NORD-MALI : Le MNLA provoque une tragédie humanitaire

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On estime à plus de 10 000 Maliens qui ont fui les combats entre l’armée malienne et des groupes armés dans certaines villes du nord du pays. La situation humanitaire se dégrade dans de nombreuses localités, alors que plusieurs organisations humanitaires décident de suspendre leurs interventions. Une tragédie humaine qui a été provoquée par le Mouvement national de libération de l’Azawad qui s’est attaqué aux civils lors de ses attaques contre certaines villes du Nord.

S’il y a un aspect de la crise du Nord dont on parle très peu, c’est  la situation humanitaire des milliers de populations déplacées à cause des combats. Les évènements au Nord ont entrainé un exode massif de nos compatriotes vers des pays voisins. Aujourd’hui, pour la seule Mauritanie, on estime à plus de 2000 le nombre  de nos compatriotes ayant fui depuis le 17 janvier dernier. Des centaines d’autres, selon plusieurs sources, se sont refugiés du côté de l’Algérie. Près de 10 000 Maliens et Nigériens se sont déplacés vers d’autres pays. Ces personnes ont trouvé refuge au Niger, dans le nord de la région de Tillabéry, à proximité de la frontière. Selon de sources humanitaires, plus de 4500 personnes dont des femmes et des enfants se trouvent actuellement dans la ville de Fassala (Néma). Au Burkina Faso, les autorités font état de 1.500 personnes ayant traversé la frontière pendant la semaine écoulée et le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter. Entre 500 et 600 personnes se trouvent présentement dans la ville frontalière de Djibo. L’Algérie, où se déroulent des discussions de paix, a également fait part de l’installation d’un camp à Khamsin pour accueillir les familles qui arrivent à sa frontière avec le Nord Mali.

Médecin du Monde suspend ses opérations

Les conditions de vie de ces déplacés sont extrêmement précaires, nous confient des responsables d’organisations humanitaires. Qui expliquent que partout dans ces régions, il règne une situation de désolation  des populations prises entre deux feux, privées de nourriture et d’eau et placées sous la menace d’une véritable catastrophe humanitaire.  « Certaines d’entre elles ont pu être hébergées par les villageois, mais les capacités locales ayant été très vite été absorbées, de nombreux autres déplacés ont dû ériger des camps de fortune à la lisière des villages »,  a confié le chef de la délégation régionale du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour le Niger et le Mali, à une agence de presse. Selon Juerg Eglin, « les abris sont sommaires. Ces personnes, dont nombre de femmes et d’enfants, manquent d’eau et surtout de nourriture. »
C’est donc dans cette situation, plutôt préoccupante, que l’organisation humanitaire « Médecin du Monde » a décidé de suspendre ses opérations. Selon elle, le climat sécuritaire n’a pas favorable à des actions. Selon l’organisation humanitaire, qui intervient dans les régions du Nord Mali des familles se sont éloignées des villes où se déroulent les combats et sont aujourd’hui dans la brousse sans assistance aucune. Pas de nourriture, pas d’eau et encore moins de services de soins alors que parmi eux se trouvent des femmes et des enfants et parfois même des personnes civiles blessées pendant les affrontements. « L’intensité des combats dans les villes a entrainé une psychose des habitants et des travailleurs locaux. Cette psychose est responsable du départ massif des populations nomades vers la brousse et l’Algérie et de celui d’une partie des personnels de santé vers le sud du pays en direction de Gao », explique un responsable de médecin du Monde.
Cependant, le Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR), en collaboration avec la Croix-Rouge nigérienne, s’apprête à multiplier des actions en faveur de ces personnes. C’est du moins ce qui ressort de l’avis de son représentant au Niger, Germain Mwehu. Pour qui, le CICR se prépare à distribuer aux déplacés des vivres (mil, riz, huile et sel) et des biens essentiels (bâches, couvertures, nattes, seaux, matériel de cuisine et articles d’hygiène). Par ailleurs, rassure-t-on, des travaux ont débuté aujourd’hui afin d’assurer le traitement et l’acheminement de l’eau à Chinagodrar, où se concentrent environ les deux tiers des déplacés. Mais la seule intervention des organisations humanitaires ne suffit pas. Le gouvernement doit déployer les moyens qu’il faut pour assister ces Maliens en difficulté dans ces zones.
Issa Fakaba SISSOKO

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