Menace de pénurie de ciment au Mali : Une honte pour les commerçants maliens

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Diamond cement Mali

Il est connu de tout le monde que la cupidité est la chose la mieux partagée chez les commerçants. Mais, couvrir la cupidité du vernis de manque de patriotisme est une spécificité malienne. Les faits sont suffisamment éloquents pour le passer sous silence. Il s’agit de la tentative de chantage d’un groupe d’importateurs de ciment sénégalais par voie de presse.

Les autorités ont été informées par des articles à caractère pamphlétaire dont l’objectif est de faire fléchir la position du gouvernement sur le délicat sujet d’harmonisation de la taxe de consommation (TVA de 18%) appliquée sur les produits d’origine communautaire. Surtout que la mise en œuvre de cette mesure est une réponse aux exigences des industrielles du Mali, déterminés à protéger leur secteur. Qui, en réalité apporte plus à l’économie d’un pays que le commerce,qui ne profite qu’au seul commerçant. Mais, c’est moins l’explication ésotérique qui nous intéresse, que la boulimie des commerçants. Pour les importateurs, le prix de la tonne appliquée à l’usine, qui est de 42 500 FCFA doit faire foi. En conséquence, l’on devrait appliquer la TVA de 18%  sur ce montant. Or, les enquêtes ont révélé que celui-ci est sciemment minoré par le cimentier sénégalais, dont l’objectif est d’user sur ses marges bénéficiaires afin de détourner les importateurs maliens de notre fabricant qu’est Diamond Ciment. Sinon le prix réel est et restera à 48 500 FCFA la tonne. C’est juste une manière de fausser le jeu de la concurrence en pratiquant ce que les spécialistes appellent le « Dumping », qui consiste à vendre un produit à un prix inférieur au prix de revient, dans le seul but de casser le marché pour en prendre le monopole. Une pratique prohibée par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Faisant donc fi des facilités de vente qui leur sont accordées, les gabelous n’ont fait qu’appliquer les textes. Ce qui revient à appliquer la TVA de 18% sur le prix réel du produit à l’usine, qui est de 48 500 FCFA la tonne et non 42 500 FCFA comme les importateurs tentent de faire croire à l’opinion. Ce n’est en réalité qu’une manipulation et une ruse de plus des sangsues pour mieux pomper le sang des Maliens. En appliquant la TVA de 18% sur les 48 500 FCFA, ils ne paieront que 8 730 FCFA contre 7 650 FCFA perçus sur 42 500 FCFA comme ils cherchent. La différence n’est que de 1 080 FCFA. Dans tous les cas de figure, les importateurs ne devraient pas s’agiter, puisque la TVA est une taxe neutre, a expliqué un gros épaulé de la Douane. Selon lui, le commerçant paie la TVA en amont, mais il se fait rembourser par le consommateur final. Donc, il n’y a pas matière à s’inquiéter outre mesure. Mais, notre interlocuteur d’ajouter que c’est juste une question de compréhension.

Mais, pour les industriels maliens, le ciment n’est pas un produit d’origine communautaire à 100%. La matière première qu’est le « clinker » est importé d’Europe. Avec le tarif extérieur commun de la CEDEAO, le droit de douane de ce produit est perçu à la porte de la Communauté (Sénégal, Abidjan, Lomé, Cotonou, etc.). Dans ces conditions, ces pays bénéficient à la foi du droit de douane communautaire et l’avantage de pays de transformation. C’est qu’en implantant des usines, ils créent de la valeur ajoutée, qui se déclinent en emplois locaux, les recettes fiscales, etc. En plus de tous ces avantages, ils bénéficient des avantages de la libre circulation des personnes et des biens que leur confèrent les textes communautaires. A ce titre, ils inondent notre marché à moindre coût. A cause de la cupidité de nos importateurs, le Mali est transformé en pays d’écoulement (de consommation) pour tous les cimentiers de la sous-région, notamment le Sénégal, où l’on assiste à une forte offensive de ces deux usines. Notre pays perd non seulement des recettes fiscales, mais peinera à donner du souffle nécessaire au développement de son industrie locale. Cette situation a finalement poussé l’Organisation Patronale des Industriels du Mali (OPI) à demander et obtenir du gouvernement, l’application de la TVA sur le prix réel du ciment importé en réparation d’un préjudice que subit  un de leur mandant : Diamond Cement, filiale du groupe WACEM. Et surtout, permettre à notre économie de créer de la richesse et donner de l’emploi à la jeunesse. Car, dit-on, le taux élevé de chômage dans un pays équivaut à une bombe sociale à retardement.

Des bénéfices à couper le souffle

Le deuxième hic qui fait tilt ici, est la taille du bénéfice engrangé par les importateurs du ciment sur chaque tonne de ciment importée. Que la tonne leur soit vendu à 48 500 FCFA à 42 500 FCFA la tonne, la marge bénéficiaire dans des conditions maliennes est franchement amorale. Le pays se relève d’une crise politico-sécuritaire, qui a entrainé  une pauvreté généralisée de la population. Nonobstant les difficultés existentielles, les importateurs vendent la tonne de ciment à 90 000 FCFA alors qu’ils achètent à moins de 50 000 FCFA la tonne. Une dépense d’exploitation ne saurait justifier une telle marge bénéficiaire. Un petit exercice de simulation de prix suffit pour comprendre la boulimie de nos commerçants. A supposer qu’ils aient engagé comme dépense toute catégorie confondue (TVA, frais de transport et d’entreposage) 15 000 FCFA par tonne, ce qui d’ailleurs n’est pas évident. Ce montant ajouté au prix de cession à l’usine, si la tonne est vendue à 48 500, le produit leur revient 63 500 FCFA. Ce montant moins le prix à la consommation, ils gagnent 26 500 FCFA par tonne. Si la tonne est vendue à l’usine, ils gagnent 32 500 FCFA. Dans un pays aussi pauvre comme le nôtre, comment un homme peut se faire autant de bénéfice sur le dos de ses frères ?

On comprend mieux pourquoi, même SODOUF, qui est actionnaire dans la société indienne de droit malien WACEM-Diamond Ciment, vent le ciment sénégalais dans ses magasins. Parce qu’ils ont su user de la cupidité de nos importateurs pour fausser le jeu de la concurrence. Pour rendre leur ciment plus compétitif, ils se sont employés à maitriser le circuit du transport.

Le deuxième paradoxe qui donne de la migraine est naturellement le volume des importations. Qui est évalué à 3 millions de tonnes l’an. Potentiellement, le marché est porteur, comment nos commerçants peuvent se transformer en syndicat de la distribution du ciment Made in Sénégal au Mali ? C’est la preuve que nos commerçants manquent réellement d’ambition. Au lieu de s’organiser pour s’approprier ce marché hyper rentable,  parce que le pays est en chantier, et créer de la plus value locale, ils se sont transformés en syndicat de la distribution des industriels sénégalais dans notre pays, pour gagner en retour, la tracasserie de nos transporteurs sur le corridor sénégalais. Mêmes nos camionneurs, qui les aident à évacuer leurs marchandises sont soumis à une forte pression. On leur crée la misère pour les obliger à céder la place aux transporteurs sénégalais. Au début, leur parc d’automobile était vieillissant. Mais, pour les aider à accompagner leur industrie en vue de pouvoir contrôler tout le circuit de l’économie, ils ont commencé à prendre des mesures de rétorsion contre nos transporteurs dont le but était de permettre aux transporteurs sénégalais de rattraper leur retard. Ainsi, à moins de deux ans, ils ont garni leur parc, à tel point qu’aujourd’hui, ils contrôlent à 100% toute la filière ciment. Sur la route Bamako-Dakar, 4/5 des camions en destination du Mali portent le fond bleu sénégalais.

C’est dire qu’aujourd’hui, les Sénégalais produisent le ciment, ils le transportent au Mali. On est tenté de se demander qu’est-ce qui va rester aux Maliens ? Les importateurs doivent avoir en tête cette question fondamentale. Mais, hélas ! C’est le dernier de leur souci. Chacun ne pense qu’à sa petite poche. Ils trichent même avec les services des Douanes, des Impôts et du Commerce pour payer moins de taxes. En usant des faux documents.

Alors que les Sénégalais défendent leur marché bec et ongle. Par exemple, pour étendre leur industrie du Ciment, ils auraient emprunté de l’argent avec la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement) en misant sur le marché malien. Qui était à l’époque totalement vierge. Mais, quand le groupe WACEM a décidé de s’installer au Mali, ils ont déployé un fort lobby auprès de l’institution financière sous régionale pour couper le financement au nouvel arrivant. Ainsi, toutes les banques maliennes dans lesquelles la BOAD est actionnaire ont refusé de financer WACEM. Mais, les Maliens ne feront jamais une telle solidarité vis-à-vis des siens. Dommage !…

A. Diakité

 

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9 COMMENTAIRES

  1. Les usines ont diminué le prix de 5500f au lieu de faire pression sur les commerçants pour qu’ils le fasse sentir au bénéfice de la population les industrielles ne pensent qu’à leurs intérêts personnels et ils veulent pas que ça baisse c’est vraiment dommage

  2. Il est inacceptable que le ciment produit au Mali soit plus cher que le ciment importé .
    Il est tout a fait inadmissible que malgré les productions de deux cimenteries , la tonne de ciment avoisine toujours aux alentours de 100.000 FCFA au Mali .
    Il est enfin inconcevable que la troisième cimenterie soit toujours au stade de projet après plusieurs années écoulées.
    Il est incompréhensible que les pays voisins comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal arrivent à produire énormément plus de ciments que le Mali .
    Il est tout de même bizarre de constater que malgré la grande consommation nationale en ciment qui se chiffre à plus de trois millions de tonnes pour un montant de deux cents milliards de francs cfa , aucun industriel malien et africain ne soit intéressé pour investir dans ce secteur .

    La production actuelle de ciment par les deux cimenteries opérationnelles au Mali ne dépasse pas les huit cent mille tonnes ( 800.000 tonnes), cela ne couvre même pas le 1/3 des besoins en ciment des maliens

  3. Ce sont ces faux journalistes qui diffusent des fausses informations sans chercher a vérifier si ya 2 personnes en conflit les vrai journalistes essaie d’écouter toute les deux avant d’écrire quel honte pour mon pays quand on donne un peu d’argent a un journaliste qui profite sa protection pour trompé le peuple en ta faveur

  4. Ce journaliste soit ne s’est pas bien renseigné ou il est a la solde de quelqu’un par ce qu’il a donné les chiffres sans parler de transport je parle en connaissance des choses vous pouvez calculer le ciment n’était même pas 48500f mais 48000f a l’usine 48000f douane 13000f et transport 31250f ça fait combien? mais les commerçants puisent dans les ristournes que l’usine les offres c’est même pas difficile de le savoir au lieu de se mettre a traité des gens de n’importe quoi il peut aller demander quelque clients il ne sait rien du tout

  5. Cyril du grand Moulin je n ai rien contre toi, les industiels et les commercants Maliens n ont jamais aimé ce pays car vous etes tous des voleurs si vous ne volez pas les impots c est la douane ou l EDM que vous volez avec la complicité des apatrides.vous voulez les importations alors que vos produits sont de la mauvaise qualité ou trop chers pour le Malien moyen. est ce que le GMM peut mettre a la disposition des boulangeries la farine de bonne qualité

  6. Mauvais article car journaliste à la solde des mauvais industriels maliens. tu as bien dit clincker importé par le senegal , mais on peut trouver le clincker a diamou c est a dire à 45km de kayes mais le ciment de wacem plus cher que celui produit au senegal avec du clinker importé d europe.

  7. Très bon article qui mérite des réactions des “FORUMISTES” comme Kassin ou Soldat rate. ça m’étonnerai puisse que là la on ne parte pas de IBK et ma famille.

  8. Mr le journaliste vous parlez trop de cupidité de nos commerçant, cela ne veut rien dire. On ne peut pas en vouloir à un commerçant de chercher à s’en enrichir. C’est l’état qui doit s’assumer. Le Mali est le seul pays au monde ou un cadre moyen qui perçoit un salaire paie plus d’impôt qu’un commerçant importateur. C’est donc normal que ces commerçants ne veuillent rien payer à l’état. S’ils ne veulent plus importer du ciment ce serait une bénédiction du ciel pour la population malienne car nous allons enfin accordé de l’importance au banco qui s’il est bien travaillé est nettement meilleur que le ciment. En plus nous enrichissons les autres en nous appauvrissant en achetant du ciment étranger.

  9. Très clair et limpide comme article. Mais nous sommes au Mali un pays de Mafia
    On dit que” l’homme est un loup pour l’homme” mais moi je dirai “le malien est un loup pour son compatriote malien”. Aucune morale, aucune once de patriotisme, aucune pitié.
    Quelle déchéance morale!!!?

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