Colonel Abdraham Douah Cissoko Dit Ramos, directeur général des douanes (1988 a 1991) “Je suis très impressionné aujourd’hui par les performances enregistrées par la douane malienne” “A notre époque, il était difficile de mobiliser 50 milliards Fcfa par an”

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Le Colonel Abdraham Douah Cissoko dit Ramos fut un excellent douanier durant sa carrière. Directeur général des Douanes de 1988 à 1991, depuis 2011, le petit frère de Mariam Cissoko (épouse du Général Moussa Traoré) est à la retraite. Il passe tout son temps à la lecture. Selon lui, la douane joue un rôle très important dans l’économie d’un pays comme le Mali. Comme pour dire que sans la douane, pas de l’économie. En tant qu’ancien douanier, Ramos félicite l’actuelle équipe de l’administration douanière sous le leadership de Mahamet Doucara pour les performances réalisées malgré le contexte très difficile. Selon lui, on doit laisser la douane gérée par les douaniers eux-mêmes.

Notre dossier sur l’administration douanière paru dans notre édition du vendredi 29 mai 2020 sous le titre “Douanes maliennes : De 1961 à nos jours, ces chefs des soldats de l’économie qui ont révolutionné les recettes douanières” a été apprécié par nos lecteurs. Malheureusement, dans ce dossier, beaucoup de gens ont été surpris de ne pas voir la photo de Abdraham Douah Cissoko dit Ramos, qui fut un excellent douanier et qui a dirigé l’administration douanière de 1988 jusqu’aux événements de mars 1991.

En fait, nous avons cherché en vain la photo de Ramos, d’abord dans les archives de la Direction générale des Douanes et même sur Internet. Par contre, nous avons pu trouver les photos de tous les anciens autres directeurs généraux sur le site de la Direction générale.

Voilà pourquoi nous avons décidé de consacrer cet article à Abdraham Douah Cissoko dit Ramos, notamment sur son parcours au sein de la douane malienne.

Né en 1948 à Bamako, Ramos est le frère de Mariam Cissoko, épouse du Général Moussa Traoré. C’est pourquoi, il était très connu sous le régime. Selon un douanier en service et dirigeant sportif, Ramos était un excellent douanier. Ce politologue de formation spécialisé en douane a intégré la douane malienne en 1971, avant d’occuper plusieurs postes de responsabilités, notamment chef de bureau de l’Aéroport, chef de Brigade à Dakar…

Diplômé de l’Ecole des Douanes de Liestal en Suisse, Ramos a gravé tous les échelons avant d’être nommé en 1988 directeur général des Douanes à la place de Abdoulaye Sanoko. Poste qu’il a occupé jusqu’aux événements de mars 1991, à la chute du régime du Général Moussa Traoré.

A cause de ses relations familiales avec Mariam Cissoko (épouse de Moussa Traoré), Ramos fut emprisonné pendant 10 ans. Finalement, il a réintégré la douane en 2009 en tant que conseiller du directeur général avant de prendre sa retraite en 2011. En tout et pour tout, Ramos a fait 40 ans de service à la Douane.

“En réalité, j’ai de très bons souvenirs à la douane. J’ai eu la chance d’avoir d’excellents douaniers qui ont vraiment participé à ma formation comme Diakan Kaba Diakité, qui fut l’un des meilleurs douaniers du Mali. Un excellent douanier, qui avait de la rigueur. Et c’est Diakan qui m’a encouragé à faire la douane puisqu’il a été deux fois directeur général.

Le père de Mahamet Doucara, l’actuel directeur général des Douanes, fut aussi un excellent douanier, tout comme son oncle, Balla Sangaré, qui était d’ailleurs mon mentor. En fait, nous étions très fiers d’être douanier et de rendre service à l’Etat.

Quand j’ai été nommé directeur général avec le grade de Colonel, j’ai mis un accent sur la formation de nos cadres. C’est pourquoi, beaucoup de douaniers ont été formés sur place à Bamako par des experts dans les domaines de la douane. Aujourd’hui, je suis très fier de ces cadres qui ont eu à gérer l’administration douanière avec brio. Il s’agit de Modibo Maïga, Moumouni Dembélé, Modibo Kane Kéïta, Aly Coulibaly… “ nous a confié Ramos, lors d’un entretien à bâtons rompus, mardi dernier, à son domicile à Lafiabougou.

En tant que directeur général des Douanes, Ramos a eu trois adjoints. Il s’agit de Housseini Dicko, Ousmane Diarra et feu Balia Kouyaté.

S’agissant de la mobilisation des recettes douanières, Ramos estime qu’il n’y a pas de comparaison : “Vous savez, le monde a changé. A notre époque, il était très difficile de mobiliser 50 milliards de Fcfa par an. Aujourd’hui, la douane malienne mobilise ce montant en un seul mois. Voilà pourquoi, je suis impressionné par les performances de l’actuelle équipe dirigée par Mahamet Doucara puisque je suis au courant des résultats.

A notre époque, les recettes douanières représentaient plus de 50% du budget national. C’est pour vous dire que tout reposait sur la douane. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi) étaient très regardants sur nos performances. Dieu merci, nous avons fait de notre mieux. Et nous avons toujours été soutenus par notre ministre des Finances d’alors, Tiénan Coulibaly. Il était vraiment compréhensible”.

Notons que Ramos est un passionné de football et de jeux de dames. D’ailleurs, il doit son surnom Ramos au football. “J’étais un grand footballeur. C’est à travers le football qu’on m’a collé le surnom Ramos, à Abidjan. Sinon, je suis aussi un admirateur des jeux de dames. Aujourd’hui, je suis le président de la Confédération africaine de jeux de dames, depuis 2016 “ précisera-t-il.

Ramos est marié et père de six enfants : trois filles et trois garçons. Malheureusement, aucun de ces enfants n’est douanier. “C’est ma conviction, j’ai décidé qu’aucun de mes enfants ne soit douanier. J’ai un garçon qui est gendarme et d’autres font des affaires. C’est tout !”, dira-t-il.      

                   El Hadj  A.B. HAIDARA

 

 

Douanes maliennes :

De 1961 à nos jours, ces chefs des soldats de l’économie qui ont révolutionné les recettes douanières

De par sa position de pays continental, n’ayant aucun accès direct sur la mer, l’État malien, au regard du contexte économique sous-régional, régional, continental et mondial, a reposé ses espoirs sur certains services d’assiettes, notamment les Impôts, les douanes et des services stratégiques comme ceux du secteur coton, l’Office du Niger, l’Office Riz…pour stabiliser son économie. De nos jours, particulièrement au début des années 2000, les douanes maliennes sont devenues l’une des principales structures pourvoyeuses de recettes pour le Trésor Public grâce à un travail de titan abattu par des cadres émérites nommés à la tête d’une troupe de soldats de l’économie non moins méritants. Et chaque année, les recettes douanières ne cessent de grimper. De 7 milliards par an à la fin de la IIè République, les recettes douanières annuelles sont passées aujourd’hui à près de 700 milliards de Fcfa, générant des milliers de milliards au profit du Trésor public.  De 1961 à nos jours, ils sont au total 24 directeurs généraux qui se sont succédé à la tête des douanes maliennes pour parvenir à ces résultats. Ils ont pour noms : Sambala Sissoko (5 janvier 1961), Moussa Diakité (1er avril 1965), Abdoulaye Makanguilé (18 janvier 1969), Bougouzié Coulibaly (20 avril 1970), Amadagali Ibrahim Guinto (31 janvier 1975), Dianka Kaba Diakité (5 juin 1978 et 17 janvier 1981), Aliou Bagayoko (13 août 1979), Abdoulaye Sanoko (21 mars 1985), Abraham Doua Cissoko dit Ramos (1988 – 1991), Ousmane Diarra (3 mai 1991), Alhassane Singaré (17 juillet 1991), Housseïni Dicko (24 décembre 1991), Bila Amadou Yattara (23 février 1993), Mahamane Touré (25 juillet 1994), Samba Diallo (2 mai 1996), Mamadou Thiéro (16 septembre 1999), Seydou Diawara (18 décembre 2000), Cheick Kéïta (16 avril 2003), Amadou Togola (27 février 2008), Modibo Maïga (20 avril 2011), Moumouni Dembélé (19 septembre 2012), Modibo Kane Kéïta (2 février 2015), Aly Coulibaly (28 décembre 2016) et Mahamet Doucara (18 novembre 2018).  Chacun de ces vaillants et valeureux cadres mérite un hommage particulier et un clin d’œil appuyé, mais dans le présent dossier, nous avons fixé le cap sur les vingt (20) dernières années qui ont vu la révolution ahurissante et hallucinante de l’Administration des douanes et des recettes douanières.

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