Aide au développement communautaire à Mopti (suite et fin) : Les efforts louables de la Fondation Aga Khan

Dans le domaine du développement social, la Fondation Aga Khan  (AKF) enlève des épines des pieds des communautés rurales vivant dans les cercles de Mopti et de Djenné, à travers des réalisations herculéennes en matière de services sociaux de base.

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Le Programme développement coordonné de la région de Mopti (PDCRM) a organisé du 12 au 14 novembre 2015, une visite de ses activités. C’était sous la direction de M. Zana Koné, le Directeur du programme, en lieu et place de M. Ousmane Seye, DG de la Fondation Aga Khan-Afrique de l’Ouest, empêché. Il y avait entre autres, l’Administratrice générale de la Fondation Orange au Mali (FOMA), Mme Hawa Diallo et d’Ibrahim Diallo, le Chargé de communication du Réseau Aga Khan de développement et des différents managers de projets d’AKF

L’éveil d’esprit  de la population pour l’autogestion

La Fondation Aga Khan appuie le développement agricole, œuvrant à améliorer les systèmes de production maraichères, la conservation des sols, la diversification et la transformation des produits maraichers. En termes de renforcement de capacités, elle a créé des champs écoles paysans destinés à la démonstration de techniques agricoles, de tests variétaux et de multiplication de semences améliorés.

A Sofara comme à Mandiana, les producteurs ont vivement salué la Fondation pour leur avoir appris les techniques de multiplication des semences améliorées. Issa Sacko qui est un grand producteur semences à Madiama affirme : « Grâce à la Fondation Aga Khan, je cultive 8 hectares de semences par an». Ce qui a vraiment boosté la production dans la zone, à la grande satisfaction des paysans.

Dans la même lancée, le réseau aga Khan fournit  des efforts  pour soutenir la démocratie participative par le renforcement de la  participation des citoyens à la prise de décision sur les sujets les concernant. La preuve, dans la commune de Socoura, le vendredi 13 novembre, une restitution du budget 2014 à la société civile était en cours.

La société civile comme locomotive

Depuis 4 ans, beaucoup de communes rurales reçoivent l’appui d’AKF pour la conception de leur PDSEC. A la fin de l’exercice, une séance de restitution des activités réalisées est organisée par le Conseil communal à l’endroit de la communauté. La délégation a pris part à la réunion, à l’issue de laquelle le maire s’est prononcé. « Nous avons vu des dispensaires construits et équipés. Cela fait de nous, la première commune dans le cercle de Mopti grâce aux œuvres d’AKF. En termes de Gouvernance, nous sommes en train de faire la restitution de l’année 2014, notamment les réalisations faites durant l’année dont une part importante par la Fondation. «Nous avons en cette même année, bénéficié de quarante (40) ateliers de formation financés par AKF ayant consisté à former les chefs de villages, les conseils communaux et les associations. Sans conteste, la Fondation Aga Khan est donc notre premier partenaire », a témoigné  M. Zeyni Kane Diallo, le maire de Socoura.

Quatre jours de pérégrination sur les routes  serpentines et les digues escarpées du Falaka et de Djenné mises à mal par des pluies abondantes, et nous voici à la dernière escale : Bounguel. Dans cette localité, le respect du genre est une réalité palpable. Les hommes et les femmes travaillent dans une atmosphère démocratique où l’équité est la règle dans toutes initiatives. Ici, les terres de cultures ont été octroyées aux femmes pour la riziculture. Ce n’est pas tout, les hommes aident les femmes à faire les tâches les plus difficiles. C’est ainsi, à travers, l’organisation villageoise, ces braves dames ont réalisé de bonnes récoltes de riz qui leur ont permis d’économiser la coquette somme de 250 000 FCFA, après la vente. Grâce aux activités initiées par elles et fortement soutenues par leur époux, les femmes soutiennent les foyers dans la prise en charge des frais scolaires des enfants et les soins de santé. « Lorsque nos maris ne sont pas dans nos foyers, nous ne l’attendons plus avant d’amener les enfants aux soins. C’est dire combien il était difficile pour nous de prendre des initiatives », se réjouit Mariam Coulibaly, ménagère à Bounguel.

La nutrition  comme levier de développement

Dans son vaste programme de développement coordonné pour la région de Mopti, la Fondation Aga Khan, n’a pas oublié la nutrition des enfants et des femmes enceintes qui peut être un puissant moteur de développement. Une nation bien nourrie est une nation qui gagne ! C’est avec cette vision qu’AKF met en œuvre un important projet de recherche & action qui vise à valoriser nos aliments locaux. Le projet « Equinut » ou le projet de la noix équitable est un projet de recherche innovateur qui a permis de valoriser le Didèguè que nos grands-mères préparaient.

Cette valorisation se fait à travers des recherches scientifiques poussées dans les laboratoires au Mali et au Canada. Selon ces résultats, le Didèguè ou Equinut apporte la même valeur calorifique que les produits comme le Plumpinut utilisés dans les CSCOM pour traiter les enfants malnutris. Le projet Equinut a permis de former déjà 1000 femmes dans la préparation de ce produit dont tous les ingrédients sont disponibles dans nos villages. En tout cas, les 3 matrones du CSCOM de Bouguel, nous ont montré un spectacle grandiose dans la préparation de l’Equinut sous les yeux du Directeur Technique du Centre et des différents invités. Elles ont étalé tout leur savoir-faire acquis lors des différentes formations d’AKF, et le Didèguè sorti de cette séance de démonstration était tout simplement délicieux. Espérons que les enfants de ce centre de santé communautaire situé à 42 km de Sévaré profiteront des biens faits de ce produit fabriqué au Mali par des Maliennes.  Les questions sur les perspectives de cette petite révolution médicale ont été répondues par le Dr Cheick Bady Diallo, Program Manager Santé/Nutrition de AKF.  Le jeune chercheur sorti fraîchement des universités nord-américaines qui coordonne l’ensemble de la recherche sur le Didèguè au Mali. Confiant par rapport à l’avenir de ce produit, il soutient la thèse que les solutions des problèmes locaux peuvent se trouver localement aussi.

  Modibo Fofana *envoyé spécial*

 

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