc la philosophie m’a beaucoup ouvert l’esprit et a beaucoup contribué dans dans mon exercice comédien intellectuelle. Je fais la blague intelligemment contrairement à beaucoup, des fois j’ai dû mal à me faire vendre au Mali et à l’extérieur je sens que les gens adorent ce que je fais car ils sont instruits. Mais ici tu es obligé de tout expliquer.

Ce métier m’a beaucoup fait voyager à travers le monde et j’ai eu la chance de tourner un court métrage ”Bled Story 2” où je tombe dans un baril à Bamako et je sors dans une poubelle à Montreuil et récemment on a fait une tournée dans cinq Etats des USA avec ”Yélébougou” produit par Fanaday Entertainment. Je crois que je ne vais pas rater les Chinois bientôt (Ndlr).

 

Pourquoi vous appelle-t-on Soroballe?

Dans l’art, il faut toujours de la créativité et apporter des innovations. ”Soroballe” c’est le nom des apprentis de Sotrama”. Dans un court métrage réalisé par Vortex Group, je suis dans le personnage de ”Soroballe” une manière qui consiste pour moi à prouver que je peux jouer un autre rôle différent d’ATT Junior. Soroballe a son monde à lui-même et je me cache derrière ce personnage pour dénoncer les maux de la société. Je pense que la réconciliation au Mali doit commencer dans les Sotrama parce qu’il regroupe plusieurs ethnies et toutes les couches différentes du matin au soir.

Et je fais du genre à la radio nationale chaque jour de 6h 45 à 7heures. Ou je fais des blagues sur les actualités du pays. Ce nom n’a rien de surprenant, un artiste n’a pas un nom fixe comme par exemple Habib Demblélé, d’autres l’appel Guimba, Seko Bouaré etc.

 

Quelle sont vos projets?

J’ai un projet de court métrage avec le Vortex-Group qui a réalisé mon film ”Soroballe” qui dure 18 minutes et si j’arrive à avoir des sponsors cela va me permettre de faire en 52 épisodes. Je suis sur un projet où je suis dans le personnage de ”Hama” un nom donné généralement aux vendeurs de café. Je prépare également un festival de l’humour international à Kita. Une manière de faire découvrir mon village à d’autres personnes. Les festivaliers auront l’occasion de visiter les sites touristiques de Kita et cela contribuera au développement de la commune de Kita.

Je suis en train d’écrire un petit bouquin de blagues qui permettra aux uns et aux autres de passer du bon temps en compagnie du livre quand ils s’ennuient etc.

 

Qui est votre  humoriste préféré ?

J’aime bien Gad Elmaleh, il est mon idole parce que je trouve qu’il écrit plus et dans ses spectacles, on sent qu’il est bien encadré et préparé.

 

Etes-vous marié ?

Je suis marié et père d’une fille que j’appelle Anne Roumanoff du nom d’une comédienne française.

 

Votre dernier mot ?

Je vous remercie et j’invite bien les gens à lire Bamako-Hebdo, car la lecture développe beaucoup l’intellect et  permet de se perfectionner. J’invite les hommes de médias à s’intéresser de plus au quotidien des artistes, humoristes et autres afin de savoir comment ils se portent.

Omar BARRY

PARTAGER

4 COMMENTAIRES

  1. 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆
    Avec une boîte crânienne qui semble compresser son cerveau … ce ne sont pas les idées tordues qui doivent lui manquer ….
    😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

    Moussa Ag,…. Bon courage mon frère ….

    Je te suivrai … maintenant que je te connais … et n’oublie pas de saluer notre GÉNÉRAL PARA ALPINISTE ….:lol: 😆 😆 😆 😆 😆 😆 😆

Comments are closed.