Emission spéciale présidentielle d’Africable télévision au Mali : Dr. Hamed Sow, « Ma vision socio-économique du Mali »

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Par le canal d’une bonne collaboration médiatique entre Africable TV et votre journal Option, nous vous ferons lire des opinions des personnalités pendant la période des campagnes électorales. Lisez la 1ere version papier de cette interview télévisuelle sur les grandes questions politique, administrative, minières… du Mali profondément analysées par le docteur Hamed Sow.  

Une entrevue réalisée par Sékou Tangara d’Africable télévision au Mali

Hamed Sow

Dans le cadre de la prochaine élection présidentielle 2012 au Mali, nous recevons docteur Hamed Sow. Il est le parrain de l’Association des Amis et sympathisants de Hamed Sow, ASAS, il est également le président d’honneur du PDES, le Parti pour le Développement Economique etla Solidarité. Aveclui nous allons aborder ses différentes thématiques, ses différentes initiatives et également sa vision en terme de développement pour son pays le Mali.

–  Docteur bonsoir

–  Bonsoir

–   Merci d’avoir accepté notre invitation. L’actualité au Mali, ces derniers temps, est dominée par ce qu’il convient d’appeler la crise au nord. Elle vous inspire quoi, la situation dans le nord Mali d’aujourd’hui ?

–  Naturellement comme tous les maliens, j’ai beaucoup souffert de cette crise que je continue à suivre de très près aux côtés du président dela République.  C’est une crise qui ne s’imposait pas parce que nous sommes un pays démocratique. Nous avons un président et des autorités qui sont ouverts au dialogue.  Donc, il y avait des moyens d’expression différents de la prise des armes. Dès lors qu’on nous impose une guerre, nous sommes obligés de nous défendre. Je vous assure que nos hommes se battent sur le terrain avec courage et abnégation. Je dirai aussi, avec des moyens modernes. Parce que, il ne faut pas se tromper, l’Armée malienne a beaucoup évolué.  De 2003 à maintenant, il y a eu 14.000 recrues qui, bien entrainées, sont venues augmenter le nombre de nos troupes. En matière d’équipement nous avons une dizaine d’aéronefs plus un millier d’engins de terrain. Ceux-ci font de notre Armée, une Armée équipée capable de défendre notre territoire national

– Justement docteur, avec tout cet arsenal faut-il continuer à négocier, à dialoguer si l’interlocuteur en face ne connait que le langage de la terreur ?

– Non ce n’est pas exact que l’interlocuteur ne connasse que ça. Il faut faire la distinction. En réalité dans cette crise, il y a des maliens qui vivaient en Libye depuis longtemps, depuis le temps des fameuses armées africaines que feu le président  Kadhafi avait lancées. Lorsque la récente guerre s’est terminée en Libye certains d’entre eux sont venus majoritairement au Mali. Alors, qu’est-ce qu’il aurait fallu faire ? Faudrait-il les empêcher de rentrer et déclencher la guerre tout de suite contre, a peu près 5 milles assaillants ou ouvrir le dialogue pour savoir leur intention ?  Ils sont venus avec des armes en 4 factions dont 3 ont accepté de déposer les armes et de s’intégrer dans l’Armée malienne ou dansla Sociétécivile. Seule une faction a voulu utiliser les armes en s’appuyant sur d’autres forces négatives comme Aqmi et des trafiquants de drogue.

Quelle sera donc la suite qu’on peut envisager pour les opérations, entre le dialogue et la fermeté quelle sera la posture de l’Etat ?

– Les deux, je veux dire, chaque fois que nos positions seront attaquées nous riposterons avec la plus grande vigueur. Je peux vous dire que les 48 dernières heures, les actions de l’Armée malienne ont été très déterminantes avant  qu’on ne commence le dialogue en Algérie. Effectivement c’est une question de rapport de forces.

Une dernière question par rapport à ce point, beaucoup de maliens pensent que dialoguer équivaudrait à reporter la guerre, votre réaction avant de clore ce chapitre du nord Mali ?

– Non, rien ne vaut la paix. C’est le capital le plus précieux. Pour avoir une paix durable, il faut d’abord dialoguer. Quelle que soit l’ampleur de la guerre, à un moment, on est obligé de s’asseoir pour discuter. Donc, il faut continuer le dialogue. Cela ne nous empêche pas d’être très présents sur le terrain. Si nous voulons avoir une paix durable dans la partie septentrionale de notre pays, comme le président ATT l’a dit, il est capital que nous agissions sur deux aspects: L’aspect sécuritaire, certes, une armée forte, une armée de métier mais également des forces de police et des gendarmes sur le terrain. Mais aussi sur l’aspect du développement et surtout le sens social du programme spécial du développement du nord Mali. C’est un programme extrêmement important qui, au final, sera plus de 40 milliards. C’est ça qu’il ne faut pas oublier. Tous les atouts au nord Mali avec le barrage de Taoussa qui commencera la production dans l’horizon 2015-2016. D’abord, il y aura une centrale hydroélectrique de 25 mégawatts. Il y aura plus de 300.000 terres aménageables pour la culture du blé du riz et d’autres céréales. Egalement avec des ressources minières dans le nord, je pense, par exemple, aux possibilités de trouver de l’uranium dans la région de Kidal. Mais également les phosphates de Télemsi, sans oublier les manganèses du côté de Hombori et surtout le pétrole dans la région de Taoudéni.

     – Mais, est-ce que ce ne sont pas ces éventuelles richesses du nord qui aiguisent  l’appétit, les velléités sécessionnistes ?

– Que ça aiguise les appétits oui, mais c’est sur notre terre, le Mali. Ce Mali est Un et indivisible et personne d’autre ne les aura.

– On va à présent nous focaliser sur le thème central de cette émission. Il y a quelques jours le choix de certains jeunes maliens s’est porté sur votre personne pour présider aux destinées de l’Association des Amis et Sympathisants de Hamed Sow ( ASAS), il s’est opéré comment ce choix ? Est-ce que c’est vous qui êtes allez à eux ou bien ce sont ces jeunes là qui, de leur propre initiative, ont décidé de créer cette association ?

– Pour vous dire en réalité, nous avons mené un travail de terrain au sein du PDES dont je suis le premier président d’honneur pour que ce parti soit mieux représenté sur le terrain à travers les jeunes. Alors, je dirai, avec des questionnements aujourd’hui au sein du PDES, nous en reparlerons, ces jeunes ont décidé de s’unir pour mettre en œuvre une association des amis de Hamed Sow. Ce n’est pas une association de soutien d’abord. Je leur ai dit : Vous voulez que je me porte candidat à l’élection présidentielle, cela va dépendre d’abord du travail de terrain que vous allez faire. Un travail de proximité. La politique-spectacle n’est pas notre fort. Nous avons pris des jeunes qui connaissent bien leur localité. Nous leur avons dit d’aller vers les familles, les autorités religieuses,la Sociétécivile à travers des associations car nous avons à peu 1700 associations au Mali. Donc faites en sorte que nous soyons connus par la base même de l’électorat et à partir de là nous évaluerons. Si nous pensons que nous avons des chances d’être dans le tiercé gagnant, on ira. Mais ce qui est exclu, c’est de nous lancer dans une élection pour récolter 2 ou 3 pour cent. Ce serait le seuil d’un suicide politique pour tout leader. Ce n’est pas du tout notre approche. Nous ne nous enfermons dans une candidature absolue. Nous nous préparons. En fonction de la réponse du terrain on le fera. Je vois l’enthousiasme de ces jeunes là. J’ai dit à mes nombreux amis qu’ils n’ont pas besoin de venir à des meetings ni de se rassembler pour des banquets et cocktails. Ce qui peut porter c’est le travail que vous ferez auprès de vos amis et familles.

Récemment Docteur une autre association l’AJCR s’est retrouvée autour de votre personne. Comment toutes ces situations sont perçues au sein du PDES dont vous êtes le président d’honneur. Le PDES voit-il cela d’un bon œil ?

–  L’AJCR est une association qui dépasse une personne. Cette association ne me soutenait pas. Ce sont des jeunes qui ont décidé de lancer une action citoyenne. Elle signifie Association Jeunesse Citoyenne et Responsable qui consiste à mobiliser les jeunes pour qu’ils aillent s’inscrire sur les listes électorales pour voter. Ils sont venus me voir, parce que je me suis toujours intéressé aux problèmes de la jeunesse, pour me demander de bien vouloir les parrainer. Justement, pour ne pas donner l’occasion à certains de penser que je crée une association pour me préparer à je ne sais quoi, j’ai préféré que cette association organise la conférence tenue au CICB avec le PDES.

Justement, progressivement on se dit vous pourrez devenir candidat à la présidentielle, comment le PDES perçoit-il votre éventuelle candidature ?

– Nous sommes en réalité dans l’impasse. Une impasse parce que notre convention, qui est l’instance suprême du parti, a décidé à travers une résolution que le PDES devra avoir un candidat interne et a demandé au CDN, notre Comité Directeur National, de convoquer une conférence nationale qui devrait valider cette candidature. En réalité le CDN ne peut remettre en cause une résolution de la convention. Alors un groupe de réflexion a été mis en place qui est devenu en un moment donné un groupe d’investiture et ensuite redevenu groupe de réflexion. Ce groupe, compte tenu de nos divisions, a proposé au CDN que nous n’ayons pas de candidat. Ce qui a été malheureux, j’en prends ma part de responsabilité, est que nous avons publié un communiqué pour dire que ce groupe de réflexion proposait au CDN que nous n’ayons pas de candidat. Alors que le CDN ne s’est même pas réuni sur la question. Cela a crée un désarroi, une incompréhension  et un découragement au niveau de beaucoup de nos militants. C’est en réponse à cette situation que mes jeunes militants dont plus de 90% viennent du PDES ont réagi en disant que si le parti ne veut pas y aller ils sont prêts à me pousser pour que vous soyez candidat.

     – Donc vous répondrez favorablement à l’appel de la jeunesse pour aller à la conquête du suffrage des maliens, si on vous comprend bien Docteur ?

– Si effectivement ces jeunes travaillent bien sur le terrain. Si on arrive à faire en sorte que cette candidature soit bien perçue par les populations, nous irons. Cela va dépendre de l’analyse que nous ferons de la situation.

Qu’est-ce qu’on peut sous entendre quand vous dites que vous ne voulez pas faire de candidature de témoignage ?

– Parce que une candidature de témoignage peut consister à se positionner  en 2012 pour se préparer à être connu pour 2017. Moi je veux une candidature gagnante, je veux être dans le tiercé gagnant pour y aller

Quand vous serez candidat, votre projet de société pour le Mali pourrait ressembler à quoi ?

–  Il ressemblera beaucoup au PDES, le Programme de Développement Economique et Social du président Amadou Toumani Touré. A partir du moment où le président dela Républiqueen a fait son projet de société, c’est lui l’auteur. La réalité c’est lui parce que ce sont ses idées et ses analyses qui sont dans le PDES. Ce programme est complet. C’est un programme qui analyse parfaitement la société malienne et qui propose des solutions qui consistent  à faire en sorte que la puissante publique soit au service du citoyen et du pays. Peut –être qu’il y a des aménagements et des idées nouvelles qu’il faudrait associer à ce programme. A partir du moment où on n’a pas une puissance publique efficiente et pas un Etat avec une autorité forte, il est difficile de s’attaquer aux autres secteurs. Donc, tout commence par ce renouveau de la l’action publique. Le deuxième point, est que nous devons produire d’abord avant de distribuer d’où la nécessité pour nous d’avoir une agriculture efficiente. Il faut produire à travers des entreprises pour développer le secteur privé. Il y a un certains nombre de préalables. Il faut des infrastructures si nous voulons que le secteur privé se développe.

Mais est-ce qu’on produire et désindustrialiser en même temps puisse que l’Etat est entrain de se désengager d’un certains nombre d’unités industrielles. Est-ce qu’il n’y a pas un peu de paradoxe à ce niveau ?

– Non, il n’y a pas de paradoxe. Que les industries soit privées ou publiques, ce qui compte est que ces industries tournent bien en créant des emplois et des richesses. Nous sommes sur la bonne voie au niveau des infrastructures. Maintenant pour permettre à ces entreprises de se développer, il faut  un système financier efficace, des fonds d’investissement et des banques d’affaire. Donc autant de points et de délais de réalisation complémentaire que nous devons mettre dans notre projet de société. Une fois que nous avons changé notre système de production traditionnelle et que nous arrivons à atteindre et dépasser les 10 millions de céréales que nous nous étions fixés, c’est en ce moment là qu’on doit distribuer les ressources. Cette distribution doit commencer par la préparation de l’avenir : L’éducation, la formation professionnelle, les problèmes de  santé et quelques réformes de sociétés.

     – L’éducation, Docteur, quelles sont vos propositions dans ce domaine?

– Nous avons fait les états généraux de l’éducation. Le diagnostic est parfait. Est les solutions qui sont envisagées sont pertinentes. Tout le problème est : pourquoi on n’arrive pas à les appliquer ?

     – Pourquoi on n’arrive pas à les appliquer,  donc ?

– Il faut chercher des hommes capables. Le développement est une question de capacité humaine. Je vous donne un exemple : Quand j’étais étudiant, je lisait dans les papiers du Programme des nations unies pour le développement  qu’un grand pays africain ( le Zaire en son temps) avait toutes les chances de se développer dans les 50 prochaines années. A cause de ses ressources minières, de ses terres fertiles et de sa population moins élevée. Par contrela Coréedu sud n’avait pas cette chance de se développer par insuffisance de matières premières avec une grande population.La Coréedu sud, c’est plutôt elle qui est devenue aujourd’hui une puissance économique. Pourquoi ? Parce que, tout simplement : Les hommes. Sila Chinea pu faire un parcours extraordinaires, pour le prendre en exemple, ce sont les hommes. Donc la dimension humaine du développement est un facteur clé. Il faut chercher les compétences et leur donner les moyens de travailler. L’éducation, il faut l’adapter. Parce que nous avons aujourd’hui un système éducatif qui n’est pas adapté aux besoins de l’économie et de la société maliennes. J’ai beaucoup de respect pour nos universités. Mais, vous prenez aujourd’hui la faculté des sciences juridiques ou politique, elle met sur le marché du travail presque 5 milles jeunes. Quant on constate le niveau de recrutement de la fonction publique on se rend compte que ce sont 4500 ou 4600 jeunes chômeurs qu’on met annuellement sur le marché du travail. Il y a un problème. Paradoxalement, lorsqu’on cherche des spécialistes dans les secteurs techniques comme les électriciens, des plombiers…, on ne trouve pas. C’est peut-être un raccourci. Dans notre programme de développement de l’agriculture nous avons un volet appelé : Réconcilier les jeunes avec la terre. Il faut décomplexer le travail agricole. Il faut expliquer aux jeunes que ce n’est pas le travail de col blanc qui est la référence. Il ne faut pas s’asseoir et attendre un hypothétique emploi de la fonction publique ou d’une entreprise. Alors que nous avons des terres arables. Au Mili nous n’utilisons aujourd’hui que 16% de nos terres arables propices à l’agriculture et à l’élevage. D’un côté, nous avons de l’eau et des terres, de l’autre nous n’avons pas suffisamment de ressources alimentaires et enfin nous avons des centaines de milliers de bras qui ne travaillent pas. Là, il y a quelque chose qui ne marche pas. Il faudrait intéresser les jeunes à l’agriculture en leur expliquant qu’avec 2 ou3 hectaresde pomme de terre, il est capable d’avoir des ressources nettes de 250 à 300 000 francs cfa par mois. Il faut arriver à changer nos habitudes alimentaires. Vous savez, il y a 3 ou 4 siècles, les européens ne mangeaient pas de pomme de terre. Nous, on a du manioc, de l’igname…qu’il faudrait remettre dans nos habitudes alimentaires. Tout ça peut constituer  des possibilités d’emplois agricoles pour la jeunesse.

     – Est-ce qu’il ne faudrait pas  inciter les jeunes à aller vers le public  parce qu’il a une culture de la garantie de la fonction publique derrière laquelle beaucoup préfèrent rester que de s’aventurer dans le privé, est-ce que le problème ne réside pas à ce niveau là ?

– Il faut reconvertir les mentalités. Il faudrait dire à cette jeunesse qui a été mal formée au cours de ces 10 et 15 dernières années que des efforts d’adaptation son nécessaires. Il faut qu’ils décomplexent leur s diplôme Ce qui est important c’est de gagner honnêtement sa vie. Un juriste qui passe 3 ou 4 ans sans trouver du travail, pourrait aller apprendre pendant 1 ou 2 ans dans les secteurs de l’informatique ou de la communication où on recrute plus souvent.

Et dans le domaine de la santé, vos propositions ?

– Je pense que beaucoup d’efforts ont été réalisés dans le domaine de la santé au Mali. Quant on regarde aujourd’hui la couverture sanitaire dans un rayons de30 km, nous sommes à plus de 70%. Quant à la disponibilité de l’eau saine, nous avons plus de 85%. Au-delà de cela,  nous devons juguler certaines maladies, notamment le paludisme. Cette maladie fait des ravages. Il y a une politique de distribution des moustiquaires qui a été lancée et que nous devons amplifier.  Il aussi une politique d’assainissement dans laquelle un effort colossal doit être fait. Regarder les fossés à Bamako qui sont des gisements d’anophèles.  Le paludisme, la tuberculose, le sida et les soins pour la mère et l’enfant, dans ces domaines le Mali est à la pointe des efforts extraordinaires. Mais, il nous faut produire suffisamment de richesses pour les amplifier

     – Dans le domaine des relations internationales beaucoup pensent que la voix du Mali s’est éteinte sur l’échiquier régional et même international ?

– Si vous permettez avant qu’on aille à l’international, je voudrais dire deux mots sur la politique minière parce que pour moi, c’est essentiel. Au Mali, nous avons des ressources. Nous sommes dans monde de plus en plus interdépendant. Dans ce monde, il faut produire des richesses. Celui qui ne produit rien n’est pas dans le train de la mondialisation. Au Mali, la question essentielle qui se pose est : pourquoi on n’arrive pas à exploiter nos ressources minières. Nous avons presque 1, 500 000 000 de tonnes de fer et 1,200 000 000 de tonnes de bauxites, je passe sur l’or. Pour l’or, je ne crois pas qu’on va avoir d’autres grands gisements (si dieu le veut pourquoi pas) comme Sadiola et Lolou. Il y a maintenant  toute une politique en direction des petites mines de 15 à 20 tonnes qu’il faudrait développer

     – Est-ce c’est la solution, puis que le Mali n’arrive pas à créer une valeur ajoutée sur son or, le Mali ne transforme pas son or ?

– La transformation de l’or n’assure pas une très grande valeur ajouter en réalité. Vous voulez parler du raffinage. Je ne crois pas que cela soit un facteur déterminant. Le plus important est qu’on produise plus. Aujourd’hui les cours de l’or sont suffisamment rémunérateurs. Par contre dans la diversification du secteur minier, on peut faire des miracles. Nous avons aujourd’hui des entreprises qui veulent investir 3 milliards de dollars pour exploiter le fer, pour faire un port minéralier en Guinée, pour créer 7 milles emplois par l’installation d’une centrale de 80 milliards de dollars à fin d’exploiter du fer au Mali. Il y a un potentiel extraordinaire. Je voudrai revenir en arrière sur un point, parce que ça me tient beaucoup à cœur. Nous allons parler du renouveau de l’action publique avant de dire deux mots sur la diplomatie. La dimension humaine du développement veut dire qu’il faut chercher des hommes de qualité. Mais également, il faut les mettre dans des conditions pour travailler. La politique des revenus on n’en a jamais fait au Mali. Or, aujourd’hui, prenons le cas d’un ministre au Mali.

Moi, quand j’étais ministre des mines dans le gouvernement, je gagnais 2 millions de francs cfa étant un des ministres les mieux payer. Après le ministre de l’économie et des finances, c’était moi parce que j’avais des indemnités. Si non normalement mon salaire est un million comme la plupart des ministres. Mais, tout le monde sait qu’un ministre ne peut pas vivre avec ça. La facture d’électricité déjà vaut la moitié du salaire. Ce qui veut dire, ça je l’avait dit…

– Est-ce que vous proposez ça souvent au président ?

– J’en viens, en tout cas…( silence et sourire)

– Parce que vous êtes le conseiller spécial du président dela République, Docteur

–  Oui, je discute avec lui, il a une réponse assez plaisante, il me dit, « Hamed, moi je ne peux pas tout faire ». Je lui réponds oui vous avez beaucoup fait, il ajoute «Donc, je vous laisse le reste ».

Cette politique de revenu, je parle du principe qu’il faudrait qu’un ministre ait un minimum de 3 à 5 millions de franc cfa. Qu’on décline ça au niveau des membres du cabinet et des directions. Et qu’on revalorise les salaires à la fonction publique. J’avais fait un calcul autour de 200 milliards de plus pour cela. Ce n’est pas la fin du monde, on est à 1700 milliards aujourd’hui. Mais, à partir de là on va faire des falsifiés fiscaux aux entreprises pour augmenter les salaires.  Vous pouvez ainsi lutter efficacement contre la corruption. Parce que en ce moment là vous coupez d’abord le pont entre les DAF ( Direction Administrative et Financière) et les ministères. Moi, je remettrai en cause tous les postes de Daf  et je dirai à tous les maliens qui sont capables de se présenter de le faire. On amènera un cabinet international qui recrutera les meilleurs éléments qui seront payés à deux millions pour les mettre à l’abris de la tentation de détourner. Je coupe le lien organique entre les daf et les ministères. Les daf seront à l’inspection générale des finances. A partir du moment où le ministre est bien payé, il aura zéro tolérance. C’est-à-dire qu’un ministre qui sera pris la main dans le sac, il sera en prison. Si vous mettez un, deux, trois ou quatre ministres en prison les gens se poseront la question s’ils doivent se contenter de ce qu’ils gagnent ou prendre le risque d’être emprisonnés. D’aucuns me diront que les bailleurs de fonds n’accepteront pas ces augmentations. Ce n’est pas vrai, moi j’ai discuté avec des bailleurs de fonds. Ces bailleurs ne sont pas des gens fermés, bien au contraire. Lorsqu’on leur propose une solution, ils veulent des résultats. Si effectivement ont fait une politique de ce genre, il faut que ça soit accompagné par des recettes. Il faudrait que cette politique ait un impact sur  le manque à gagner dû à la corruption.

– La diplomatie, est-ce que c’est vrai que la voix du Mali s’est éteinte ?

– Moi, je ne suis pas un spécialiste de la diplomatie. Mais par contre en tant que malien, quand je vais à l’extérieur et que je dis que je suis malien, je peux vous dire que je suis fier. Parce que les gens me disent « Au Mali ça marche bien, vous avez un président qui est démocrate… » Cet élan d’admirations qui vient  vers nous maliens, pour moi, ça c’est le plus important. Dans le concert des nations, moi, je ne pense pas que la voix du Mali soit éteinte.

– Est-ce que vous êtes un homme de réseau, la fameuse France-Afrique ou bien prônez-vous la rupture ?

– Non, moi je ne suis ni pour la rupture ni pour les réseaux. Je veux des relations saines de coopération basées sur la recherche de l’efficacité.

     – Est-ce qu’on peut aujourd’hui affirmer que Docteur Hamed Sow est candidat à l’élection présidentielle du 29 avril prochain ?

– Disons que Hamed Sow est dans une dynamique qui pourrait le conduire à être candidat à l’élection présidentielle. Deux conditions doivent être réunies : La mobilisation sur le terrain avec cette structure(l’ASAS), mais également, j’espère  avec le PDES, parce que comme je l’ai dit, le débat n’ai pas fini au sein du PDES qui pourrait revenir à d’autres considérations. Deuxièmement, il faut aussi des moyens financiers, pas exagérément important. Moi quand on me dit qu’il faut 6 milliards de francs cfa pour faire des campagnes électorales au Mali, je me dis est-ce qu’on tombe sur la tête ? Dans pays pauvre où l’Armée est en train de se battre, un pays où la pluviométrie a été faible, n’eut été l’action anticipatrice du président dela Républiqueon n’allait connaitre des poches de famines, on apprend que des gens sont prêts à mettre 6 milliards, cette exhibition devrait choquer plutôt les maliens. Moi, je dirai aux électeurs si vous voyez 30 ou 40 lands cruzers qui viennent, demandez-vous d’où vient cet argent. Nous, on va chercher de l’argent, on n’en aura pas beaucoup mais on  l’utilisera intelligemment en faisant la politique de nos moyens.

     – Vous êtes dans une dynamique, vous êtes conseiller spécial du président de la République Amadou Toumani Touré, président sortant, est-ce que vous  l’avez mis au parfum de cette dynamique là

– Oui, je suis à l’aise. Tout ce que moi, j’entreprends , tout, je le discute au préalable avec le président dela République. Ilme donne ses conseils ou son avis. Il sait que je tiens compte de ses avis. Je voulais donner cette petite précision dans les discussions : Contrairement à ce que certains on laisser croire, le président ATT n’a jamais dit que le PDES ne doit pas avoir de candidat. Cette vérité, je tiens à la rétablir. Le président peut faire une analyse. Le président ATT qui a toujours rassemblé les hommes, nous nous disons que ATT est notre référence et nous ne sommes pas capables de nous mettre d’accord pour désigner un candidat, alors il ya de quoi désespérer ATT.

Je ne voudrais pas terminer sur cette note négative s’il vous plait. Je voudrais cas même dire à tous nos militants, à tous nos jeunes que l’espoir est permis. Et que cette élection est particulièrement ouverte. Si vous interrogez l’histoire électorale  récente du Mali, en 1992, trois mois avant les élections, on savait grossomodo que le professeur Alpha Oumar Konaré allait être élu. En 2002, dès que le président Amadou Touré s’est déclaré, on savait que ATT serait élu. Maintenant, aujourd’hui, vous, est-ce que vous pouvez dire qui serait élu ? Personne ne se détache. Donc, je veux dire que ça laisse la chance à des outsiders comme moi pour pouvoir peut-être arriver en tête ou être parmi les trois premiers.

Entrevue télévisuelle transcrite par Option

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Mahamadoutoure<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 2</span>
4 années 4 mois plus tôt

qui est le president de la transition est ce dioncouda ou capitaine sonogo.Que la paix retourne au Mali.

Mahamadoutoure<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 2</span>
4 années 4 mois plus tôt

monsieur le ministre reste dhort de l affaire maliens.ok

soundiata<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 32</span>
Membre
4 années 6 mois plus tôt

Bonjour
Il faut construire chez toi d’abord monsieur le ministre.

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