Droit de réponse du FRAA à la CMA : « L’accord n’a pas été diabolisé, c’est l’accord qui est lui-même diabolique »

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Le 20 Juin 2021, des responsables de la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad) ont tenu une conférence de presse dans le cadre de la date d’anniversaire de la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, issu du processus d’Alger pour décrier des états de fait, notamment la lenteur dans la mise en œuvre des dispositions de cet accord. Cette sortie des cadres de la CMA, n’a pas été du goût du Front du Refus de la mise en œuvre de l’Accord d’Alger (FRAA), c’est pourquoi sous la signature de son coordinateur, ce front a fait un droit de réponse dont une copie est parvenue à notre rédaction. Dans ce droit de réponse le FRAA estime que contrairement aux dits de la CMA sur le fait que l’accord est diabolisé par certains, que : «  c’est l’accord qui est lui-même diabolique ». Lisez plutôt.

  1. PRÉSENTATION DE LA CMA.

La CMA se définit elle-même comme étant une Organisation politico-militaire. En affirmant cela, n’est-elle pas en train de violer sans vergogne la constitution de la République du Mali, qui ne reconnaît pas une telle forme d’organisation ? Au-delà, il est nécessaire de rappeler que la CMA est une COALITION de mouvements terroristes, de narcotrafiquants, de séparatistes et d’anciens mercenaires de la Lybie, réorganisés par la France qui leur a offert, en 2013, la ville de Kidal comme QG.

La CMA est constituée par du Haut Conseil pour l’Unité de l’azawad (HCUA), du Mouvement Arabe de l’azawad (MAA) et enfin, du Mouvement national de libération de l’azawad (MNLA).

Le HCUA est une création de Iyad qui lui sert de branche politique et d’appui militaire. Le MAA  est, selon le dernier rapport du Comité des experts de l’ONU, un groupe de narcotrafiquants. Le MNLA, un mouvement séparatiste depuis sa création, a été absorbé par le HCUA.  Il est clair aujourd’hui, que la CMA est contrôlée par le HCUA, donc, par Iyad.

  1. LA CMA DÉCLARE AVOIR REVENDIQUÉ LES ASPIRATIONS POLITIQUES DES POPULATIONS QUI VIVENT DANS LA PARTIE NORD DU MALI, QU’ELLE APPELLE AZAWAD.

Les populations se sont-elles exprimées par référendum, ou autre forme élective, pour valider les revendications des dirigeants de la CMA ? La position des sédentaires dans le nord du Mali prouve à suffisance que la CMA n’a aucun mandat, aucune légitimité à parler au nom des populations du nord du Mali, qu’elle appelle abusivement azawad. Nous rappelons à la CMA que la terminologie nord désigne un point cardinal qui représente un point de l’horizon servant à se diriger, à s’orienter. Son sens ne saurait être détourné malicieusement dans le but d’alimenter une fable construite pour installer la division du Mali dans l’esprit des Maliens, comme ce fut le cas au Soudan..

L’Azawad, tel que défini dans cet l’Accord d’Alger, version 2015, est une mystification historique et culturelle, destinée à légitimer une rébellion partitionniste, actionnée par quelques individus issus d’une communauté touareg minoritaire non seulement au Mali (2% de la population), mais également dans le nord de notre pays.

La CMA déclare que les conclusions de la Conférence d’Entente nationale sont nulles et non avenues parce que ladite conférence a été mal organisée, que “la problématique Azawad” a été rejetée et que ses recommandations n’ont pas été prises en compte. Rappelons à la CMA, qu’avant la signature de l’accord, le gouvernement malien a fait des réserves qui n’ont pas été prises en compte dans l’accord, que l’Assemblée nationale s’était auto saisie pour soulever des inquiétudes qui n’ont pas été prises en compte. Pour les mêmes raisons que la CMA, le FRAA, soucieux des intérêts du Mali et des maliens, rejette l’application de cet accord illégal et illégitime qui a été mal négocié. Il en demande la renégociation entre adultes maliens qui n’ont pas besoin d’être pris par la main.

Ce que reconnaît Attaye Ag Mohamed, le représentant de la délégation de la CMA, quand il avoue à haute et intelligible voix que c’est la communauté internationale qui les a contraints à signer cet accord. Nous rappelons à la CMA qu’en droit privé, public ou international, la signature d’un accord sous la contrainte suffit à l’annuler. Nous nous réjouissons que la CMA rejoigne nos positions sur l’accord en le déclarant nul et non avenu.

  1. ACCORD POUR LA PAIX ET LA RÉCONCILIATION

De quelle paix parle-t-on ? La CMA nous dit que grâce à cet accord, les armes ne crépitent plus entre les groupes armés et l’armée malienne. Certes, mais qui sont groupes armés le jour, et la nuit terroristes et narcotrafiquants? Combien de fois les positions de l’armée ont-elles été attaquées ? Combien de militaires et de civils ont-ils été assassinés au Mali, pendant que Kidal était épargnée ?

Quelle réconciliation possible quand les communautés sont instrumentalisées et montées les unes contre les autres pour créer le chaos, en vue de servir des intérêts autres que ceux du Mali et des maliens ? Quelle réconciliation envisager sans vérité, ni justice ?

  1. ACQUIS de l’ACCORD

Après 6 ans, les armes se sont tues selon la CMA et la paix serait revenue grâce à l’accord…

Le FRAA relève que seules la sécurité internationale et Kidal n’ont pas pâti du chaos installé au Sahel, contrairement aux menaces que la France et nos dirigeants brandissent en permanence pour justifier toujours plus de moyens pour tuer nos populations. En effet, l’accord a érigé le massacre des populations par les terroristes et les forces armées étrangères, en règles de guerre internationale, au Mali et dans la sous-région.

Les armes se sont certes tues entre l’armée malienne et les rebelles. Les camps militaires régulièrement attaqués, est-ce du cinéma ? Les bavures meurtrières de l’armée de la France impérialiste, dont certaines sont qualifiées par l’ONU de crimes de guerre, est-ce que ce sont des jeux de guerre virtuels qui laissent derrière eux de faux cadavres ? Les terroristes qui oublient gentiment Kidal pour aller terroriser, chasser de chez elles, et tuer les populations paisibles qui n’ont rien demandé à personne, est-ce une hallucination tout droit sortie de l’esprit de populations qui vivent sous le joug des armes, parce qu’elles ont le malheur de vivre au-dessus des sous-sols convoités par les multinationales ?

6 ans après :

L’intégralité territoriale acquise depuis le 22 septembre 1960, sous la direction éclairée et vigilante du président Modibo, n’est toujours pas rétablie.

L’exercice de la souveraineté du Mali sur l’ensemble de son sol n’est pas une réalité.

Ni le drapeau du Mali, ni son hymne national, ni sa devise, encore moins sa constitution, ne sont respectés sur l’ensemble de son territoire national.

La violence et l’insécurité galopante règnent en maîtres.

Les réfugiés croupissent toujours dans les camps de réfugiés et les déplacés vivent dans des conditions pitoyables.

6 ans après l’accord, la CMA n’est pas désarmée. Au contraire, le processus de la légalisation de son armement, à travers la police territoriale, est en cours, conformément à l’accord d’Alger. En revanche, les groupes d’autodéfense patriotes ont été désarmés. Le régime d’IBK et certains partis et/ou dirigeants politiques maliens ont travaillé à affaiblir, à humilier et à diviser le groupe de Elhadj Gamou qui aurait pu, sans l’aide d’aucune puissance impérialiste, trouver la solution pour arriver à bout de ces terroristes et narcotrafiquants, qui font une guerre au Mali par procuration. Nous profitons de cette conférence de presse pour le remercier et lui rendre un hommage vibrant. Avec ses hommes, il s’est dressé de toute sa taille et de tout son coeur patriotique pour livrer des batailles héroïques, afin de libérer pour le compte du Mali Tarkinte, Annafif, Bamba, Gossi, Tessit, Ménaka, Ansongo, Adjelhok, Ber, des mains de ceux qui ont pointé les armes contre toute la nation malienne. Un acte qui confirme que le Mali, avec la volonté politique, peut faire face à cette crise.

Malheureusement, Gamou est déçu aujourd’hui par les autorités du Mali, qui depuis IBK, par peur de la France impérialiste, l’ont méprisé au profit des ennemis. Peut-on lui en vouloir ? La valorisation du mérite n’a jamais été le fort de nos gouvernants, à quelque niveau que ce soit.

6 ans après l’accord, des responsables de la CMA empochent des millions de Fcfa, parce qu’ils sont membres d’un comité lié à l’accord, tandis que justice n’est toujours pas rendue aux victimes. La mort et la misère des populations constituent une rente de situation pour de nombreux maliens.

6 ans après l’accord, nous constatons la création d’un large mouvement qui regroupe les populations sédentaires majoritaires pour dénoncer leur marginalisation et défendre le Mali.

Cet accord, c’est également :

  • Près de 120 000 militaires étrangers sur notre sol,
  • Toujours plus de violence et d’insécurité,
  • plus de 5.000 morts,
  • plus de 400 villages détruits,
  • plus de 400 000 déplacés et des milliers de réfugiés.

6 ans après l’accord, combien d’attaques à Kidal sous le contrôle de la CMA? Dans ce contexte, il est évident que vu de Kidal, la paix est revenue grâce à l’accord.

6 ans après l’accord, la liste des dégâts reste longue.

La CMA pense que la lenteur de mise en œuvre de l’accord et sa non vulgarisation ont conduit à le diaboliser par certains. Rappelons que l’accord n’a pas été diabolisé par certains, c’est l’accord qui est lui-même diabolique !

  1. LA CMA A EU LA PATIENCE DE SUPPORTER TOUS LES COUPS EN VUE DE SAUVER CET ACCORD AU PROFIT DE TOUS.

Depuis 1960, quelle ethnie ou tribu a pris les armes contre les autres pour quelque revendication que ce soit ? C’est seulement parmi les Touareg que se sont formés des groupes qui ont osé prendre les armes contre le Mali. Et pas qu’une fois. Une fois en 1963, une autre fois en 1989, une troisième fois en 1996, encore en 2006 et cette fois-ci en 2012 et ça dure. A chaque fois, c’est tout le reste du Mali qui en subit les conséquences, alors que les rebelles sont minoritaires, y compris au sein de leur communauté. Depuis des décennies, le fruit du travail des Maliens est investi dans le nord du pays, pendant que dans les régions où est extrait l’or dont ils ne voient pas la couleur, les dignes fils du Mali s’embarquent dans l’enfer de l’émigration pour tenter de soulager les leurs. Comment s’étonner, dès lors, que le peuple souverain, y compris les Touareg patriotes qui sont majoritaires, soit las et réagisse fermement face à l’ingratitude de ceux qui, jamais rassasiés, considèrent les armes comme unique moyen de revendication? A l’égard de celui qui pointe son arme contre le drapeau, le pays et le peuple en formulant des exigences outrancières, que faire d’autre que de refuser cet engrenage infernal dans lequel il veut embarquer tout le pays ?

Quel pouvoir légitime accepte que des groupuscules terroristes sévissent librement sur son territoire, au nom de quel principe de droits de l’homme ? La France a-t-elle accordé l’indépendance à la Polynésie française qui en a fait la demande auprès de l’ONU ?  Les séparatistes Basques espagnols qui réclament sur une base culturelle et identitaire la partie la plus riche de l’Espagne, ont-ils obtenu gain de cause ? La Belgique a-t-elle divisé son pays sur une base ethnique, entre wallons et flamands ? Le Mali se défend et défend les mêmes valeurs que les pays où résident les donneurs de leçons, au mépris de la dignité et de la souveraineté de notre peuple.

Ce sont plutôt les Maliens qui ont été patients. Ce sont les Maliens qui, à chaque fois, ont pardonné et ont accepté de les sur-représenter sur une base ethnique dans l’administration ; ce sont les Maliens qui ont construit les écoles et financé les enseignants qu’ils se sont empressés de chasser, laissant aujourd’hui les enfants à l’école de la rue. Ce sont les Maliens qui ont construit les bâtiments de service public qu’ils ont détruits. Combien de milliards pris sur le budget malien, aux dépens des autres régions du pays, ont été injectés et détournés par ceux qui prétendent représenter les populations? Combien de maisons construites à Bamako avec cet argent à l’origine, destiné à soulager la peine des populations du Nord ?

  1. RESERVES SUR LA PARTIE MALIENNE

Pourquoi la CMA n’a-t-elle pas parlé de tout ce qu’elle a mis en place de façon unilatérale, en violation flagrante de la constitution malienne, de la souveraineté du Mali et même de ce fameux accord, sans aucune réaction de la part du médiateur algérien, ni des accompagnateurs internationaux. Citons la mise en place des commissions pour la gestion de Kidal par rapport aux questions sécuritaires, fiscales, de santé, l’eau et électricité, humanitaire, des postes pour faire payer les camions depuis la frontière algérienne jusqu’à Kidal, distribution de la justice par les cadis.

  1. ZONE DE DÉVELOPPEMENT DU NORD

L’article 115 de la Constitution malienne stipule clairement que «les traités ou accords qui engagent les finances de l’Etat, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être approuvés ou ratifiés qu’en vertu de la loi». Ni le gouvernement actuel, ni le CNT ne peuvent engager les finances de l’Etat malien pour appliquer un accord qui aurait dû être ratifié par l’assemblée nationale, c’est-à-dire les représentants légitime du peuple malien.

La CMA prétend ne pas discuter avec le peuple digne du Mali, mais avec le gouvernement. L’article 25 de notre Constitution stipule expressément que « Le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale. Son principe est le gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple ». Nous rappelons aux dirigeants de la CMA que la Constitution malienne est aussi la leur, et qu’ils sont tenus de la respecter tant qu’ils continueront à utiliser le passeport malien et à déambuler tranquillement dans les rues de Bamako, sans être inquiétés par les Maliens qui n’ont pas pour habitude de régler leurs différends politiques en assassinant les gens.

Nous leur rappelons également l’article 26 de notre constitution, selon lequel «La souveraineté nationale appartient au peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice». Ni le président de la Transition non élu, ni les conseillers du CNT non élus, ni le gouvernement qui n’est pas l’émanation du peuple, et encore moins un ministre qui a troqué son treillis contre une tenue en bazin, ne peuvent décider à la place des Maliens. Si les dirigeants de la CMA considèrent que les populations qui sont dans le nord du Mali n’ont pas leur mot à dire dans la façon dont elles souhaitent être gérées, ils ne peuvent imposer leur dictature à tout le Mali, même avec l’aide des militaires qui ont spolié de leur victoire ceux qui ont chassé IBK.

  1. RÉVISION CONSTITUTIONNELLE

Selon l’éminent constitutionnaliste malien, Dr Brahima Fomba : “La vérité est que ni les conditions juridiques, encore moins les conditions politiques, ne sont réunies pour s’engager dans une telle aventure. L’article 118 de la Constitution précise  bien  que l’initiative de la  révision appartient concurremment au Président de la République et aux députés. Or, jusqu’à ce jour, nous n’avons ni députés, ni Président de République. Nous ferons cadeau de l’autre gros obstacle juridique lié à l’atteinte flagrante à l’intégrité territoriale du pays? que nul ne saurait nier, pas même le PM CHOGUEL. Formellement, aucune  révision constitutionnelle  n’est  possible dans le contexte institutionnel actuel de la Charte de la Transition.” Fin de citation.

  1. PRIORITÉ ACCORDÉE AUX RÉGIONS DU NORD DANS L’ACCORD

Préambule

Paragraphe 7 :   la nécessité d’une gouvernance conforme aux spécificités géo historiques et socio-culturelles de régions du Nord, dont l’histoire a été marquée d’épreuves ayant profondément affecté les conditions de vie des populations.

Article 4 : Les dispositions de portée nationale arrêtées dans le présent Accord seront mises en œuvre prioritairement dans les régions du    Nord du Mali, sans préjudice des mesures spécifiques convenues pour cette partie du pays.

Article 5 : tirets : 2-3-4-5-7

Article 6:  Les Parties conviennent  de mettre en place une architecture institutionnelle permettant aux populations du nord,   dans un esprit de pleine         citoyenneté participative, de gérer leurs propres affaires, sur la base du principe de libre administration et assurant une plus  grande représentation de ces          populations au sein des institutions nationales.

Au niveau local : 2e tiret ; Au niveau national : 4e tiret :  Article 14 : l’État s’engage… Article 16 : 2-3 tirets ; Article 22 ; Article 26 ; Article 33, Article 34 ; Article 35 ; Article 36 ; Chapitre 13 : Mobilisation en faveur d’un développement des régions du Nord ; Articles 38 ; Article 45 ; Article 60 :  i : la présence……….

AUTONOMIE, FÉDÉRALISME, INDÉPENDANCE

➢        Autonomie : droit de se gouverner par ses propres lois : Article 6 : 3-4 tiret (au niveau local) ; Article 8 : de a) à i) ; Article 27 : police territoriale ;Article 28. La question d’architecture institutionnelle

➢        Fédéralisme : système politique d’un État fédéral, régissant les rapports entre le gouvernement central et les gouvernements locaux : Article 5 : 1-3-7 tiret ; Article 6 : 1er  tiret.

➢        Indépendance : situation d’une collectivité qui n’est pas soumise à une autre : Article 1 : c) prise en charge…

  1. La CMA CONTRE CEUX QUI S’OPPOSENT À L’ACCORD D’ALGER EN L’ÉTAT, comme le FRAA

Mohamed Maouloud Ould Ramadane, le porte-parole de la CMA traite les victimes de bourreaux en laissant entendre que « Tous ceux qui s’opposent à l’accord de paix sont des gens du mal et les plus grands ennemis du Mali ». Nous rappelons à la CMA, que c’est elle qui a posé des actes causant de nombreuses pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. C’est elle qui est en train d’entretenir l’instabilité et n’arrête pas de proférer des menaces.

  1. RELECTURE DE L’ACCORD.

Face à cet accord qui fait la part belle à quelques fils du pays, au détriment de la grande majorité du peuple malien, qu’il se trouve au nord, au sud, à l’est, à l’ouest ou à l’extérieur du Mali, le FRAA demande de mettre cet accord de partition du pays de côté et de renégocier un nouvel accord entre maliens. Ce nouvel accord intégrera les éléments de l’accord d’Alger bénéfiques pour TOUT le Mali.

Au-delà de l’aspect destructeur de cet accord pour le Mali, le FRAA milite pour sa renégociation parce que sa relecture est impossible, comme l’a déclaré le représentant de la délégation de la CMA elle-même. En effet, il a affirmé qu’aucune partie n’a été satisfaite de cet accord et que si l’on ramenait cet accord sur la table, il faudrait aller à une autre négociation. Si aucune partie n’a été satisfaite de cet accord, pourquoi l’imposer au risque de créer une situation pire qu’avant sa signature, comme l’on peut le constater jour après jour, depuis la signature de cet accord.

  1. GARANTIE DE LA PART DU GOUVERNEMENT ACTUEL DU MALI

La CMA affirme avoir obtenu des garanties de la part du gouvernement transitoire sur la priorité de la mise en œuvre intégrale de l’accord. Au sujet de ces garanties sur l’accord nous souhaitons attirer l’attention du peuple malien sur les déclarations du ministre de la réconciliation, de la paix, la cohésion nationale, chargé de l’application de l’accord, le colonel Ismael Wagué, qui n’a pas mâché ses mots pour affirmer que l’objectif final est de faire coïncider la fin de la transition avec la fin de la mise en œuvre de l’accord. J’insiste là-dessus : le colonel Ismael Wagué affirme que l’objectif final est que la fin de la transition coïncide avec la fin de la mise en œuvre de l’accord, sachant que les assises nationales organisées par le CNSP avaient adopté comme l’une de ses résolutions, la relecture de l’accord, tout comme le DNI. Le colonel Wagué, un démocrate patriote qui s’ignore.

Mohamed Maouloud Ould Ramadane, le porte-parole de la CMA a dit avec insistance qu’ils ne veulent que l’application intégrale de l’accord, affirmant que le premier ministre est obligé de se conformer à cela. Cela nous amène à nous poser quelques questions fondamentales :

Assiste-t-on de la part de Wagué et de la CMA, à une nouvelle violation de la constitution, qui, à travers son article 55, déclare que “Le Premier Ministre est le Chef du Gouvernement ; à ce titre, il dirige et coordonne l’action gouvernementale” ? Wagué a-t’il un statut particulier au sein du gouvernement qui le placerait au-dessus du premier ministre, voire du président de la transition ?

Choguel va t’il accepter la trahison séparatiste sous-tendue dans l’accord en ses dispositions relatives aux questions politiques et institutionnelles, ou va-t-il suivre la voix de la raison, qui est celle du peuple souverain du Mali qui ne veut pas de l’application intégrale de l’accord ?

Choguel sera-t-il au rendez-vous de l’honneur en respectant dans son plan d’action, sa position par rapport à l’accord ?

Le Colonel Wagué, en laissant entendre que l’exécution de l’accord dans les 8 mois qu’il reste à la transition est un impératif, court- il après le satisfecit et les éloges de la CMA et de Macron ? Nous n’arrêtons pas de nous demander ce que cache ce zèle qui dépasse l’entendement…

La CMA affirme également avoir reçu la ferme assurance de la part du président de la transition, le Colonel Assimi Goita, quand à l’application intégrale et accélérée de l’accord.

Face à un tournant décisif de l’histoire du Mali, le premier ministre choisira t’il le peuple ou les ennemis du peuple? Nous n’avons pas oublié nos martyrs bambaras, arabes, songhoys, touaregs, soninkés et d’autres ethnies de notre grande nation, tous égorgés en janvier 2012 à Aguelhoc, par les ennemis du Mali, qui, aujourd’hui se font passer pour des ambassadeurs d’une paix, qui n’aurait pas disparu s’ils n’avaient pas été des mercenaires à la solde du mal.

Le comité de Pilotage

P/O le Coordinateur

   Ibrahima KEBE

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