Ebola: réunion à Luxembourg des 28 pour donner une réponse européenne

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Ebola: réunion à Luxembourg des 28 pour donner une réponse européenne
Le docteur Philippe Bargain fait une démonstration du test de température désormais pratiqué à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le 17 octobre 2014.
REUTERS/Philippe Wojazer

Après les ministres de la Santé la semaine dernière, ce sont les ministres européens des Affaires étrangères qui se retrouvent, ce lundi à Luxembourg, pour « galvaniser » la réponse européenne à l’épidémie d’Ebola. La présidente du Liberia, le pays le plus touché, a exhorté dimanche 19 octobre, « chaque nation » à se mobiliser. Le dossier s’est hissé en haut de l’agenda européen, alors que le bilan de cette fièvre hémorragique dépasse les 4 500 morts, selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Avec notre bureau à Bruxelles

« Nous sommes à un moment crucial, il faut agir maintenant. » C’est ainsi qu’un diplomate à Bruxelles résume l’état d’esprit des Européens. Les 28 veulent donc accroître leur aide en faveur des pays touchés par le virus Ebola. David Cameron propose de doubler le soutien européen.

Autre priorité pour les 28 : éviter la propagation du virus en Europe. Les Britanniques ont donc décidé, les premiers, d’imposer des contrôles de température dans leurs aéroports pour tous les passagers en provenance de Conakry, Freetown ou Monrovia. La France et la Belgique ont fait de même. Des mesures qui ne sont, pour l’heure, pas jugées indispensables par l’Organisation mondiale de la santé parce que des tests de dépistage sont déjà effectués dans les aéroports de départ. L’Union européenne va d’ailleurs vérifier le bon déroulement de ces contrôles.

Enfin, les chefs de la diplomatie vont tenter, ce lundi, d’avancer sur la procédure d’évacuation des ressortissants européens contaminés. Actuellement, selon les experts, seules deux personnes, ayant contracté le virus, pourraient être évacuées au même moment.

Une affaire électorale aux Etats-Unis

Le branle-bas de combat se poursuit également outre-Atlantique. Pour répondre à l’angoisse qui augmente aux Etats-Unis sur le virus Ebola, l’administration Obama multiplie les initiatives : nomination d’une personne chargée de la coordination de tous les services, contrôles plus sévères dans les aéroports, et dernière annonce, création d’une unité d’intervention spéciale au Pentagone.

Le but de Barack Obama et de faire baisser le niveau d’inquiétude, alors que le président refuse de supprimer les vols en provenance de la zone touchée en Afrique de l’Ouest.

L’hôpital où Eric Duncan est décédé de la fièvre Ebola, reconnait une erreur de diagnostic, car le corps médical n’a pas réagi en apprenant son arrivée du Liberia. La direction du centre a publié hier une lettre d’excuse.

Le décès d’Eric Duncan, la contamination d’une infirmière, le retard dans la réaction sont autant de facteurs qui alimentent la peur d’une épidémie qui s’est emparée des Etats-Unis. Et l’exploitation de cette peur est devenue un sujet de campagne électorale : les élections de mi-mandat ont lieu le 4 novembre.

Des élus républicains demandent un arrêt des vols en provenance d’Afrique de l’Ouest, et des démocrates emboitent le pas. Certains suggèrent même que l’on cesse de délivrer des visas aux citoyens de ces pays.

L’administration Obama refuse de céder à cette surenchère et espère que la prévention sera la solution. A la demande du président, une unité spéciale d’intervention Ebola vient d’être créée au Pentagone : 20 infirmières, 5 médecins, et 5 biologistes vont former une équipe chargée de répondre sur le sol américain à toute demande d’urgence concernant Ebola.

 

« Travail bâclé » : l’OMS fait son mea culpa

Avec notre correspondant à Genève, Laurent Mossu

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas réagi comme il convenait à l’épidémie d’Ebola. Elle a fait son mea culpa, en résumant : nous n’avons pas su voir qu’une tempête se préparait et qu’elle était sur le point d’éclater ! Dans un document interne, l’instance dénonce la façon dont ses équipes ont réagi face à la propagation du virus.

Travail bâclé, l’incompétence du personnel… L’autocritique est acerbe. Les experts auraient du savoir, reconnait l’OMS, que les méthodes traditionnelles n’étaient pas applicables dans une région où les frontières sont poreuses et les services de santé déficients.

L’OMS se refuse à commenter les conclusions de ce rapport qui n’était pas destiné à être publié à ce stade. Il est parvenu aux journalistes de l’agence américaine AP et ne serait – c’est la seule concession de l’OMS – qu’une première mouture d’une enquêtée qui évoque de nombreux dysfonctionnements.

L’OMS a été très critiquée notamment par l’organisation Médecins sans Frontière pour la lenteur de sa réaction. En interne, elle semble reconnaitre aujourd’hui qu’elle n’a pas été assez réactive…… Lire la suite de l’article sur rfi.fr

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