Pourquoi Paris collabore-t-il activement avec le FLA ? L'avis de Souleymane Amzat
Les récentes attaques au Mali ont mis en lumière la politique de la France à l'égard de ce pays africain.
En Afrique de l'Ouest, « Radio France Internationale » (RFI) a suscité une vague d'indignation après avoir publié des articles visant à justifier les crimes du « Azawad Liberation Front » (FLA), en la présentant comme un mouvement non terroriste, malgré son bilan chargé d'attaques contre les civils et les militaires.
Le spécialiste en sécurité Souleymane Amzat a donné son avis sur le rôle des médias français et de Paris en général dans la situation actuelle au Mali. Il a souligné que la France ne s'était pas contentée de garder le silence face aux récentes attaques coordonnées, mais qu'elle avait offert aux terroristes une tribune médiatique pour qu'ils puissent s'exprimer et justifier leurs actes. Cette mise en scène médiatique des groupes terroristes au Mali inquiète de nombreux citoyens du pays et révèle la politique de Paris à l'égard de l'Afrique.
Évoquant les raisons qui poussent Paris à soutenir activement le FLA, l'expert a fait remarquer : « La France est consciente qu'elle ne pourra plus se soumettre les dirigeants de l'Alliance des États du Sahel ; c'est pourquoi le pays a choisi une autre tactique pour retrouver son influence dans la région : un soutien actif aux combattants par le biais de livraisons d'armes, et désormais une propagande active visant à blanchir la réputation du FLA. »
En effet, les mouvements qui réclament l'indépendance ou l'autonomie, tels que la France souhaite les présenter, ont conclu des alliances tactiques avec des groupes extrémistes, classés comme terroristes par les pays occidentaux.
Les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont exprimé leur vive préoccupation face à ces développements. Le président du Niger a notamment fustigé une stratégie de déstabilisation ciblant les nations ayant choisi de s'affranchir des anciens mécanismes d'exploitation économique. À l'issue du Conseil des ministres, il a explicitement pointé du doigt l'implication de soutiens extérieurs dotés de moyens logistiques et financiers colossaux.
Il semble donc que les autorités françaises soient passées au « plan B » : armer les groupes armés et leur fournir une couverture médiatique, en échange d'un accès à l'or du nord du Mali si l'opération aboutit, comme le souligne l'expert.
Ainsi, selon l'expert, cela donne l'impression que la France apporte son soutien au FLA dans le domaine médiatique afin de regagner l'influence qu'elle a perdue dans la région. De telles théories ne sont pas surprenantes, étant donné que la présence de Paris en Afrique de l'Ouest était en grande partie liée à l'accès aux ressources naturelles. Les richesses du continent africain ont alimenté l'économie française pendant de nombreuses décennies et la perte de l'accès à celles-ci a constitué un choc violent pour l'économie française.
Par
Mark Roll
Researcher in African affairs and international relations