Délation à la Direction régionale des Douanes de Kayes : Un gros épaulé de la Direction des recettes fortement soupçonné

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Chasser le naturel, il revient au galop, a-t-on coutume de dire. En dépit du contexte politico-économique tendu, les inimitiés au niveau de la Direction générale des Douanes (DGD) au Mali ne se taisent jamais. Les enjeux de positionnement pour l’occupation des fauteuils de responsabilité justifient amplement les querelles de jungle dans ce service des recettes. L’ancien directeur général, Aly Coulibaly, disait aux intimes : tous les postes cumulés au niveau de l’administration des Douanes, y compris le fauteuil en « Diamant » très convoité du Directeur général, n’atteignent pas 200, contre un effectif largement au-delà de 3000 agents. Il va sans dire que dans un tel service, les querelles de leadership ne peuvent jamais s’estomper. Nonobstant la convoitise, l’intérêt du service et du pays tout entier doit demeurer la boussole des agents assermentés. Et, les ambitions contenues dans une proportion raisonnable. Mais, tout porte à croire que la Devise même du service, qui stipule : « Vigilance et Loyauté », semble être noyée dans les querelles de postes, où le « moi égoïste » prime sur l’intérêt du service. Dans cette bataille rangée digne de la jungle, tous les coups sont permis, même de la délation, pour ternir l’image du Chef.
C’est ce qui s’est passé le vendredi dernier à Kayes, où des douaniers et des transitaires furent interpellés et placés sous mandats de dépôts par le Procureur du Pôle économique sans se référer à la Direction générale. Tout le monde a été pris de court par cette affaire, nous révèle une source digne de foi. Selon nos interlocuteurs, cette interpellation sans la caution de la Direction générale fait suite à une dénonciation anonyme d’un dossier d’irrégularité constatée dans la procédure de dédouanement de véhicules, qui remonterait à plus  mois déjà. Nos sources rapportent que l’affaire avait fait l’objet d’un traitement administratif par le directeur général, Mahamet Doucara. Lequel avait instruit à la Direction régionale de prendre de toutes les dispositions pour procéder au règlement de l’affaire pour permettre à la DGD de rentrer en possession de son dû. Des sanctions administratives avaient été retenues contre les agents incriminés et un règlement financier pour les transitaires impliqués. A la suite de cette instruction, un moratoire de paiement des amendes avait été défini et son exécution avait commencé. Mais, c’est à la surprise générale, que la même affaire éclate devant le Procureur du pôle économique suite à la dénonciation anonyme. Mais, selon nos sources, les investigations en cours au niveau de la DGD pour démasquer le délateur auraient permis de tracer le portrait-robot du présumé dénonciateur anonyme. De fort soupçon pèserait sur un gros épaulé de la Direction des recettes.
Dans cette affaire de dénonciation anonyme, préjudiciable au bon fonctionnement de l’Administration des Douanes, il est important de mettre en gras l’objectif inavoué du tireur embusqué. Il s’agit ni plus ni moins de jeter le discrédit sur le style de management du directeur général, Mahamet Doucara. Dont le seul tort est de réussir la mission de mobilisation des recettes qui lui est confiée.
De quoi s’agit-il ? Selon nos sources, l’affaire a été éclaté au grand jour, il y a de cela un bon moment, suite à un contrôle de routine du Bureau du Contrôle interne de la Direction générale des douanes. Qui avait alors constaté des irrégularités dans les procédures de dédouanement d’un nombre important de véhicules. L’opération mettait à nu un réseau de faux dédouanements, dont le mode opératoire était la minoration des valeurs en douanes, allant parfois jusqu’au changement de caractéristique de la marchandise pour permettre à l’opérateur de payer moins. Dès que les faits ont été portés à la connaissance du Directeur général, il a immédiatement instruit des mesures à prendre pour permettre à l’Administration des Douanes de recouvrer ses recettes après des sanctions prévues par les textes des douanes en la matière. L’instruction a été donnée aux responsables régionaux de procéder au redressement rapide de cette affaire. Des sanctions ont été prises contre les agents impliqués dans ce délit.
Notons que les enquêteurs du Bureau de contrôle après dédouanement avaient poussé leurs investigations au point d’identifier tous les véhicules concernés par cette procédure frauduleuse. La liste desdits véhicules avait été annexée au rapport d’enquête pour complément d’information. C’est cette lettre d’instruction du Directeur général avec toutes ces informations, qui aurait été glissée entre les mains de la Justice sans tenir informé au préalable le Directeur général. Comme cela sied dans ces genres de procédures. C’est donc en violation de toutes les règles de procédures de saisine que l’initiateur de cette dénonciation anonyme, qu’on peut qualifier à la limite de délation, s’est octroyé le droit d’alerter la justice. Le hic qui suscite beaucoup de commentaire, c’est que l’affaire avait fait l’objet d’une prise en charge par l’Autorité compétente de l’Administration douanière.
A qui profite cette délation ? Quelle est la finalité recherchée par le délateur ? Autant de questions qui taraudent les esprits à Faladié. Il faut rappeler que récemment, à travers un article de presse, une source anonyme tenterait de faire croire à l’opinion publique nationale à de prétendues tensions dans l’air au niveau de la DGD. Une crise artificielle qui pourrait coûter cher à Mahamet Doucara son fauteuil de Directeur général. Est-ce en préparation à cette embuscade que cet article avait été préparé par le délateur pour justifier son coup ? L’avenir nous édifiera.
Toutefois, il importe de savoir pourquoi et comment une affaire qui a déjà fait l’objet de traitement avec la manière par la Direction générale des douanes va se retrouver chez le Procureur ? Sur quelle base la Justice peut-elle s’autosaisir d’une affaire administrative déjà réglée, sans se référer à la hiérarchie ? Difficile de répondre à cette série de questions sans être un spécialiste en la matière. Mais, tout porte à croire qu’il y a des tentatives de manipulation de l’information, destinées à nuire à quelqu’un. Et celui-là n’est autre que le directeur général, Mahamet Doucara. L’objectif est de peindre en noir son management.
Le mobile du tireur embusqué est déjà connu de tous. Il s’agit de créer la discorde entre les agents des douanes et la Direction générale d’une part, et d’autre entre la DGD et les transitaires qui sont les partenaires naturels des Douanes. Tous vont se sentir trahis par le Directeur général. Cela risque de créer une situation de démobilisation et par ricochet, l’impossibilité de réaliser les objectifs de recettes, dont les compteurs sont au vert malgré la crise. C’est donc dans la dynamique de casser les ressorts à ce niveau qu’on entreprend cette initiative dangereuse. Il revient donc au ministre Sanou de faire sa religion sur ces individus malintentionnés et siffler la fin de la recréation pour permettre à son administration de jouer pleinement son rôle de pourvoyeur de recettes. Seule condition pour le gouvernement de faire face aux besoins fondamentaux des Maliens. Qui attendent avec impatience la reprise des activités économiques pour pouvoir joindre les deux bouts.
Il faut rappeler que ces individus de mauvaise foi ont tout tenté sous le régime d’IBK pour renverser l’actuelle Direction générale. Ils se sont même attiré en vain les services de l’ex-parti au pouvoir pour s’emparer du fauteuil de directeur général. Par fini, le président IBK a dit publiquement à Mahamet Doucara : ‘’tu as les mains libres pour dégager tou (te)s celles ou ceux qui t’empêchent de travailler’’.
Il appartient également à la Justice de ne pas se mêler d’un conflit de leadership dans une Direction centrale, notamment au niveau de l’Administration des Douanes, au risque de créer un précédent dangereux. Le ministre de la Justice, réputé être un homme intègre, doit attirer l’attention de ses collateurs sur ces détails, en particulier le Procureur du pôle économique de Kayes, en ce moment sur la sellette, sur ces genres de questions. S’il est permis à la Justice de redresser une faute, surtout quand celle-ci concerne les derniers publics, mais il sied aussi d’y mettre la forme. Sinon ça devient un poids et deux mesures. Et cela est contraire à l’Etat de droit. La justice est un organe de régulation sociale et non un instrument de règlement de compte et/ou de promotion sociale au service d’un agent public contre un autre d’un même service, susurre-t-on à Faladié.
M. A. Diakité

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