La question du franc CFA, la crise scolaire et sociopolitique de notre pays… Mahamane Mariko, président de la Craj, pose un diagnostic sans complaisance

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Dans l’une de ses récentes prises de position, le président de la Convention des réformateurs pour l’alternance et la justice (Craj), Mahamane Mariko, s’est prononcé sur ce qu’il qualifie de duperie de la jeunesse malienne depuis 1991, le mutisme des plus hautes autorités face à la dérive de l’école malienne, la question du franc CFA…

Selon Mahamane Mariko, la jeunesse malienne est retenue dans un piège sans fin depuis la révolution de mars 1991. En effet, dit-il, depuis la chute du régime dictatorial du Général Moussa Traoré où la jeunesse a joué un rôle de premier rang, celle-ci est victime d’une duperie politique qui la détourne constamment de ses préoccupations essentielles, notamment les questions d’éducation et du chômage. “Certains repères de mars 91 tombent dans la banalisation de la morale en politique avec des déclarations qui tranchent souvent avec l’esprit de la révolution de mars 1991. Certains des esprits tordus estiment que le soutien à un tel régime épargnera leurs cadres de la prison ou pire. Ils se cachent derrière le slogan, il faut éviter d’humilier des chefs de famille au nom d’une quelconque lutte contre la corruption”, a-t-il déploré.

Et de poursuivre que pendant ce temps, ces mêmes personnes entretiennent une partie du leadership des jeunes pour amuser la galerie ou faire du folklore afin que ces derniers puissent jouer les “chiens de garde” les plus enragés ou simplement s’adonner à l’auto-flagellation, les déviant ainsi de leur avenir commun.

Alors que, ajoute-t-il, leurs véritables rejetons sont subtilement organisés, souvent même au cœur de l’Etat ou ailleurs (responsables à des postes stratégiques avec toutes les opportunités pour s’enrichir et avec toutes les immunités possibles).

Par rapport à la question politique, il dira que les compromissions entre les amis politiques sont très flagrantes souvent avec une allure théâtrale au détriment des engagements révolutionnaires de mars 1991, qui n’étaient en réalité que des prétextes. “La crainte est que, après l’effet de cette forte dose d’opium, beaucoup de jeunes comprendront qu’ils ne sont en réalité que de simples dindons d’une farce démocratique”, a martelé le président de la Craj.

Relever le défi de la bonne gouvernance en Afrique avant le combat contre le Franc Cfa

S’agissant de l’épineuse question du Franc Cfa, il a laissé entendre qu’en attendant une volonté politique claire et assumée par nos dirigeants sur le Franc Cfa, sa non reconnaissance comme monnaie en territoire français qui est d’ailleurs le garant fait craindre des vices cachés, mais le problème du Franc Cfa ne trouvera pas sa solution dans un simple changement de nom de monnaie. A ce titre, il a rappelé qu’un enthousiasme débordant a suscité, en mars 1961, la création de la compagnie aérienne panafricaine (11 pays) Air Afrique qui, malheureusement, a fini par ce qu’on connait tous, en avril 2002. A ses dires, il faut véritablement, avant tout, réussir à relever le défi de la bonne gouvernance en Afrique.

En ce qui concerne la crise qui secoue notre système éducatif, il a proposé une gestion rationnelle des logements sociaux construits à coup de milliards pour trouver une trêve avec les enseignants, surtout par rapport au point de revendication relatif à la prime de logement. Car, selon lui, des dizaines de logements sociaux sont attribués à des propriétaires de villas au détriment des demandeurs légitimes, ceux à revenu intermédiaire comme les enseignants ou autres. Pire, ces propriétaires de villas qui bénéficient desdits logements en font généralement d’autres usages illicites que de loger là-dedans. “Pour cela, on peut compter sur la présumée volonté de courage et de transparence qui a prévalu, à dénicher des véhicules 4×4 de l’Etat pour des destinations jugées peu certaines. Il en faut de même pour identifier ces centaines de logements sociaux injustement attribués pour des usages illicites. Ce qui peut conduire à mettre en place une commission ad hoc avec les enseignants pour une réattribution saine et juste des dits logements”, a-t-il proposé.

De son avis, la revendication relative à cette prime peut progressivement trouver sa réponse dans la mise en place d’un programme spécial de logements sociaux pour les enseignants.

A ses dires, cela peut constituer un point d’accord pour une trêve afin de permettre aux milliers d’enfants des écoles publiques de jouir pleinement du droit à l’éducation pour une égalité de chances dans l’avenir sur le marché impitoyable de l’emploi.  “Une dose de bon sens et d’équité feront du bien au cœur des citoyens majoritairement meurtris dans un pays où l’Etat semble être en berne sur plusieurs questions essentielles”, a laissé entendre Mahamane Mariko.

Déployer les officiers maliens sur le théâtre des opérations

Sur la question de la réconciliation, il a indiqué que rien ne peut se faire sans les Maliens. Car, souligne-t-il, dans la recherche de solution à la crise multiforme au Mali, en particulier la crise sécuritaire, les Maliens semblent ignorer qu’ils doivent être au début et à la fin de toutes les initiatives. “Nous gagnerons difficilement le pari militaire en comptant sur ces différentes missions internationales déployées dans notre pays, notamment la Minusma, la force G5 sahel, l’Opération Barkhane. Comment peut-on expliquer qu’ils débarquent de la tête de force conjointe du G5 sahel un officier supérieur malien pour n’avoir pas pu déjouer un attentat à Sévaré, une ville située à 600 km de Bamako, pour le remplacer par un officier étranger dans notre pays ?”, s’est-il interrogé.

Pourtant, précise le président du parti, au même moment, un attentat est perpétré à Koulikoro (60 km de Bamako) malgré le limogeage de l’officier malien et la volonté de transférer le poste de commandement de cette opération à Bamako.

De son point de vue, la seule manière de reprendre la main, surtout sur le plan militaire, c’est de positionner nos militaires devant le théâtre des opérations. “Sinon, les officiers étrangers réfléchiront cent mille fois avant de donner leur poitrine pour sauver notre pays quand beaucoup des nôtres font le félon, choisissent les bureaux feutrés, la fête, les jouissances mondaines ou la menace et la torture des civils innocents. On aura tort de demander, malgré la présence de toutes ces missions militaires, pourquoi tant de menaces sur notre pays.  Il nous faut accepter de déployer nos officiers valeureux sur le terrain”, a-t-il conclu.          

B. PAÏTAO

 

 

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