“Sotrama Kônô Baro” : Les transports en commun mis à contribution

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“Sotrama Kônô Baro” ou le théâtre invisible dans la Sotrama est un nouveau concept de l’Association Anw Jigi Art qui s’invite dans les transports en commun au Mali, des endroits où tous les sujets sont abordés par les passagers. 

L’association culturelle pour la recherche théâtrale “Anw Jigi Art” ne cesse d’innover sur la scène théâtrale malienne. En plus son concept intitulé Sô gnogolo ou le Théâtre de maison qui amène le théâtre vers le public, l’Association vient d’initier un nouveau concept théâtral dénommé Sotrama théâtre dont elle expérimente la phase pilote, Sotrama Kônô Baro ou le théâtre invisible.  Cette phase pilote est financée par le Fonds Maaya.

Le concept Sotrama Kônô Baro est un théâtre qui s’invite dans les transports en commun au Mali, notamment dans les Sotrama, minicars de couleurs vertes qui sont les plus empruntés par les populations bamakoises. Ces transports  sont des endroits de rencontres où tous les sujets sont abordés et parfois entre des personnes qui n’ont aucun lien, voire même qui ne sont jamais rencontrées.  Tous les sujets sociaux y sont abordés sans tabou parfois.

“La démarche consiste à infiltrer deux artistes dans une Sotrama en tant que passagers banaux qui  déclenche un débat sur une thématique choisie à l’avance. Ils font en sorte d’amener les autres passagers à réagir en posant des questions subtiles qui poussent les passagers à s’exprimer ou même à réfléchir sur la thématique abordée, nommant ses causes, conséquences et solutions. Les débats sont enregistrés en cachette sans que les passagers le sachent afin que chacun exprime réellement ses pensées sur le sujet”, nous explique Assitan Tangara, directrice artistique de l’association.

Afin de mieux encadrer les discussions entre les passagers à bord de la Sotrama, les deux artistes infiltrés jouent le rôle de modérateurs pour éviter tout débordement. Les informations récoltées dans les transports en commun seront ensuite dépouillées et mises en débat dans les grins et tontines des femmes qui réagissent sur le sujet. Et ce sont ces discussions qui sont diffusées sur les différents réseaux sociaux de l’Association où la parole revient aux internautes qui aussi participent au débat. Plusieurs thématiques comme les violences conjugales et celles relatives au genre, la corruption, le viol, l’émigration irrégulière, le manque d’initiative des jeunes, sont abordées. Ce concept est une interaction à grande échelle qui permet une participation citoyenne aux différents débats d’intérêt général au sein de la société malienne car l’avis de chacun compte.  

 Youssouf KONE

 

 

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