Peuple du Mali : voici venu le temps de la vérité

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La lutte du 26 Mars 1991 aurait été vaine parce que 29 ans après, sa finalité ultime semble être totalement obscurcie au gré de pratiques politiques relevant d’un autre âge.

Le Mali se retrouve une nouvelle fois face à l’histoire, mais également face à son destin ultime. Cette fois-ci il faudrait bien réfléchir, parce que nous ne pouvons-nous permettre éternellement de recommencer à zéro notre processus de construction et prétendre atteindre le même niveau de développement que les autres nations.

Il est indéniable d’admettre que la classe politique malienne de 1992 à 2020 a totalement failli. Elle a été incapable s’assumer les responsabilités qui lui ont été confiées ou conférées par le peuple malien, pire elle a contribué à pervertir la société.

L’exception dans l’histoire de la gouvernance du Mali de 1992 à 2020 est de trouverce qui a été fait de bien. Les mots, mauvaise gouvernance, la corruption, le népotisme, le clientélisme, l’incompétence… font la chanson de tous les jours depuis 28 ans.

La vérité dans toute cette histoire, ce que le peuple ne se serait pas assumer depuis le renversement de Moussa Traoré et son régime en Mars 1991.

La preuve, citez-moi une élection vraiment crédible depuis l’avènement de la démocratie ?

Nous nous sommes toujours empressés de prendre des miettes des politiciens lors des élections, qui se trouvent d’ailleurs être la cotisation volée de ces pauvres cultivateurs, pêcheurs, marchants, éleveurs, charpentiers…pour racheter la conscience de ces mêmes pauvres contribuables.

La vérité, peuple du Mali, c’est que nous avons tous dans notre ignorance, à tort ou à raison, contribuer à amener le Mali là où elle est aujourd’hui. Nous n’avons pas écouté ceux qui nous proposaient le travail acharné pour se libérer, mais plutôt ceux qui nous ont offerts des miettes (des jetons et quelques vivres) et nous ont fait de belles promesses qu’ils n’ont pas tenus.

Prenons le temps de nous regarder dans un miroir, et acceptons notre vrai visage, et puis décidons de changer si c’est cela que nous voulons, mais cette fois-ci de vrai changement.

Le 05 Juin 2020 a frémi les institutions du Mali de façon inattendue, et le 19 Juin 2020 nous inquiète. Mais avant cela permettez-moi de vous faire part de mes inquiétudes et opinions.

  1. La souffrance des maliens est une réalité

Qui aurait cru que cette nation, qui était une des plus florissantes dans l’histoire, qui a même déstabilisée des économies dont l’Egypte lors du pèlerinage à la Mecque de Kankou Moussa serait dans la misère aujourd’hui ?

Voilà une réalité frustrante. Nous vivons affaiblis dans la pauvreté, l’insécurité, l’indigence, au milieu des prédateurs véreux qui n’ont aucune pitié envers leur peuple. Voilà une perte énorme. Certes, les politiques ont leur part de responsabilité dans cette affaires, peut-être la plus importante, mais le peuple également y a cautionné par son manque de discernement dans le choix de ses dirigeants.

Soyons justes à l’égard de nous-mêmes, acceptons de vivre dans la vérité, réfléchissons et décidons ce qu’il y a de meilleurs pour nous ; parce qu’au final, le choix ultime nous revient, et à nous d’en faire ce que nous voulons.

  1. La démission du régime d’IBK est-elle la solution à nos problèmes ?

Peut-être que oui, mais je n’en sais rien. Certainement, que si IBK venait de démissionner avec son régime, il y aurait une période de transition. Mais qui sont ceux qui dirigeront cette transition ? Sont-ils plus crédibles qu’IBK et son régime ? Que prendrons-ils comme décisions pendant ce temps ? Où voudront-ils amener le Mali ?

Et, après tous ça, il y aura certainement de nouvelles élections. Quelle garantie avons-nous qu’elles seront crédibles et transparentes ? Celui qui remplacerait IBK serait-il mieux que ce dernier ?

En vérité, je ne suis pas du nombre des pessimistes. Mais je veux tout simplement faire comprendre au peuple malien que cette lutte que nous menons aujourd’hui doit être mûrement réfléchie, ses finalités clarifiées, ses contours éclairées. Il est certain qu’une personne frustrée est prompte à réagir. Mais nous ne pouvons pas nous engager dans une lutte qui nous ramènera à la case de départ. Je pense que l’intention des organisateurs de ces manifestations, voire révoltes populaires, est sincère et certainement noble. Mais clarifions d’abord la destination ensemble, et décidons de comment nous l’y atteindrons avant qu’une bonne intention ne se tourne au regret.

Youssouf Mallé, Financier

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1 commentaire

  1. Vraiment, monsieur Mallé l’analyse est pertinente, il faut que les maliens cherchent à connaître à qui ils confient leurs destins, nous nous considérons toujours comme victime en oubliant que nous sommes complice de ce qui nous arrive parce que nous refusons de voir, de connaître ce qui nous arrive.

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