IKATEL devient ORANGE : Ou la recolonisation du Mali qui se confirme à travers les Télécoms !
Après le Sénégal, où les marques commerciales Alizé, Sentoo et Keurgui Tv ont adopté depuis le 28 novembre dernier la bannière unique d'Orange, c'est au tour de la filiale malienne de
Chronique d'un complot contre le Peuple malien et son économie.
omme nous le montre toutes les affiches partout dans la capitale, affiches du reste trop agressives, le société de téléphonie mobile Ikatel est depuis ce matin " Orange ". On peut donc dire qu'est c'est là le dernier épisode d'un scandale socio-économique qui duré plusieurs années dans notre pays avec l'ouverture du secteur des télécommunications à la concurrence et cela au détriment de l'opérateur historique Sotelma. Un opérateur qui, actuellement, paie de la manière forte, la cupidité et la duplicité de certains responsables maliens ayant fait le choix de jouer contre les intérêts de leur propre pays.
Sinon, nulle part à travers le monde, comme nous le verrons plus tard, le secteur des télécommunications, une licence de téléphonie en tout cas, n'a été livré de la sorte à une entreprise étrangère. Dans tous les pays du monde, c'est à l'opérateur historique qu'on laissait certains monopoles ne serait-ce qu'à un temps bien déterminé contrairement au Mali où
Avec ce changement de dénomination, comme nous le disions, tous ceux qui doutaient de la grande arnaque sénégalo française (avec des complicités maliennes) à l'encontre de notre pays sont désormais édifiés. C'est, en quelque sorte, la recolonisation qui se confirme avec des avantages jamais accordés dans un pays auparavant uniquement à cause de pots de vin. En effet, notre pays a cédé, tenez-vous bien, une licence globale (mobile, fixe, fax, Internet et tout le reste) à une société fictive (ce qui est encore plus grave) à 44 millions de dollars pendant qu'en Mauritanie tout près de chez nous la troisième licence (pas globale du tout) vient d'être cédé à 159 millions de dollars. Comme si on avait décidé, nous-mêmes, de brader notre pays.
En réalité, vu la facilité avec laquelle France Télécoms a obtenu cette licence et toute la corruption qui a entouré l'opération, les français ne pouvaient se manifester de sitôt.
Des maliens qui, on peut le dire, seront appelé à cause des sous qu'ils mettent tous les jours dans le téléphone, à financer, à travers Orange, les campagnes d'hommes politiques comme Jean Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy et autres. Quel paradoxe ! Ce qui se passe au Mali est inédit. Dans aucun pays du monde on a assisté à une pareille honte. Des responsables au plus haut niveau de l'Etat qui brade notre économie au profit d'un autre pays. Comme s'il n'y avait personne dans les sphères de l'Etat, aux instances de décision pour dire non. C'est, en réalité ce qui manque à l'Etat : Des cadres courageux, prêts à mettre leurs postes en cause pour l'intérêt du pays.
Comment le secteur des télécommunications a été bradé
La vague de réformes du secteur des télécommunications déclenchée au niveau international se matérialise au Mali en 1994, avec une loi fixant les principes de privatisation des entreprises publiques et l'adoption par le Conseil d'Administration de
A la demande de l'Administration de
En 1995 on voit encore bien l'accent mis à la fois dans les termes de référence du gouvernement et dans le rapport de l'UIT sur le monopole sur les services de base (téléphone fixe, télégraphe, télex, transmission de données et infrastructures de production de ces services) à réserver à
Ce rapport pose les bases de
Afin de recevoir un appui technique et juridique, le gouvernement Malien a lancé un appel d'offres restreint auprès de cabinets de juristes avec des expériences dans la réforme du secteur des télécommunications dans d'autres pays. Le but était de réformer le secteur en deux phases : Examen du cadre juridique et réglementaire existant ; Ecriture d'un avant-projet de loi sur les télécommunications. Un cabinet malien de juristes, dont sont issus deux avocats à
Peu de temps après la soumission de l'offre en réponse aux termes de référence, le cabinet recevait une lettre de la part du Ministre de
Le cabinet et son correspondant canadien ont officialisé auprès du Ministère leur désarroi face à un non respect aussi total des règles élémentaires de transparence, sans recevoir de réponse. Ceci sans compter la perte d'argent et de temps de ce cabinet et des autres qui auront manifestement reçu la même communication (les seules termes de référence coûtaient environ 380 euros).
Ceci est le premier épisode de plusieurs où l'opacité et le soupçon de mélange entre intérêt public et intérêts privés planent sur la réforme du secteur des télécommunications au Mali.
La création de Malitel par décret
Le travail du cabinet de juristes adjudicataire de ce premier appel d'offre opaque devait aider le gouvernement à élaborer et approuver la future Ordonnance n° 99-043/P-RM, pierre fondamentale pour la réforme du secteur : elle établit en effet entre autre la création du Comité de Régulation des Télécommunications (CRT), préalable à toute ouverture du marché, et la nécessité d'une attribution de licence pour la téléphonie cellulaire.
Par contre, quelques mois auparavant, le gouvernement du Mali avait veillé par décret à la création d'une entreprise semi-publique nommée Malitel pour lui confier une activité d'opérateur GSM. Cette entreprise était à 56% de l'Etat et à 44% du consortium privé Sogetel, partagé entre France Télécom, Alcatel et des privés Maliens. Malitel donc naissait sans attribution de licence, mais cette position de faveur, qui peut être compréhensible dans le cas d'une entreprise d'état, profitait pour moitié à un groupe privé sans que le moindre appel d'offres ne soit lancé. Ce fut ainsi qu'un marché de gré à gré de l'ordre de 55 milliards de FCFA fut passé, au profit entre autre des groupes français Alcatel, qui dans Sogetel était celui qui apportait le matériel, et France Télécom, qui était celui qui assurait la gestion technique et commerciale par sa filiale Sofrecom. Le principal actionnaires de Sogetel est connus pour faire partie de toutes les affaires plus ou moins louches entreprises dans notre pays : Moctar Thiam (fils de Baboye Thiam le représentant national pour le Mali de Alcatel) possesseur à l'époque de 90% de Sogetel et qui avait été nommé PDG de Malitel.
Cette décision du gouvernement a été fortement critiquée par le syndicat de
Dans cette situation, le gouvernement Malien a été sommé par
Ceci n'a pas été fait gratuitement pour le contribuable Malien : Sogetel en effet est sortie de Malitel avec un dédommagement de l'ordre de 2 milliards de FCFA. Dans cette somme le droit d'exploitation du réseau GSM a été monnayé, alors que Malitel n'avait jamais acquis de licence d'exploitation.
L'ouverture du marché, un deuxième appel d'offres sans transparence ?
Comme prévu par l'ordonnance de 1999, le monopole de
Or cet appel d'offres aussi, en plus de critiques d'un niveau général au gâchis des ressources de télécommunications régionales, a suscité de fortes critiques par le personnel de
Mais la critique la plus importante a été causé par
Après examen du dossier, des commentaires et des analyses présentés par Mme le ministre chargé de la communication, Mme Bouaré Fily Sissoko,
Grâce à cet avis de
Les critiques avancées par le syndicat et une partie de la société civile malienne à ce processus sont de deux ordres. Pour eux :
Le rôle de
Le rôle de
En outre, son intervention dans l'affaire Malitel peut s'interpréter au moins de deux façons : si en effet il est vrai qu'ainsi faisant elle a obligé le gouvernement malien à revenir sur ses pratiques opaques de passage de marché de gré à gré, il est aussi vrai que le résultat de cela a été de contraindre le contribuable malien de débourser 2 milliards de FCFA pour du matériel qu'il n'avait pas demandé à acheter. Le groupe français Alcatel a d'une façon ou d'une autre gagné le marché du matériel de Malitel, avec toutes les évolutions qui seront demandées par la suite.
Dans l'affaire Ikatel, aussi, le rôle de
A suivre...
Makan KONE
"
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