Abdoulaye Diop : « Nous sommes en train de faire des progrès»

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Abdoulaye Diop, ministre malien des affaires étrangères de l’intégration africaine et de la coopération internationale
Abdoulaye Diop, ministre malien des affaires étrangères de l’intégration africaine et de la coopération internationale

Le Républicain : Monsieur le ministre, qu’est-ce fait le quotidien des ministres maliens à Alger ?
Abdoulaye Diop : Le matin, on commence à écouter les nouvelles, on se concerte, on essaie de faire le point de la journée précédente et puis on se dirige vers les lieux de réunions. On essaie aussi de prendre les nouvelles du pays, et voir comment cela peut être pris en compte. Et puis on va dans les rencontres avec les membres de nos délégations, mais aussi avec les frères et sœurs des mouvements. Et on passe les journées dans les discussions et quand on rentre le soir, on continue aussi beaucoup dans l’informel. De tous les côtés,  on se rencontre, entre frères et sœurs, il n’y a pas de barrière à ce niveau. Et on a des nuits très très longues. Souvent jusqu’à trois et quatre heures du matin.

Vous passez les journées dans les discussions entre vous Maliens, avec les groupes, mais aussi avec la médiation?
Ça dépend de chaque jour. On peut avoir des réunions prévues comme celle des quatre groupes de discussions thématiques ou les représentants des populations et des communautés viennent présenter leurs points de vue et leurs visions des problèmes  et nous les écoutons. Dans les couloirs, nous continuons à discuter entre les membres de la délégation, ou avec les frères et sœurs des mouvements, soit pour des éclaircissements, soit pour mieux se comprendre. Donc il y a des discussions formelles comme il y a des discussions informelles. Il y a beaucoup de contacts pour essayer au maximum de voir comment on peut rapprocher les points de vue  et mieux nous comprendre. Et souvent, aussi, c’est l’équipe de médiation, dans des schémas formels, dans des salles comme dans des apartés, qui peut aussi essayer d’identifier des points difficiles et voir comment rapprocher au maximum les parties.

Quelles sont les avancées perceptibles par rapport au premier round ?
C’est  premièrement l’état d’esprit. L’état d’esprit que nous avons depuis le début de la semaine, c’est que tout le monde est là. Les mouvements sont tous là. Ensuite nous avons les représentants, cette fois-ci de la société civile, les représentants  des populations des  communautés du nord, des communautés  d’autres parties du Mali qui sont là. Et chacun se sent impliquer par rapport au processus. Et il y a aussi une liberté pour les uns et les autres de s’exprimer sur toutes les questions de préoccupations. Nous avons été rafraichis par des développements qui ont été fait par les représentants de ces communautés par rapport à ce qu’ils ont vécus. Les souffrances au quotidien, mais aussi nous avons senti  la volonté même, de ceux qui ont le plus souffert, de pouvoir tourner cette page et aller de l’avant et pouvoir dessiner ensemble. Souvent il y a des points où on n’est pas nécessairement d’accord. Mais tout se fait dans le cadre de la responsabilité. Donc, s’il y a une avancée, je crois que c’est d’abord, de noter qu’on est tous là. Tout le monde est engagé et nous sentons une volonté ou un état d’esprit très constructif de la part de tout le monde pour dire que nous sommes venus pour chercher la paix.

Mais est-ce qu’on est loin d’un accord ?
On est au tout début.  Il est important que les uns et les autres se convainquent de la complexité de la situation, mais aussi de la difficulté des sujets et des questions qui sont en discussions.
Après la première phase  était essentiellement consacrée au calendrier, la définition des différents éléments du processus ; puis essentiellement une semaine d’auditions, à l’écoute des communautés, nous allons vraiment engager ce qu’on peut appeler des négociations. Parce que nous allons vraiment discuter, mouvements et gouvernement,  des sujets. Donc, nous sommes au début, mais tout dépend, à mon avis, de l’état d’esprit. Et l’état d’esprit qui est là est assez encourageant. Nous sommes en train de faire des progrès. Je dis tout simplement que chacun doit jouer son rôle.

C’est-a-dire qu’on progresse vers la définition d’un statut pour les régions du nord ?
Ça c’est un sujet en discussion. L’organisation administrative des régions du Mali, y compris les régions du nord, est un des sujets en discussion et un des sujets les plus importants.

Mais le blocage semble être au niveau surtout du statut à donner  aux régions du nord ?
Il n’y a pas de blocage. Les représentants des populations ont présenté des positions.

Il y a des résistances ?
Je crois que chacun s’exprime. Ceux qui sont venu de Bamako ont exprimé des points de vue, demandant le maintien de l’unité nationale, le respect de la souveraineté du pays mais aussi le renforcement de la décentralisation ou de la révision de l’organisation administrative pour prendre en charge un certain nombre de concepts. Certains, chez les mouvements, ont des positions qui sont modérées, d’autres ont des positions qui paraissent maximalistes, même en dehors des engagements déjà pris dans le cadre de la feuille de route. Mais quand on arrive à la phase de négociation, il est évident que les sujets discutés par le gouvernement doit nécessairement s’inscrire dans le cadre de la constitution et des engagements pris  dans la feuille de route, qui respecte pleinement l’intégrité territoriale du Mali, son indépendance mais aussi la forme laïque et républicaine de l’Etat.

Est-ce que vous avez l’impression que le médiateur défend ces points de vue qui se dégagent des positions prises par les organisations internationales, comme l’ONU, l’Union Africaine, la CEDEAO etc. ?
Nous n’avons aucun doute par rapport à ça. La feuille de route a été signée par les parties, mais elle a été aussi contresignée par toute l’équipe de médiation. Des engagements clairs ont été pris et les principes fondamentaux de la négociation ont été convenus à ce niveau. Nous n’avons aucun doute que les médiateurs continueront à jouer leur rôle de veille par rapport  à ces engagements pris et qu’ils travailleront pour  d’avantage rapprocher les parties afin de trouver des accords sur les points en discussions.

Propos recueillis par B. Daou

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2 COMMENTAIRES

  1. vous faites du progrès, Monsieur le Ministre, on le reconnait. la réalité est que les grands criminels azawadiens sont soutenus par les occidents, la France et les Pays-Bas en première ligne. qu’ALLAH vous accompagne!!!!

  2. CES PAUVRES GROUPES FENEANTS mnla et autres VEULENT RETARDER UNUTILEMENT LES DISCUSSIONS TOUT SIMPLEMENT POUR RESPIRER ET PROFITER DE L’AISANCE DES HOTELS PUISQUE ICI ILS SONT LOIN DES 50°C A L’OMBRE de chez eux à Kidal.

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