Fichier électoral : Les partis politiques désavouent leurs experts

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Les partis politiques ne sont pas satisfaits du résultat des travaux du Comité d’experts mis en place pour réfléchir sur les possibilités de fichier électoral sur la base du RAVEC ou du RACE. Ils ne semblent pas du tout être convaincus par les explications fournies concernant l’abandon de l’option de fichier électoral issu du RAVEC. C’est du moins l’analyse qu’on peut faire des différentes interventions, au cours de la réunion du Cadre de concertation avec les partis politiques, le mardi 5 juillet dernier au Gouvernorat du District.

 

Au cours de la réunion du Cadre de concertation du 14 juin dernier, à l’initiative du ministre de l’Administration Territoriale  et des Collectivités Locales, Kafougouna Koné, il avait été décidé de mettre en place un Comité d’experts, composé de représentants des partis politiques (15), de la société civile (2) et de l’administration (7) pour décider du choix du fichier pour les élections générales de 2012. Ce Comité a travaillé les 27, 28 et 29 juin 2011. 

Après des visites d’écoute et d’échanges auprès des administrations électorales (MATCL et DGE) et du Centre de traitement des données du RAVEC, et à l’issue de l’analyse des différentes situations observées, le Comité a fait les constats suivants: «l’exécution du projet RAVEC se poursuit. Son état d’avancement ne permet pas, à ce jour, d’en extraire un fichier électoral pour la tenue des élections générales de 2012, dans le respect des délais constitutionnels. Le fichier électoral existant, issu du RACE, quant à lui, comporte des insuffisances».

 

Le Comité d’experts a donc recommandé le choix du fichier RACE, qu’il juge perfectible dans les délais légaux. Pourtant, au cours de la réunion qui a décidé de la mise en place du Comité, une grande majorité des partis politiques était favorable au fichier issu du RAVEC. Chose plus étonnante encore, au cours des visites au centre de traitement des données du RAVEC, les experts ont reconnu n’avoir pas touché aux machines pour constater par eux-mêmes  l’état d’avancement. Que s’est-il donc passé?

 

Tour à tour, après avoir entendu la lecture du rapport du Comité, les responsables des partis politiques ou leurs représentants ont pris acte, impuissants, de celui-ci, avant de procéder aux critiques les plus virulentes. Le Président du RDS, Younouss Hameye Dicko a tout d’abord déploré la manière dont le gouvernement a géré ce rapport. Selon lui, il a donné l’impression d’une victoire. Il estimé aussi que le responsable du RAVEC devait rendre des comptes, car celui-ci a tout fait perdre au Mali. «Le RAVEC était l’espoir. Depuis 2008, nous avons espéré. Nous avons perdu des dizaines de milliards et des ressources humaines dans ce projet. Alors, qu’il nous explique pourquoi ce n’est pas possible».

 

Au nom du regroupement politique PUR, Mamaye Kassogué a expliqué que l’utilisation qu’a fait le gouvernement du rapport du Comité d’experts montre qu’il n’était pas de bonne foi. Sinon, pour lui, le seul fichier qui vaille aujourd’hui, c’est un fichier biométrique. Il ne croit pas qu’il soit impossible d’utiliser le RAVEC. «Les experts sont venus faire du tourisme. Il est impossible de donner quelque crédibilité que ce soit à leurs conclusions». Ces deux intervenants ont été suivis, entre autres, par Abdoulaye Amadou Sy du MPLUS/RAMATA et Mme Diallo du Parti Ecologique Malien qui ont également exprimé leur ras-le-bol et leurs inquiétudes par rapport au choix du RACE.

 

Le rapport du Comité d’experts explique que les corrections à apporter au RACE doivent permettre, entre autres, de garantir l’identification correcte de l’électeur, d’assurer sa localisation, de manière à le rapprocher davantage de son bureau de vote, de radier des listes électorales actuelles tous les titulaires de cartes d’électeurs non retirées lors des élections communales de février 2009, d’assurer une bonne gestion des élections, à travers la relecture de la Loi électorale, et de corriger toutes les anomalies constatées.

 

A la fin de la réunion, le ministre Koné a informé les partis politiques de la mise en place de la CENI au plus tard le 15 août prochain.  A cet effet, il a demandé aux partis politiques de désigner les 10 membres qui doivent les représenter dans les 10 jours.

Youssouf Diallo

 

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