Marché des fruits : La ruée sur les oranges marocaines

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ORANGES
Les casiers sont cédés entre 5 000 et 10 000 Fcfa selon la qualité

Très juteux, ces fruits sont recherchés dans tout le pays

 

En cette période de forte chaleur les températures dépassent 40 degrés Celsius. Nos marchés de fruits et légumes présentent un autre visage. Certains produits disparaissent tandis que d’autres arrivent en force sur le marché. Le climat et la saison y sont certes pour quelque chose. Ainsi, sur les étals de fruits ce sont les agrumes qui dominent en ce moment. Ils nous viennent d’un peu partout de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. En effet, la production nationale de fruit pendant cette période reste constante. Plusieurs variétés locales de mangues, d’oranges et de mandarines attirent les clients. La banane locale cède la place aux bananes importées. Les raisins importés remplacent les jujubes greffés sur les plateaux des vendeuses. Les pastèques qui régnaient depuis 6 mois ont disparu en attendant le prochain hivernage. Deux « belles étrangères » sont arrivées sur les marchés de fruits de la capitale en cette période. Ce sont les oranges et les clémentines importées du Maroc. Elles se sont imposées dans notre pays. La nouveauté, cette année, réside dans le volume important des arrivages. Ces oranges nous viennent du Maroc via la Mauritanie. Ils sont convoyés par des opérateurs qui squattent les marchés de gros le long du stade Omnisports. Aujourd’hui, ces oranges luisantes et le label « made in Maroc » sont ancrés dans le jargon commercial. Il s’agit d’un nouveau circuit d’approvisionnement important et très accessible. Ces fruits ont conquis les consommateurs maliens. Ils se commercialisent jusque dans nos villages, et sont consommés sur toute l’étendue du territoire. Communément appelé «  clémentines », le vrai nom de ces « clémentines » est la « mandarine valencia ». Ces oranges font aujourd’hui la fierté d’Agadir, la ville marocaine où cette culture est très florissante. « C’est la 2è ville productrice d’oranges dans le monde après Jaffa en Israël », nous apprend Ibrahim avec fierté. Ce chargeur marocain est installé en face du stade Omnisports. La brillance et la couleur de ce fruit que l’on rencontre partout à travers la ville de Bamako captent le regard. Il est très prisé des consommateurs. Les stocks sont disponibles dans les grandes surfaces, dans les superettes, sur tous les marchés de légumes et fruits. Les rayons des kiosques des abords des avenues sont abondamment garnis. Au site d’approvisionnement du marché de Médine, à l’ombre du stade Omnisports Modibo Keïta, les vendeurs détaillants se bousculent autour des camions frigorifiques qui déchargent le fruit marocain fétiche. Les oranges se vendent dans des casiers en bois. commerce saisonnier. Aboubacar Diabaté travaille à l’entreprise Benso-Ton spécialisé dans l’importation de ce fruit dans notre pays. Il parle de commerce saisonnier. Il assure que « c’est vraiment cette année que l’importation de ces oranges a pris véritablement de l’ampleur dans notre pays. Avant, le secteur n’intéressait que quelques importateurs. Aujourd’hui, certains commerçants peuvent faire deux opérations d’importation dans le mois. Le marché est vraiment consistant et le produit s’écoule facilement », développe notre interlocuteur. Nos importateurs ne se rendent pas au Maroc pour s’approvisionner. Le commerçant Diabaté explique : « nous faisons la commande par l’intermédiaire d’une entreprise basée au Maroc. Elle se charge d’acheminer les fruits jusqu’ici. Elle met à notre disposition des chauffeurs et des camions frigorifiques en bon état, adaptés à ce genre de fruit. » Les prix de vente évoluent en fonction de la qualité des produits et du calibre des oranges (grosses, moyennes et petites). « Au début de la saison, le casier des grosses calibres se vendait à 20.000 Fcfa, les moyennes étaient vendues à 18 000 Fcfa et les petites oranges coûtaient 7.500Fcfa. Aujourd’hui, les prix sont en baisse à cause de l’abondance du produit sur le marché. Les casiers sont cédés entre 5 000 et 10 000 Fcfa selon la qualité. Chez les vendeuses détaillants, ces oranges vendues il y a 5 mois entre 2500 Fcfa/kg sont aujourd’hui cédées à 1000 Fcfa/kg. Malgré tout « c’est une bonne affaire. La marchandise s’écoule vite et nous avons une marge bénéficiaire assez conséquente. Cependant, depuis 2 mois le marché est inondé. Tous les petits commerçants se sont reconvertis dans le secteur des oranges marocaines. La canicule de ces derniers jours n’arrange pas les choses. Les oranges pourrissent rapidement sous cette forte chaleur. Au moment où les ventes des oranges « made in Maroc » explosent sur le marché malien des fruits, la production locale d’oranges ne soulève pas l’engouement. Les producteurs d’oranges locales sont aujourd’hui butés à des difficultés pour écouler leur marchandise. La négociante d’oranges locales, Kadidia Coulibaly, opère au marché de fruits de Bozola. Elle confesse son désarroi. « Nos oranges sont méprisées par les détaillants et les consommateurs. Tous se sont rués sur les oranges marocaines. Avant je pouvais écouler facilement une cargaison par semaine. Mais aujourd’hui, c’est difficile de vendre deux paniers de nos oranges en une semaine. Les autorités doivent prendre des dispositions pour protéger la production locale. Si nous ne consommons pas ce que nous produisons l’avenir est sombre », s’inquiète la commerçante. Les craintes de Kadidia sont partagées par plusieurs vendeuses de fruits locaux. Elles interpellent les autorités en ces termes : « les bananes, les oranges, les raisins, les pommes et les légumes importés inondent nos marchés au détriment de la production locale. Comment voulez vous lutter contre la pauvreté si nos produits locaux doivent pourrir dans nos champs à cause de la mévente », lâche Djénébou Diarra, vendeuse à Bozola. Elle reconnaît cependant que les fruits importés sont plus succulents que les produits locaux. « Que les autorités accompagnent nos producteurs pour améliorer le goût et la qualité de nos fruits », insiste t-elle. Les consommateurs des oranges marocaines ne tarissent pas d’éloges. Le chef de famille B. Traoré témoigne : « j’en achète presque tous les soirs pour ma vieille mère. Ces oranges sont vraiment délicieuses. La peau se pèle facilement, la pulpe est sucrée, parfumée et délicate. Les oranges marocaines sont moins acidulées que nos oranges locales ». L’orange est un fruit juteux, très aguichant. Elle est riche en vitamine C, un antioxydant très puissant qui favorise la cicatrisation et stimule l’immunité. Cette vitamine ne compte que pour 15 à 20% du total des antioxydants présents dans ce fruit. Les oranges recèlent d’autres substances complexes possédant un pouvoir antioxydant jusqu’à six fois supérieur à celui de la vitamine C. La richesse en substances complexes fait de l’orange un allié de choix dans la prévention des maladies cardiovasculaires, des inflammations, et même dans la lutte contre le cancer.

Anne-Marie Kéïta

 

 

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Marché agricole : UNE STABILITE CONFIRMEE

La semaine du 03 au 09 Avril ne se démarque pas beaucoup des semaines précédentes depuis le mois de mars. Les marchés de notre pays sont marqués par une stabilité des prix sur les marchés de production jusque sur ceux de la consommation. Cependant malgré cette tendance de stabilité, on observe quelques fluctuations. Elles se caractérisent par de légères hausses de prix du mil à Koury, San, M’Pèssoba Monipébougou et du riz local Gambiaka à Niono et par une légère baisse de prix à Sokolo. L’Etat d’approvisionnement reste bon sur les marchés de gros de Bamako. Les variations des prix de gros à la vente sont en baisse à Bagadadji pour le maïs et le riz local Gambiaka. L’écart important des fourchettes de prix du mil réside dans la qualité selon les zones de production. Les mils en provenance de régions de Sikasso et Mopti sont réputés meilleure qualité que celui de la région de Ségou. Au cours de la période, sur les marchés ruraux, les prix ont évolué entre 117 FCFA le kilo pour le mil à Moninpébougou, 125 à Dioro, 140 à M’Pessoba et 145 Fcfa/kg à Bankass et Koutiala. Le sorgho a été cédé à 115 Fcfa/kg à Dougouolo et à M’Pèssoba et 125 à Koulogon et Sikarola. Le maïs a été vendu à 90 Fcfa/kg à Loulouni, à Koury et à Bla et 95 Fcfa à Koutiala et à N’Pessoba. Le riz local a évolué entre 230 Fcfa/kg pour le riz local Gambiaka à Dioro, 235 Sokolo, 250 à Macina, Diakawèrè, Dogofri, Shiango et 260Fcfa/kg à Niono. Les prix à la consommation des céréales sèches dans le district de Bamako sont restés globalement stables par rapport à la semaine écoulée sur tous les points de vente. Les prix au détail couramment pratiqués dans le district ont été de 200FCFA le kilo pour le maïs et le sorgho, 225 pour le mil, 250 pour les sorgho/mais pilé, 300 pour le mil pilé, 350 pour le Riz RM40 importés thaïlandais, vietnamien et le riz brisé importé, 375 pour le riz local Gambiaka (tout venant) et pour le niébé, 500 FCFA le kilo pour le fonio. Dans les capitales régionales, les prix pratiqués par les détaillants ont été à Kayes centre de 200 FCFA/kg pour le maïs et le sorgho, 250 Fcfa/kg pour le mil, 300Fcfa/kg pour les sorgho/maïs pilé, 350 pour le mil pilé et le riz BB importé, 450 Fcfa/kg pour le niébé et 600 Fcfa le kilo pur le fonio. A Koulikoro Ba le sorgho et le maïs sont vendus à 175 Fcfa/kg , 225 pour le mil, 300 Fcfa/kg pour les sorgho/maïs décortiqués, 350 pour le riz RM40 importé, Gambiaka et le riz BB importé, 400F/kg pour le niébé, 550 pour le fonio. A Sikasso Centre, le kilogramme de maïs a été cédé à 125 FCFA, 175 pour le sorgho, 200 pour le maïs pilé et le mil, 275 pour le riz étuvé blanc, 300 pour le mil pilé, 325 pour les riz locaux Gambiaka et BG, 350 pour riz RM40 importé, 375 pour le niébé et 550 Fcfa/kg our le fonio. A Ségou Centre le kilo de maïs et de sorgho sont cédés à 175 FCFA, 190 pour le mil, 250 pour le mil pilé et le riz local BG, 300 pour le riz local Gambiaka, 375 pour le niébé et 600 FCFA le kilo pour le fonio. A Mopti Digue, le maïs a été proposé à 175 Fcfa/kg, 200 pour les mil/sorgho, 250 pour le riz étuvé rouge local, les mil/sorgho/maïs décortiqués, 300 pour le riz étuvé blanc local et le riz BG, 325 pour le riz local Gambiaka et le niébé et 450FCFA le kilo pour le fonio. Et à Tombouctou, le kilo de paddy a été vendu à 184 Fcfa, 210 pour le sorgho, 216Fcfa/kg pour le maïs pilé, 300 pour le mil, 325 pour le riz étuvé blanc et 329 pour le riz BG. Nous constatons que les prix aux consommateurs des riz importés et local Gambiaka sont majoritairement stables par rapport à ceux de l’année dernière. Ils sont en baisse par rapport aux prix moyens des cinq dernières années pour les riz brisés importés et locale Gambiaka et en hausse pour le riz RM40. Les prix des céréales sèches, sont en baisse par rapport à ceux de l’année dernière.

Source OMA

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1 commentaire

  1. Très bonne nouvelle pour mon pays le Mali.C’est aussi l’utilité du corridor Bamako-Dakar mis en place sous ATT par M.SEMEGA alors ministre des transports.Avec le retour de la sécurité l’exploitation rationnelle de cette route internationale ne peut être que bénéfique pour l’ensemble de nos populations.Que dieu bénisse le Mali. 😉

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