Le CNSP et l’application des recommandations de la CEDEAO : Cap sur le collège pour la désignation du président de la Transition

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Le président du Conseil National pour le Salut du Peuple s’est rendu à Accra dans la capitale ghanéenne  avec une délégation restreinte ce mardi 15 septembre, pour le mini-sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à l’invitation de S.E.M. Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO, président de la République du Ghana et Président en exercice  de la Conférence des Chefs d’Etat de Gouvernement de la CEDEAO. Après les échanges, les lignes n’ont pas bougé. La CEDEAO maintient sa décision de voir des civils dirigés la Transition, sans quoi les sanctions seront maintenues ou durcies contre notre pays. Le CNSP  à travers une conférence de presse organisée à son QG sis à Kati le lendemain de cette  rencontre, a fait le point de ces échanges.

Cette réunion sur la situation du Mali entre huit Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue au Peduase Lodge à Aburi, au Ghana.                                                                                                L’objectif de cette rencontre était de permettre aux membres du CNSP d’informer et de présenter aux Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEDEAO un schéma et une feuille de route pour la Transition politique, conformément aux décisions prises par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO lors de son Sommet Extraordinaire par Visioconférence le 28 août 2020 et par son 57ème  Sommet Ordinaire tenu le 7 septembre à Niamey, République du Niger.

« Nous sommes partis avec deux objectifs clés » a fait savoir le porte-parole du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), le Colonel major Ismaël Wagué.

Le premier objectif c’était de partager avec les chefs d’Etat des pays de la CEDEAO, les conclusions des concertations nationales qui ont eu lieu du 10 au 12 septembre, a dit le Colonel major Wagué, tout en précisant qu’il s’agissait aussi de voir avec eux la possibilité de lever les sanctions, sinon les alléger .

« Après des échanges autour des différentes thématiques des concertations nationales, notamment la feuille de route et la charte de la transition , nous leur avons dit que ce résultat c’est le résultat des concertations de tous les Maliens incluant les délégués venus de l’intérieur  du pays qui ont fait le déplacement » a souligné le Colonel major Wagué.  Et d’ajouter que les résultats de ces concertations se sont traduits par l’adoption de la feuille de route et de la charte de la transition.                                                                                                   Le deuxième objectif, aux dires du porte-parole du CNSP, était relatif à la difficulté économique du pays, de la nécessité pour la CEDEAO de faire un effort pour lever les sanctions : « surtout les transactions financières qui nous posent vraiment des problèmes ».

En outre, le colonel major Ismaël Wagué a informé l’opinion nationale et internationale à travers les différents médias présents qu’il n’y a pas eu d’accord sur la transition parce que dit-il : « Ce n’était pas notre mission. Nous étions partis pour partager avec eux les résultats des concertations ».                                                                                                                                Au cours de cette conférence de presse le CNSP a signalé que l’Etat malien fonctionne toujours malgré cette situation difficile que traverse le pays : « La continuité de l’Etat est en train d’être assurée par les différents secrétaires généraux des ministères,  l’Etat fonctionne, l’Armée fonctionne, les opérations militaires continuent en partenariat avec les forces de la MINUSMA, de la Barkhane et autres ». Selon lui, les concertations sont en cours pour la mise en place du collège qui sera chargé de mettre en œuvre les recommandations de la CEDEAO, notamment la désignation du Président de la Transition.

Quant à la CEDEAO à la lecture de son communiqué, reste fixée sur sa décision de voir des civils dirigés la Transition. Sans quoi, elle maintient  l’embargo contre le Mali,  à savoir la fermeture des frontières et l’interruption des flux financiers en provenance des pays de la CEDEAO.                                                                                                   La levée de ces sanctions est conditionnée à la satisfaction des exigences de la CEDEAO.

De ces exigences de la communauté sous régionale, il y’ a le fait que le vice-président de la Transition tel que prévu par la charte de la Transition ne pourra, en aucune manière, remplacer le Président de la Transition.  Mais aussi, la décision de dissoudre le CNSP, dès le démarrage de la transition civile. De même que l’abrogation de l’Acte fondamentale de la CEDEAO.                                                                                                                        Cependant la CEDEAO se dit favorable à la durée de la transition politique (18 mois maximum) proposée par la charte. Elle a renouvelé sa volonté d’accompagner pleinement la République du Mali vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel, conformément aux protocoles pertinents de la CEDEAO. Et de demander la libération de l’ancien chef de gouvernement Dr Boubou Cissé et des autres dignitaires en détention extrajudiciaire.

A signaler que le Médiateur de la CEDEAO dans la crise politique du Mali, S.E.M GoodluckEbele Jonathan, ancien Président de la République Fédérale du Nigéria, effectuera dans une semaine une Mission au Mali pour faire le point de la mise en œuvre de ces mesures, à la demande de la CEDEAO.

Par Maïmouna Sidibé

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