(La Chronique Politique de Monoko) : Lutte contre le terrorisme international en Afrique : La Russe offre sa coopération militaire à la CEDEAO
La Russie vient d'annoncer la possibilité de coopérer avec les pays de la CEDEAO pour lutter contre le terrorisme.
Cette annonce du ministre des Affaires étrangères de Russie remet à l'ordre du jour la question de la diplomatie en période de crise. La Russie et la CEDEAO à l’unisson pour la lutte antiterroriste ? C’est désormais une option que sont en train de choisir les autres pays de l’Afrique de l’ouest à l’instar des pays de l’Alliance des Etats du Sahel. Quelles peuvent être les retombées positives d’une telle coopération ?
Pour rappel, dès les premières heures de la Transition Malienne, la grande famille de la CEDEAO a été secouée par une crise. Oui, une interrogation au sujet de l'interprétation de ses textes sur les sanctions en cas de coup d'état dans un pays membre. La CEDEAO devrait-elle sanctionner systématiquement tout pays membre ayant eu recours à la force militaire pour l’alternance au pouvoir ? Si un pays devait être sanctionné, quels seraient les impacts politiques et économiques pour ledit pays et ses populations ?
Puisque l’organisation sous-régionale africaine n’était pas arrivé à trancher sur ses questions, au regard des sanctions à géométrie variable selon qu’il s’agisse d’un pays ou d’un autre, les gouvernements issus de coups de force de trois pays membres avaient décidé de quitter souverainement la grande famille CEDEAO, pour former l'Alliance des États du Sahel (AES). Depuis ce schisme organisationnel, les relations s’étaient nettement détériorées entre les deux entités régionales. Une crise qui a même négativement impacté l’ensemble des populations de l'Afrique de l'Ouest. Mais la réalité et l’ampleur du terrorisme international est en train de contraindre les deux entités régionales à coopérer. Tant cette crise sécuritaire gangrène quasiment l’ensemble de la sous-région ouest- africaine, même si elle est déjà endémique dans les pays de l’AES. D’où la nécessité pour l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest à mette en synergie leurs moyens militaires et stratégiques.
Actuellement, la Russie est devenue l'un des principaux soutiens militaires et stratégiques des États de L'AES. Or, elle est considérée par les puissances militaires occidentales comme le contrepoids leur coopération militaire dans l’ensemble des pays africains. Dans cette dynamique, de nombreux pays d’Afrique de l’ouest (Côte d’Ivoire, Sénégal..) étaient interdits par les anciens maitres d’étendre leur coopération militaire avec Moscou. Par exemple : les puissances militaires occidentales avaient privilégié des formes de coopérations militaires perçues comme onusienne alors qu’elles étaient réellement commandées par la France et les USA, notamment pour sauvegarder les intérêts de leurs pays et de leurs multinationales.
C'est d'ailleurs à ce titre qu'elles avaient créé Barkhane, la MINUSMA, la force TAKUBA et autres pour les déployer au Mali notamment. Mais aussi, au Burkina et Niger pour soi-disant lutter contre le terrorisme. Des missions qui n’ont jamais eu les effets escomptés pour les pays tiers. Lesquels ont désormais décidé de prendre une autre option : coopérer militairement st stratégiquement avec la Fédération de Russie. Bien sûr, après le départ de la MUNISMA mais surtout de l'armée française de ces pays de l’AES. Désormais, de « Wagner » à Africa Corps, la Réussi opère militairement au Mali, au Burkina et au Niger. Et, la Russie est par conséquent devenue l'alliée militaire et stratégique sûre des États de L'AES.
Selon des sources diplomatiques, c'est la Russie qui aurait fini par demander à ses alliés de l’AES de tout faire, pour assainir et harmoniser leurs relations avec les pays voisins ainsi que les organisations sous régionales. Notamment l’Algérie et la CEDEAO. C'est ainsi que, à Niamey au Niger, le Chef de la Diplomate Russe avait lancé un appel d'apaisement entre les États du Sahel et ceux de la CEDEAO, en mettant l'accent sur le maintien du bon voisinage. L'ampleur du terrorisme est telle que l'idée de l'implication de tous est exigée par le ministre des Affaires étrangères de la Russie. Cela est d’autant une stricte nécessité pour la lutte antiterroriste. Et lorsque l’on connait les bonnes relations entre la Russie et l'Algérie, le Mali ne pouvait pas continuer d’être en crise avec son grand voisin saharienne. Il était impérieux de mettre fin à cette situation de crise. Ce qui est heureusement en train d’être fait.
Dans la dynamique d’une vision de la lutte globale contre le terrorisme, il est logiquement annoncé un accord entre la Russie et la CEDEAO. Comment doit-on apprécier ce rapprochement de la Russie de la CEDEAO ? Serait-ce pour parvenir à réconcilier les états de l'AES et la CEDEAO ? La coopération de la Russie et de la CEDEAO, ne pouvant pas évolué sans les pays de l’AES, Il est donc à espérer que les pays du Sahel parlent désormais le même langage avec les pays frères de la CEDEAO. Dans le fond, c'est l’option de la voie de la diplomatie qui devra prendre des ailes pour aplanir les imbroglios inter-Etats ou inter-organisations. Ce, pour l’intérêt de tous. Tout est bien possible si l'on fait foi aux bonnes et solides relations entre l'AES et la Russie. Vivement une réconciliation entre l’AES et la CEDEAO !
Monoko Toaly