Alerte permanente en Commune V: Une nouvelle bombe désamorcée par les autorités municipales

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Le déficit criard de communication savamment entretenu par le Maire Boubacar Bah Bill ouvre dans « sa » commune la voie à toutes sortes de rumeurs, même les plus immondes.

La journée d’enfer et d’épouvante promis le vendredi 24 juin dernier par certains jeunes intégristes de la commune  n’a finalement pas eu lieu. En cette période morte sur le plan politique (les élections législatives sont bien prévues courant 2012), il est quasiment impossible à  des acteurs pyromanes  de mobiliser des jeunes autour de quelque objectif que ce soit. Les plus malins ou plus exactement les plus « cyniques » ont cependant  trouvé un bon stratagème. Il ne s’agit ni plus, ni moins que d’infiltrer les réseaux « intégristes » de la commune, en vue de les instrumentaliser pour des batailles, dont les principaux enjeux ne sont d’ailleurs que politique et rien que politique. C’est aujourd’hui le cas de Daoudabougou, un des quartiers les plus peuplés de la commune et théâtre de batailles politiques orchestrées par certains élus municipaux. Avec toujours en ligne de mire Ibrahima Dioné une figure politique emblématique de ce quartier et 1er adjoint au maire de la commune.

Pour ramener la paix et la tranquillité dans la commune, il a accepté au cours d’une session extraordinaire tenue la semaine dernière à la mairie de la commune V de céder son fauteuil de président de la commission mise en place pour gérer la crise (voir notre article assez documenté sur le sujet et intitulé « Assaut final, Riposte fatale). Si les Imams sont revenus semble-t-il à de meilleurs sentiments vendredi dernier en plaidant à leur tour le dialogue et la sagesse, il faut cependant reconnaître que le puissant déploiement des forces de sécurité n’était pas de nature à encourager cette « chienlit programmée » par des jeunes « islamistes » manipulés  dans l’ombre par des aventuriers politiques (dont nous taisons les noms pour le moment). Si l’objet de leurs revendications fait plutôt sourire (la démission du maire et de son adjoint), elle est cependant révélatrice d’une nouvelle atmosphère de défiance que certains administrés manifestent envers cette équipe municipale  formée par une alliance Adema-RPM-MPR.

Les mauvais perdants profitant d’un « déficit criard de communication » au sein de cette mairie, n’arrêtent plus de mobiliser leurs troupes, de multiplier les initiatives les moins nobles pour abattre Bill et ses Hommes. Ils ont d’autant plus raison que Bill se comporte toujours comme un autocrate, ses collaborateurs étant tous cantonnés dans un rôle combien ingrat de simples « Faire-valoir » et condamnés à avaler des couleuvres jusqu’à la fin de leur mandat.  Les ingrédients du scénario de 97 qui ont vu le départ en catastrophe de Bill ne sont pas loin, mais par « instinct de survie politique », il est évident que de nombreux conseillers n’utiliseront jamais une telle arme.

« Les relations entre Bill et ses collaborateurs sont si  « exécrables » (le mot n’est pas assez fort semble-t-il), que personne aujourd’hui ne se fait plus guère d’illusion sur l’état pathétique d’une telle alliance. Et comme monsieur le maire a de toute évidence « son avenir derrière lui », les choses ne seront jamais simples pour son équipe  tout au long de ce mandat », se réjouit un de ses farouches adversaires politiques, sous couvert d’anonymat.  La preuve ? Une association pour la défense des intérêts de Daoudabougou (ADID) avait invité ses membres et sympathisants à une assemblée générale d’information  le samedi 2 juillet à 10 heures sur le terrain de foot du quartier (il est à préciser que ce terrain en question fait face directement au domicile d’Ibrahima Dioné).

De source proche de la mairie de la Commune V,  les élus n’ont pas pris cet avis à la légère. « Nous savons qui et qui sont derrière cette affaire. Comment  une simple association de quartier peut-elle  tenir une réunion publique sur un tel espace ? Nous allons tout faire pour empêcher sa tenue. Le principal meneur (nous allons taire son nom pour le moment ainsi que ceux deux autres élus de l’URD et du MPR) est un conseiller Adema pourtant élu dans une circonscription électorale  proche de Bougouni. Il est surtout connu dans tout le quartier à cause de son caractère violent et belliqueux. » Ces trois activistes sont aujourd’hui prêts à mettre Daoudabougou et partant toute la commune à feu et à sang.

Couper l’herbe sous les pieds des « pyromanes » en herbe
 En effet le jeudi dernier, une importante  réunion s’est tenue dans les locaux de la mairie, sous la présidence de Ibrahim Dioné premier adjoint au Maire. Elle regroupait le chef de quartier de Daoudabougou et ses quinze (15) conseillers, les commissariats du 4e, 11e, 15e, plus la brigade territoriale, le coordinateur des chefs de quartier de la commune, les trois représentants de l’association ADID dont le président, les élus municipaux domiciliés à Daoudabougou (5 présents sur 8 au total), les représentants de l’IMAMA et celui du Haut conseil Islamique. Des « intrus » qui s’étaient infiltrés dans la salle ont été tout simplement priés de vider les lieux. Des échanges ont été longs et fructueux et ils ont permis à Ibrahima Dioné d’assener quelques vérités sur la gestion municipale et le rôle de leurs mandats : « Personne dans la commune ne peut se substituer aux autorités municipales. Nous leur avons dit qu’à cause du contexte aucun rassemblement publique n’est possible pour le moment et puis comment une simple  association peut-elle outrepasser ainsi ses droits et ses prérogatives et vouloir parler au nom de tout un quartier. Pour faire une marche, une manifestation de n’importe quelle nature, il faut au préalable une demande d’autorisation dument délivrée par les autorités, ce qui ne fut pas le cas. » Ces nombreuses explications données par Ibrahima Dioné, « en bon pédagogue », ont permis aux représentants de l’association de reconnaître qu’ils se sont trompés. Ils ont promis d’informer leurs militants sur le contenu de la réunion et la conduite à tenir en pareille situation. Une autre rencontre était prévue le lendemain à 15 heures, pour pouvoir tirer les conclusions finales.    
Par Boy Siby

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