Ainsi vont les choses de la vie ! Le danger des régimes en difficulté !

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Il est très fréquent qu’en situation de sérieuses difficultés, un régime qui n’est pas sûr de lui cherche par des dérivations à détourner l’attention de l’opinion sur un bouc émissaire. Surtout dans une situation comme celle que nous vivons où chaque jour les Burkinabè se demandent à quel Saint se vouer. 

Dans ces cas de figure, ce qui est fréquent, c’est l’instrumentalisation des haines ethniques. Tout le monde sait qu’il y a une quasi-unanimité contre une communauté nationale.

Certaines publications qui fleurissent et qui sont relayées par les communicants proches du régime en place, ne présagent rien de bon pour la cohésion sociale dans les jours à venir.

Les terroristes n’ont jamais proclamé qu’ils agissaient au nom d‘une communauté. Ils se réclament d’un  « islam ».  Ensuite, pour l’instant dans le malheur général de notre nation, nous sommes tous touchés mais une communauté paie le plus lourd tribut.

Combien d’innocentes personnes, qui ont eu le malheur de croiser la route d’un FDS, d’un VDP, ont été froidement exécutées. La liste est trop longue et elle pourrait s’allonger, hélas, avec les communiqués qui fleurissent. Personne ne s’oppose à ce que les vrais terroristes soient mis hors d’état de nuire.

Ironie du sort, dans le pré-accord mort-né de Djibo, les terroristes eux-mêmes exhortent les FDS et les VDP à s’attaquer à eux, plutôt que de s’en prendre aux populations non armées. C’était une des clauses de cet accord et probablement une des raisons de son rejet.

Rappeler ces choses est un crève-cœur pour tout patriote. Encore plus pour l’auteur de ses lignes qui sait que les FDS sont les colonnes vertébrales de tout pays digne de ce nom et surtout que beaucoup de membres de nos FDS sont meurtris de cette situation. Car justement la vue d’un FDS, par tout citoyen, doit rassurer plutôt que d’effrayer. Cet état de fait a eu deux conséquences malheureuses.

Il a privé l’armée du soutien des nombreux patriotes qui sont dans cette communauté. Car si 90% des terroristes se recrutent dans cette communauté, par le hasard de la géographie et les turpitudes de l’Etat, 99% des membres de cette communauté ne supportent ni le terrorisme, ni ne sont des terroristes. Mieux, ils veulent et ne demandent qu’aider leur pays. Mais ils sont rejetés.

Comment imaginer que les VDP de Djibo ne soient pas recrutés dans la communauté majoritaire de la province ? Deuxième écueil : puisque les FDS les persécutent et parfois avec la complicité des VDP des communautés voisines et rivales, les membres de la communauté se retrouvent malgré eux à n’avoir d’autres issues que de fuir vers les zones sous contrôle des terroristes. Ce qui facilite les recrutements et les enrôlements dans les rangs terroristes.

Et si on faisait autrement ?

Et si les FDS acceptaient un moratoire d’un semestre pendant lequel il n’y aurait pas d’exécution sommaire des membres de cette communauté rencontrés au hasard des opérations et des patrouilles ?  Si pendant ce semestre les FDS travaillent et laissent la chance à une approche qui rassure l’ensemble de la communauté dans un premier temps, et puis explorent les voies et moyens d’impliquer fortement aux côtés des autres communautés, les membres valides à la lutte contre le terrorisme, est-ce que nous n’aurons pas un autre résultat ?

C’est un bis repetita !

Il faut cependant craindre un bis repetita de Kaien, Banh, Sollé… suite à la même technique de communication en 2019. Ce ne sont pas les terroristes qui seront exécutés. Mais hélas de pauvres innocents sans armes et loin parfois du théâtre des opérations. Comme ce ne sont pas les terroristes qui sont tués, la liste des « terroristes neutralisés » va s’allonger avec peu d’impact sur le terrorisme.

On a fait de cette façon de 2018 à maintenant. Nous avons perdu près de la moitié du territoire. On se retrouve avec beaucoup d’innocents tués qui constitueront quoiqu’on dise un passif humain qu’il faudra tôt ou tard que la République solde au risque de constituer une cause de trouble et d’instabilité permanents.

En ces temps de désarroi national, chaque jour des milliers de personnes rejoignent les PDI, les villages sont détruits et le peu d’infrastructures avec. En ces moments où nous sommes à l’orée d’une probable émeute paysanne de ces millions de nos compatriotes qui ne supporteront plus une nouvelle saison de pluie, hors de chez eux et sous les bâches noires et tristes du HCR, un discours de raison et l’appel à nos intelligences ont peu de chance d’être entendus. Les gouvernants le savent. C’est donc une triste aubaine de masquer ou de détourner les colères des décisions malheureuses conjuguées à l’absence de résultats.

C’est aux Burkinabè de savoir que la purge contre un des membres, ne ramènera jamais la paix. Toutes les communautés nationales se sentent totalement burkinabè, patriotes et sont au service de leur pays avec le même amour et la même détermination. Personne de nous n’a une patrie ailleurs.

Sans être racoleur,  au pays de Sankara, qui n’a jamais fait mystère de son appartenance communautaire, de Arba Diallo dont tous vantent la droiture morale, c’est absurde de voir cette stigmatisation qui est à l’œuvre. Sauf si la Restauration ne signifie pas le retour des valeurs qui font le ciment de ce pays.  Allah aide ceux qui s’aident !

 

NAB

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