Lettre ouverte à l’UNTM : Le temps de l’indifférence est fini !

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Camarades,

Beaucoup de maliens sans voix sont surpris et  étonnés par le silence de la grande centrale syndicale de l’union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). C’est pourquoi, je me suis permis, en leur nom et au mien propre,  de venir solliciter à travers  ce message ouvert, votre adhésion à la lutte entamée contre les pratiques  désastreuses de M Ibrahim Boubacar et son régime pour mauvaise gouvernance démocratique menée à travers la gestion patriarcale, oligarchique et ploutocratique  de la République du Mali. Par cet exercice surprenant du pouvoir, la patrie s’est retrouvée dans les mains d’une centaine de personnes et leurs prolongements,  ignorant  du coup toutes les ressources humaines de qualité qui pouvaient accompagner  le président pour traverser cette période douloureuse de l’histoire de la république du Mali. Cette manière de conduire les affaires nationales a   contribué  ainsi à la détérioration généralisée de tous les secteurs de la vie du pays.

Travailleurs et travailleuses affiliés à notre grande centrale nationale UNTM, syndiqués autonomes,

Camarades,

Jean Jaurès n’a-t-il pas dit:

« Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense ».

Dignes Héritiers et successeurs  de Karambé et autres,  syndiqués autonomes,

Camarades,

Combattants de  toutes les luttes socioéconomiques au Mali  et  de celles d’émancipation de son peuple, de l’avènement de l’indépendance , puis de la démocratie jusqu’à aujourd’hui, l’heure est à l’union sacrée autour du Mouvement du 5 juin, le Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP)  pour demander pacifiquement le départ de M. Ibrahim Boubacar Kéita et son régime  afin  d’entamer la refondation du pays. Le temps de l’indifférence  est passé.

Camarades  membres de l’UNTM et de syndicats autonomes,

La patrie est en danger et il faut la sauver.

Beaucoup de personnes limitent leur analyse aux simples questions de contentieux électoral. Ce fût certes la goutte d’eau qui a fait déborder le vase; mais le mal était là, assez profond  avec des conséquences  sérieuses sur l’existence même du Mali. C’est pourquoi, je vous invite humblement à  laisser de côté les querelles de personnes, d’obédience, d’enterrer la hache de guerre et de considérer plus, les causes pour lesquelles  la lutte est menée. Actuellement,  il est question  du salut de la nation malienne.

Camarades,

Qui peut dire que les motivations profondes pour la désobéissance civile  déclenchée ne sont pas fondées ?

Pouvez-vous dire, en toute objectivité que les promesses faites aux Maliens  en 2013 sont à la veille d’être tenues ou au contraire la  situation générale du pays  s’est empirée ?

La réponse est claire pour tous les observateurs intéressés et l’ensemble de la population malienne dont vous êtes partie intégrante.

Depuis l’arrivée de ce régime au pouvoir :

– la paix  s’est éloignée un peu plus, chaque jour que Dieu a fait,

– l’instabilité  et l’insécurité se sont installées, puis se sont étalées sur le territoire national, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest,

– l’autorité de l’état n’est pas affirmée sur les 2/3 du territoire national,

– la protection des personnes et de leurs biens  est rarement assurée  partout,

– la corruption endémique et les malversations financières se sont multipliées,

– l’honneur et la dignité des maliennes et des maliens sont bafouées,

– l’école publique, celle fréquentée par les enfants de la majorité de la population, ne  bénéficie d’aucune attention particulière,

‐ les enfants de pauvres ne peuvent plus accéder aux différents concours de recrutement professionnel quelle  que soit leur qualité intrinsèque, faute de moyens,

– la jeunesse, force de production de la nation, est abandonnée sans perspectives d’emplois,

– les services de santé  et la déserte en Eau et Énergie se  sont détériorés,

– les équipements et fournitures de l’armée ne sont pas encore à hauteur de souhaits pour  que les FAMA  accomplissent leur mission régalienne malgré des budgets de circonstances,

– Aucune stratégie fonctionnelle, voire opérationnelle pour  le renforcement du climat de confiance entre l’état et les mouvements de la  rébellion du Nord et du Centre du pays, pour un mieux vivre ensemble n’est  perceptible par la population,

– la gouvernance des institutions est confiée aux proches de la famille du  président (bureau de l’assemblée nationale, haute cours de la justice, primature) etc sans aucune expérience avérée et la moralité requise,

– le dernier  Premier Ministre n’a pas encore été à mesure de  présenter une Déclaration de Politique Générale depuis  un an qu’il est en poste,

– le président Ibrahim Boubacar Kéita  n’arrive ni à faire  adhérer la population à sa vision, ni à se faire accompagner de ressources humaines  appropriées  pour sortir le pays du gouffre avec  un résultat perceptible,

Que dire des derniers évènements durant lesquels une branche des services de sécurité (FORSAT) s’est permis de tirer à balles réelles sur les citoyennes et citoyens qui ont manifesté mains nues, acte qui est condamné  internationalement, inacceptable et puni sur le plan national par la loi.

Aux  familles éplorées, je renouvelle  mes sincères condoléances pour les  personnes décédées et  je souhaite un  prompt rétablissement aux blessés.

Voilà le résumé  de  quelques faits marquants, vérifiables, qui peuvent justifier l’engagement de tous les patriotes  dans la dernière phase de la lutte pour la démission pacifique de M. Ibrahim Boubacar Kéita de la présidence de la République du Mali.

Travailleurs  affiliés à l’UNTM et syndiqués autonomes,

Camarades,

J’en appelle à votre sens du devoir et à votre fibre patriotique.  C’est le moment de prendre le train de l’histoire, le train pour un renouveau socio-économique, le train pour une nouvelle gouvernance démocratique au Mali. Ne restez plus en marge du combat pour le salut de la République du Mali.

Ensemble, avec les représentants de toutes les sensibilités, de l’intérieur et la diaspora, l’audit de la nation sera organisé et  les bases de la refondation de notre cher pays seront lancées.

Rejoignez le M5-RFP pour que nous  terminons rapidement cette phase de la  lutte. Notre bien commun est le Mali: « Tout pour la patrie, le Mali notre patrie»

Vive les travailleurs, solidaires avec le peuple, pour un but, avec une fois ébranlable à la refondation du Mali pour   un avenir  radieux de la nation.

TOUS ENSEMBLE JUSQU’À  LA VICTOIRE !

Pour le Mali d’aujourd’hui,

Pour le Mali de demain,

Pour une Afrique démocratique, unie   dans la paix,  développée et prospère.

Cordialement :

Pr (ElHadj) Adama Diambourou Diarra

Professeur agrégé Génie Électrique/ Polytechnique Mtl 1990

Président fondateur de AMCADDIA Dambé Ka Ségui Sô

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2 COMMENTAIRES

  1. Vous ne pouvez pas parler au nom de nous tous!
    Les responsables de l’UNTM sont là pour ça!
    Et n’oubliez pas que tout le monde est d’accord avec les revendications. Mais ce sont les manières de résoudre qui diffèrent. Donc que le dialogue prévale. Cela vaut mieux pour tout le monde.

  2. Très belle réflexion. Oui en effet l’UNTM même sans faire de parti pris peut servir pour un dénouement heureux et pour une gouvernance améliorée. L’heure est suffisamment grave pour qu’un ensemble regroupant la crème des forces vives de la nation se démarque par un silence assourdissant.

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