Législatives 2020 en sentence : La lecture de la cour, un déni du droit ?

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Les législatives au Mali ont pris fin. Après leur éclatante victoire au 1er tour, certaines circonscriptions électorales sont aujourd’hui engluées dans le chaudron de la contestation, émaillée de violences. Et pour cause, le comportement combien maladroit de notre Cour Constitutionnelle qui s’est invitée dans le déni du droit.

Elle a rendu son verdict, mais quel verdict ? Sikasso, Kati, Bougouni, commune I, commune V et commune VI, sont flouées dans leurs choix, dépossédées de leur victoire. Honte et ignominie. Ces circonscriptions sont sacrifiées sur l’autel de la Cour Constitutionnelle.

Décidément, la Cour Constitutionnelle du Mali, même si elle n’a pas de conscience, elle a au moins une mémoire. Pour rappel, son analogue, celle de la Côte d’Ivoire, en 2010, a fait brûler ce pays pendant près de trois mois avec des milliers de morts à la clé. Les élections présidentielles entre Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA, se sont soldées par la victoire du dernier cité. Une victoire proclamée par Youssouf BAKAYOKO président de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Une victoire certifiée par CHOI, l’envoyé spécial de l’ONU, pour superviser lesdites élections.

Mais quelle ne fut la surprise des ivoiriens, Yao Paul N’DRI, homme lige de GBAGBO, président du Conseil Constitutionnel, s’empare du dossier. En coupe réglée, ilcisaille dans les résultats, et déclare GBAGBO vainqueur. Stupeur et stupéfaction. Heureusement, le ridicule ne tue pas. Cela a donné ce que nous n’avons pas encore oublié. Une crise sans précédent avec son cortège de morts (3000, chiffre officiel).

Sinon, que de maliens, pardon de morts, sont restés ensevelis dans l’inconnu, sans être chiffrés par l’Etat ivoirien. Cette crise tristement célèbre s’est produite à nos portes et nous l’avons encore en mémoire.

Bref remontons encore dans les arcanes de la nébuleuse histoire des élections.

Au Sénégal, en son temps, les joutes présidentielles entre DIOUF président sortant et WADE, s’étaient déroulées dans une atmosphère électrique. WADE était donné vainqueur, le tout Sénégal en était sûr.

DIOUF se cambre et tente de mettre à ses ordres la Cour Constitutionnelle, pour proclamer sa victoire. C’était sans compter avec la pugnacité de son président d’alors KEBBA MBAYE. Celui-ci refuse et choisit la démission que l’opprobre. Son vice-président, Babacar SEYE s’empare du dossier et annonce la victoire de DIOUF. Parjure. Le lendemain, on le trouve mort, assassiné devant son domicile.

Nous ne plaidons pas un tel sort pour MANASSA, mais, peut-on cautionner ce renversement honteux des résultats des législatives ? du coup, par ces motifs, cette grande institution ne se trouve-t-elle pas galvaudé dans son esprit de garde-fou de l’état malien, au plan du droit ? Qui de nous maliens, pouvoir présidentiel et opposition, ne vit pas aujourd’hui dans la chienlit provoquée par ces 9 serviteurs du droit, assermentés de surcroit.

Pneus brûlés par ci, routes coupées par-là, circulation urbaine et sur les grands tronçons devenue quasiment impossible. Kati, Sikasso, Bougouni, communes I, V et VI sont tombées sous le couperet injuste de la sentence suprême de la Cour Constitutionnelle.

Là où le bât blesse, c’est le cas de Sikasso. Au 1er tour comme au 2eme, la puissante coalition RPM, URD, CODEM, a été écrasée, écrabouillée par l’alliance ADEMA ADP MALI BA et ASMA. Qui l’aurait cru ? Mais hélas ! Est arrivé un troisième larron. Manassa Dagnoko et ses comparses.

Aujourd’hui, à l’instar de Kati, Bougouni et autres, le tout Sikasso, ou presque, est vent debout pour le rétablissement de la vérité des urnes. Qui dit mieux !

Ne peut-on pas faire attention ? Chaque fois que Manassa, au grand dam des maliens, s’est incrustée dans les affaires de l’Etat, l’histoire du Mali a toujours bégayé. Pour preuve, le cas avec sa radiation du barreau, au temps de Moussa TRAORE.

Un autre cas, et non des moindres, le légendaire procès du Général Président. On l’a vue écumant de rage et du venin mortel de la vengeance, occuper le banc du ministère public et décidée à casser du Moussa. Ici, encore une fois, dans le clair-obscur des législatives de 2020, la voici, au crépuscule de sa carrière professionnelle, tenant mal le bâton de la vieillesse, plonger le pays dans la turbulence d’une crise postélectorale.

Aujourd’hui, Kati bouge, Sikasso se mobilise, Bougouni, les communes I, V et VI ne veulent pas rester en marge. Tous et toutes se rebellent contre le verdict de la cour.

De ce qui précède, Manassa est- elle à prendre comme un modèle semencier du droit ?

N’est-il pas temps qu’on ouvre les yeux ? Dame Afrique a trop souffert de la grave parturition de sa démocratie. Les grandes institutions doivent être dotées d’hommes forts. Le cas de Kebba MBAYE devait faire jurisprudence.

Dans notre pays, est –il besoin de créer d’autres remous sociaux ? Non. La rébellion au nord, pardon au centre, pardon au …… et le Covid 19 suffisent pour le peuple malien qui n’a que trop subit depuis le deuxième mandat de «  Boua ba bla «  Boua ta bla ». Dans ce méli-mélo, le Mali commence à douter de son destin devant l’Eternel. A quand le bout du tunnel ?

Wait and see

      Daba Togola ( Eseir TEN)

 

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