Gourma : Les éléphants menacés d’extinction

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Les éléphants du Gourma sont menacés à la fois par les activités de braconnage et des conflits humains-éléphants.

Au Mali, dans la zone sahélienne, répartie entre les trois entités administratives de Tombouctou, Mopti et Gao, se trouve la région du Gourma. Elle est une des quatre régions avec une valeur la plus haute en termes de biodiversité dans le pays, d’après la Stratégie nationale de biodiversité. Dans cette région, vivent 12% de tous les éléphants de l’Afrique de l’Ouest. Les éléphants du Gourma sont des centaines à vivre en ordre dispersé dans le Centre du pays.

Ils vivent essentiellement de feuilles d’arbres et il n’existe pas d’autres nourritures voulues à leur consommation dans ces zones. Pour mieux assurer leur nourriture quotidienne, ces éléphants parcourent des dizaines de kilomètres par jour. Le lac de Diona est la source principale qui leur sert de réserve en eau. Des milliers d’animaux sauvages vivent à des kilomètres à la ronde et viennent également chaque nuit pour s’y abreuver.

Les sécheresses récurrentes à partir du mois de décembre ne sont pas la seule menace qui pèse sur les éléphants de Gourma. La présence de cette population au Gourma est menacée à la fois par les activités de braconnage et des conflits humains-éléphants.

Selon les deux derniers inventaires aériens, leur nombre a baissé de 26% ; le dernier ayant été fait à travers un comptage aérien et terrestre en 2015 avec un effectif dénombré de 350 éléphants (source : cantonnement des Eaux et Forêts de Douentza). Le conflit au nord du pays rend la surveillance et la protection des pachydermes difficiles, alors que sévit le trafic illicite lucratif.

Les conflits humains-éléphants sont engendrés par l’assèchement drastique et continu des points d’eau. Ceci emmène les éléphants à adopter un mode de vie migratoire en quête des sources d’eau. De cela fondent des conflits entre humains et éléphants pour l’exploitation des mêmes ressources (espace, culture, fourrage et eau).

Les éléphants du Gourma sont pris entre plusieurs feux dans un environnement marqué par une insécurité grandissante avec la présence de narco trafiquants, de groupes djihadistes, de milices à caractères ethniques. Cette insécurité ne facilite pas le travail de sauvegarde des éléphants dans le Gourma, malgré l’érection de la zone des éléphants en réserve de biosphère par le gouvernement du Mali. La brigade de lutte anti-braconnage, composée des forces de défense, de la sécurité et des agents des eaux et forêts, constitue aussi une cible pour les groupes terroristes.

Plus récemment, la découverte de l’or dans la biosphère du Gourma a entraîné un afflux des populations au cœur de la réserve de biosphère venant du Mali et de plusieurs pays.

En plus de la destruction des concentrés et de la biodiversité, l’utilisation des produits toxiques comme le cyanure occasionnée par l’orpaillage constitue un problème environnemental et de santé.

Vers une approche de sauvegarde

Au regard des défis sur la population des éléphants du Gourma, le PNUD et le FEM ont soutenu le gouvernement du Mali à travers le financement du projet « Gestion communautaire des ressources naturelles tout en améliorant les moyens de subsistance des communautés locales et restaurer les programmes dans l’ensemble de l’aire de répartition des éléphants ». Ce projet « Conservation de l’éléphant malien » affronte les problèmes liés au commerce illégal d’espèces sauvages, la gestion des ressources naturelles et les conflits entre les hommes et les éléphants. Des actions synergiques et complémentaires sont prévues avec l’implication de l’ensemble des acteurs locaux et une responsabilisation des collectivités territoriales pour sauver les éléphants du Sahel.

Oumar Tamboura (Chef unité environnement, changement climatique et développement durable / PNUD Mali) Avec notrenation.com

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1 commentaire

  1. Ça fait très mal au cœur d’entendre une telle information concernant nos éléphants de Gourma.
    Si je connaissais une voie certaine pour contribuer dans ce fond du gouvernement et du PNUD, j’aurais bien aimé y apporter ma modeste contribution à hauteur de 60 – 100$/mois pour une période de 3- 5 ans renouvelable.

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