Mode et beauté : La tresse traditionnelle vit ses derniers jours

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Au-delà de la beauté artistique et visuelle, la tresse en Afrique symbolisait une forme d’expression pour les femmes. Chaque modèle pratiquée traduisait l’état d’âme de la porteuse. Elle exprimait également l’appartenance d’un individu à un groupe ethnique. Si rien n’est fait, cet immense trésor de notre patrimoine culturel traditionnel est menacé de disparition.

Lors des grandes soirées mondaines, un non malien curieux de découvrir certains traits culturels de notre pays, notamment les merveilleuses tresses africaines, reste sur ses faims. Aujourd’hui les coiffures de toutes les femmes dans ces genres de rencontre se valent. Une uniformité qui ne dit pas son nom. Or la coiffure est un élément culturel important dans les critères de beauté dans une société. Les anciens détenaient le code secret pour distinguer les différentes catégories de femmes dans la société. A travers la coiffure, ceux-ci pouvaient distinguer une femme mariée d’une célibataire, une veuve d’une divorcée, une femme allaitante d’une femme en ceinte, etc. Les coiffures annonçaient également les événements sociaux chez les femmes : les mariages, les baptêmes, les circoncisions ou les décès.

Les coiffures traditionnelles se faisaient avec les cheveux naturels, sans rajouts et étaient ornées  d’or, d’argent, des cauris ou  des perles. L’art de la coiffure était transmis de mère en fille et les tresses étaient un moyen de sublimer la chevelure.  À cette époque, ni le tissage, ni le défrisage n’existait encore. Mais, ces valeurs culturelles commencent à être ranger dans les rayons des musés du fait de l’influence occidentale. Les nouveaux modèles et l’évolution du monde ont fait que nos styles de coiffure disparaissent petit à petit au profit des rajouts et des défrisages, qui permettent d’avoir des cheveux plus longs.

Aujourd’hui, très peu de salons peuvent tresser nos modèles à cause du faible niveau de demandes. Les offres de services dans le domaine de la coiffure traditionnelle s’affaissent. Les jeunes femmes et les filles préfèrent se coiffer dans les salons modernes. Aux dires Anna Maiga, une fille de 26 ans « la coiffure du salon est joli et c’est rapide, les tresses traditionnelles sont dépassées maintenant ».

Selon Mme Doumbia Awa Diarra une coiffeuse au grand marché de Médine « nous avons continué à pratiquer les tresses traditionnelles, héritées de nos parents. Mais, aujourd’hui le marché à diminuer à cause de la modernisation, presque toutes les femmes aiment se faire coiffer dans les salons modernes. Nos clients sont les femmes âgées qui connaissent la valeur de la tresse traditionnelle, c’est une tresse qui dure et avec laquelle les cheveux ne se cassent pas. Et aussi lors des défilés de mode, il fait recoure  souvent ». Affirme  t-elle.

D’après Mamadou Bah un chef de famille « la religion décourage certaines de ces tresses qui utilisent beaucoup de mèches, de fil et autre qui empêchent les ablutions l’eau pénétrer les dessous de cheveux. Moi, j’aime bien voir une femme tressée simplement sans rajouts, ni perles ». Pour certains hommes aussi le port des foulards et du voile sont mieux pour les femmes.

« Il y a très longtemps de cela, la tresse était un moyen d’expression culturelle, en effet pendant des époques lointaines, les tresses représentent l’identité traditionnelles des populations qui la pratiquaient. Certaines tresses présentent aussi un certain symbole par rapport au comportement individuel ou leur état physique ou moral. En dehors de cet aspect, elle véhiculent aussi un certain message à travers les résistance d’une culture précise vis-à-vis des autres notamment à travers son aspiration à sa singularité dans la diversité des coutumes et tradition ». souligne Baba Drame un vieux âgé d’une soixantaine d’années.

Imiter les Rihanna, les Beyoncé, Jenifer et autre n’est pas une mauvaise chose en soit, mais il faut savoir aussi gardé sa propre culture. La nouvelle génération ne doit pas seulement se fier aux occidentaux, il existe aussi chez nous des pratiques important qu’on doit sauvegarder.

                                                                                                               Fily Sissoko.

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