Le nécessaire renouvellement de la classe politique : Signer un nouveau contrat social pour balayer tous les prédateurs

0

Après la mort du premier président malien, Modibo Kéita, le Mali va très mal. A partir de cette date, le monde entier s’est mis à parler du Mali comme d’un être fragile, atteint au cœur d’une maladie incurable. Les indicateurs macroéconomiques sont devenus instables ainsi que la situation politique. Le pays qualifié d’oasis dans un univers de désert est devenu le terreau des incertitudes et des rebondissements.

Les raisons de cette débâcle sont nombreuses mais, il est possible d’attribuer aux hommes politiques une grande part de responsabilité dans la misère des Maliens depuis des décennies. Il n’est pas faux de dire que la démocratie est devenue le cheval de Troie de la colonisation nouvelle en Afrique mais ce sont les hommes politiques africains qui détruisent le plus le rêve des populations.

Pendant ce temps, les Maliens sont parcourus par de puissants courants idéologiques qui leur font espérer leur propre. Notre ambition dans la présente contribution n’est pas de faire le procès des hommes politiques ni de les juger, car nous n’avons pas l’étoffe de porter un tel jugement. Notre objet est simplement de rappeler aux maliens qu’ils ne doivent pas céder le “titre de propriété” du Mali aux politiciens.

Il s’agit de montrer comment les hommes politiques sont assoiffés de pouvoir dans notre pays. Cette addiction au pouvoir conduit parfois cette classe politique à se partager les richesses du pays au détriment des populations. Face à cette imposture, les Maliens doivent refuser la tyrannie pour proposer un nouveau contrat social. Depuis la mort du président MK, le Mali, notre pays, n’est plus cette “terre de rêve” qui faisait pâlir d’envie le monde entier. Deux événements majeurs sont passés par là : il s’agit du coup d’Etat de 1991, du coup d’État militaire de mars 2012.

Depuis 2012, le Mali s’est englué dans une crise militaro-politique, détruisant au passage son économie et sa cohésion sociale. Les hommes politiques maliens sont assoiffés de pouvoir et le font savoir publiquement. A propos du coup d’État de 2012, certains ont parlé d’une “révolution des œillets ” et de “coup d’État salutaire “.

La joie de certains Maliens ne sera que de courte durée car les militaires vont exacerber les tensions sociales. On a vu la plupart des intellectuels maliens des panafricanistes de salon se ranger sans trop barguigner derrière des positions partisanes, quitte à trahir la fonction première qui leur est dévolue et qui est censée faire d’eux des vigies, voire des éveilleurs de conscience.

Avec ATT, le rêve était permis au regard de la noblesse de ses idées mais finalement on a assisté à un “safari de corruption ” et les jeunes sont devenus simplement des CHOMEURS. La corruption, le népotisme, le favoritisme, l’impunité, la tricherie, l’enrichissement rapide et illicite, étaient devenus la règle au Mali.

Au Mali, les politiciens se bagarrent pour le pouvoir central. Parfois certains utilisent des voies obliques pour y arriver. Ceux qui ne peuvent pas arriver au pouvoir par les urnes ou par la force utilisent des ruses pour gouverner avec ceux qui sont au pouvoir. A la vérité, cela ressemble fort bien à un partage des richesses du pays par des supposés illuminés. Il est capital de souligner cela à l’époque trouble qui est la nôtre caractérisée par une attention centrale portée aux allégations mensongères. Les hommes politiques roulent pour eux-mêmes tout en nous invitant à les suivre comme si leurs certitudes étaient une sécurité pour nous.

Les maliens doivent refuser la tyrannie des politiciens et proposer un nouveau contrat social.

Pour sa gloire personnelle, la classe politique a tourné le dos aux préoccupations des populations, optant pour le partage du pouvoir et des richesses du pays. Les Maliens sont fatigués de cette classe politique qui ne pense qu’à elle seule. Pour rétablir l’équilibre politico-social entre les Maliens et la classe politique, un changement notable doit être opéré.

Cela passera nécessairement par le renouvellement de la classe politique dans notre pays. Pour résoudre cette équation à plusieurs inconnues.

Ibrahim Samaké

Prof à l’université

 

Commentaires via Facebook :