Désenclavement : Kolondiéba voit venir le goudron

La route 2×1 voies en béton bitumé de 5 cm de Zantiébougou-Kolondiéba-San Pedro (Frontière Côte d’Ivoire) d’une longueur de 140 km, est un maillon marquant du corridor Bamako-Bougouni-Zantiébougou-Kolondiéba-Boundiali-Kani-San Pedro long de 1046 km...

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La route 2×1 voies en béton bitumé de 5 cm de Zantiébougou-Kolondiéba-San Pedro (Frontière Côte d’Ivoire) d’une longueur de 140 km, est un maillon marquant du corridor Bamako-Bougouni-Zantiébougou-Kolondiéba-Boundiali-Kani-San Pedro long de 1046 km, permettra de rapprocher Bamako du port de San Pedro de 200 km par rapport au port d’Abidjan par le corridor Bamako-Zégoua-Abidjan long de 1225 km.

 Les travaux ont été lancés par le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Kéita le dimanche 13 novembre 2016 dans le cercle de Kolondiéba pour 24 mois en présence de nombreuses personnalités.

Dans son projet présidentiel “Le Mali d’Abord”, le candidat Ibrahim Boubacar Kéita avait mis un accent particulier sur le renforcement et le développement des infrastructures de transports. Il vient du reste de tenir sa promesse avec ce projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako-Zantiebougou-San Pedro.

Ce projet multinational, s’associe également au développement institutionnel des corridors, l’harmonisation des réglementations du marché des transports routiers et l’intégration de la chaîne logistique des opérations portuaires et ferroviaires. Ce nouveau corridor dont la fin des travaux est prévu dans 24 mois facilitera le développement socio-économique, les échanges commerciaux, l’accès facile aux centres de soins, centres médicaux pour les populations bénéficiaires. Le coût total du projet est estimé à 70 milliards de F CFA, financé par la Bad, l’UE, l’Uémoa et le budget national.

Le président de la République a pris l’engagement de faire tout son possible pour rendre heureuses les populations de la localité de Kolondiéba qui ont tant souffert de l’enclavement. A travers ce projet, il a pris l’engagement de satisfaire l’emploi des jeunes et des femmes des localités traversées.

Le METD, Mme Traoré Seynabou Diop, a souligné les impacts immédiats du projet. Il s’agit, entre autres, de la réduction du temps de parcours (les usagers de cette route font 6 heures pour parcourir 140 km, soit le même temps pour faire le tronçon Bamako-Sévaré), la création de milliers d’emplois pendant la phase des travaux, la réalisation de 100 km de pistes rurales connectées à la route, la construction de 2 centres multifonctionnels pour les associations de femmes, la construction d’un poste de contrôle, l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers du Mali et de la Côte d’Ivoire.

Et d’ajouter qu’au terme des travaux, le cauchemar vécu pendant des années durant par les populations des cercles de Kolondiéba et de Bougouni ne seront que des mauvais souvenirs notamment la faible fréquentation des centres de santé et des écoles ainsi que le faible taux de scolarisation des filles et la pauvreté. L’écoulement des produits agricoles et d’élevage, des produits de cueillette notamment le karité deviendront aussi plus aisés, a indiqué le METD.

Mme Traoré Seynabou Diop a salué les partenaires techniques et financiers en particulier la BAD, l’UE et l’Uémoa. Elle a invité les entreprises EGK-ETP, la mission de contrôle et la direction nationales des routes au respect strict des délais contractuels fixés à 24 mois.

Les composantes du projet

Le projet comprend 2 lots. Le lot n°1 concerne la localité de Zantiébougou-Bessina sur une distance de 75 km et le lot n°2 s’étend de Bessina-Frontière Côte d’Ivoire. Les travaux seront exécutés par l’entreprise ETEP/EGK pour un montant environs 37 milliards de F CFA.

En plus des travaux de la route, il est prévu un plan de gestion environnementale et sociale (PGES), la sensibilisation des populations à la sécurité routière, au VIH/Sida et d’autres pandémies. S’y ajoutent les aménagements connexes : 5 km de voirie urbaine à Kolondiéba, installation de cinq systèmes d’éclairage solaire public dans cinq localités, l’ouverture de 100 km de pistes rurales, la fourniture d’une ambulance et de cinq véhicules tricycles pour le transport des malades.

La réhabilitation et l’équipement d’un centre de santé et la clôture de deux centres de santé, la construction de deux gares routières, l’aménagement de deux marchés locaux avec garderies d’enfants, ainsi que la réalisation de 10 forages, la construction de murs de clôture d’écoles et d’un marché à bétail transfrontalier font également partie des aménagements connexes.

Le début des travaux est prévu pour janvier 2017.

Ousmane Daou

 

Ils ont dit

Amadou Sidibé, forain

“Nous saluons les autorités pour cette initiative. Nous sommes très soulagés et quand les travaux de la route prendront fin, le président de la République nous aura enlevé une épine au pied. A l’époque pour se rendre de Bamako à la frontière ivoirienne via Kolondiéba, il fallait compter 3 jours de calvaire. Le dimanche, le marché de Kébila, est bondé de marchands de nationalité ivoirienne qui participent à la foire hebdomadaire comme pour dire que cette route est d’un grand intérêt national et international. Il faut noter que par faute de route digne, presque toutes les compagnies de transport ont abandonné la localité de Kolondiéba”.

 

Dr. Oumar Mariko, député élu à Kolondiéba

“La population ne croira à ce projet jusqu’au début des travaux, puisqu’elle a été longtemps bernée par plusieurs régimes. Alpha Oumar Konaré a fait dix ans et avait promis de faire la route de Kolondiéba, rien après. ATT avait également tenu le même langage, mais n’a pu rien faire que deux ponts et au moment où il s’apprêtait à lancer les travaux est intervenu, le coup d’état 2012. Le président IBK est venu a pris le projet en main, nous nous sommes battus et le projet a été confié à Mamadou Hachim Koumaré, l’ex-ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement qui s’est engagé à réaliser ce projet. C’est le lieu de le remercier. Plusieurs autorités et politiques s’opposaient à ce projet, où certains disaient de ne pas réaliser cette route sous ma mandature. Plus tard, un projet de décret a été pris pour sa réalisation. L’ex-ministre Mamadou Hachim Koumaré est parti présenter le projet avec brio à la Bad en Côte d’Ivoire, qui en a pris une bonne partie, soit environ 58,4 milliards de F CFA du financement de la route et l’institution a promis de verser 20 milliards de F CFA pour les projets de développements dans la localité où cette route passe. La population attend incessamment ce financement pour développer plusieurs activités génératrices de revenu pour l’emploi des jeunes et des femmes. Convaincu du projet, l’UE qui s’était réservée un moment, s’est intéressée finalement à ce projet porteur en prenant également une bonne partie du financement de l’Etat malien environ 10 milliards. Il faut noter que cette route est une route fédératrice et économique où transitait le cola de la Côte d’Ivoire vers notre pays. Par la faute du désenclavement, toutes ses activités tournent au ralenti. Il faut reconnaître que depuis l’indépendance, beaucoup de leaders politiques, au même titre que moi, se sont battus pour cette route. C’est le lieu de leur rendre hommage et remercier le président d’avoir pris l’engagement de la réalisation de cette route d’espoir pour Kolondiéba et environs”.

O.D.

 

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2 COMMENTAIRES

  1. La route est un moyen incontournable de développement en tout lieu et en toute circonstance. Merci au Président IBK d’avoir tenu parole en soulageant les paisibles populations de Kolondièba des affres de la vie quotidienne et aussi de l’écartement géographique quoique la ville fut stratégiquement économique.

  2. Excellent projet d’intégration entre la Côte d’Ivoire et le Mali !!
    Les autorités de nos 2 pays devraient maintenant rechercher les financements de deux (02) autres projets intégrateurs que sont :
    sont :
    – le bitumage de la route Odienné Bougouni ;
    – le bitumage de la route Tengrela-Sikasso (via Papara et Fourou).
    Afin que les villes maliennes de Bougouni et Sikasso soient reliées, par des voies entièrement bitumées, au port de San-Pedro. Merci !

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