Enfants de la rue : Plus on parle du phénomène, plus il persiste et « saigne »

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Pour un enfant, la rue n’est sûrement pas un endroit pour grandir. Mais c’est le cas pour certains enfants qui, de jour comme de nuit, passent tout leur temps dans la rue. Aussi parle-t-on chaque jour du phénomène, mais il n’y a rien à faire : il s’entête. Et comme d’aucuns disent qu’il n’est plus d’actualité, alors le phénomène « persiste et signe » !

Au Mali, on estime, pour la seule ville de Bamako, à environ 5 500 le nombre d’enfants vivant dans la rue, alors que tout enfant a droit à une vie normale et décente pour pouvoir s’épanouir. Quelle vie ces enfants mènent-ils de la rue ? A cette question, il est aussi facile que difficile de répondre.

Il a été constaté qu’au Mali, il n’existe pas de textes spécifiques qui concernent directement les enfants de la rue.                                           

Toutefois, il y a des organismes internationaux et nationaux qui protègent les enfants contre toutes formes de violences : entre autres, la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, des associations et ONG nationales et les Centres d’orientation et d’écoute pour enfant…Mais en dépit de la multiplication actuelle de ces structures, le phénomène ne cesse de s’accroître. Ces enfants et jeunes qui vivent dans la rue sont généralement âgés de 5 à 18 ans.                        

Selon bien des sources, ce phénomène et son aggravation sont dus à la pauvreté galopante. Mais il est clair qu’il est très facile pour les gens de se cacher sous la « raison » de la pauvreté pour laisser leurs enfants à la merci de la rue pour y faire « du n’importe quoi ». Certains de ces pauvres petits bougres vivent même avec leurs parents dans la rue tandis que d’autres sont sans parent ni domicile.

Les expériences ont démontré que la rue transforme ces enfants en délinquants qui n’ont d’autres préoccupations que le vol et l’arnaque. L’enfant qui grandit dans la rue est ainsi confronté à beaucoup de difficultés car  une fois dans la rue, de jour comme de nuit, ils ne pratiquent (en plus du vol et de l’arnaque) que la mendicité et se livrent à de mièvres métiers : porteurs de bagages, cireurs de chaussures, laveurs de vitres, etc. de petites activités qui leur rapportent éventuellement quelques piécettes d’argent. Sous la protection des plus âgés, certains enfants mènent souvent d’autres activités telles que le recel et le trafic d’objets volés. Dans la rue, c’est la « raison du plus fort », ou celle du « Je te protège et tu m’obéis » qui gagne. Généralement, ces enfants élisent domicile dans les maisons en chantier, les lieux publics, les magasins vides, les devantures des boutiques, etc.    

Cependant, ce phénomène dit « Enfants de la rue » ne concerne pas seulement notre pays. En effet, il existe un peu partout dans le monde ; mais c’est l’Afrique qui enregistre le nombre le plus élevé d’enfants de la rue. Au lieu d’organiser des festivités pour célébrer le 16 juin décrété « Journée de l’Enfant africain », pourquoi ne pas bâtir des actions plus  concrètes an faveur de ces enfants qui ont fait de la rue leur domicile ?               

Une action salutaire est celle de la création en 2004, du Groupe d’action pour les enfants de la rue (GAPER) dans le souci de répertorier ces enfants de la rue.  L’association mène ainsi beaucoup d’activités dans ce sens pour ces enfants : par exemple des séances de repas, des jeux et d’autres loisirs. Ces activités concernent aussi bien Bamako que l’intérieur du pays. Le GAPER, c’est l’initiative d’une jeune femme appelée Salimata Traoré. Si seulement tout le monde pouvait faire comme elle et s’intéresser de plus près au phénomène des enfants de la rue afin d’y mettre fin. Enfin, ne » dit-on pas que « l’avenir d’un pays dépend de sa jeunesse » ? 

 Salimata Fofana

 

 

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