Le Pdg de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma), Sidiki Konaté a animé, mardi dernier une assemblée générale. Cette rencontre, une première depuis sa prise de fonction entre, selon lui, dans le cadre des échanges périodiques de la Direction avec le personnel. Mais présente un caractère exceptionnel compte tenu du gouffre dans lequel se trouve la Sotelma.
Une bonne raison d’ailleurs pour le Pdg de commencer son intervention par la crise de trésorerie que connaît sa boîte à laquelle aucune solution à l’interne n’est trouvée à ce jour. Les difficultés évoquées ne sont pas pour rassurer à telle enseigne que certains agents de la Sotelma ont opté pour la retraite anticipée. Pire, la société est aujourd’hui incapable de payer à terme échu les salaires des travailleurs. «On s’endette pour payer les salaires et les primes» a relevé le Pdg.
«La situation est grave, très grave. Je m’abstiens de donner des chiffres pour qu’on ne puisse pas nous jeter en pâture… », a dit en substance le Pdg. «Mais elle est surmontable si chacun de nous fait un effort sur lui-même… » M. Konaté reconnaît avoir reculé devant une fronde des travailleurs qui lui ont opposé une fin de non recevoir lorsqu’il a voulu supprimer leurs primes de rendement. «Je suis allé sur ce terrain, j’ai trouvé que c’est très glissant et j’ai laissé tomber» (sic !).
Pourtant un agent qui a intervenu a rappelé l’urgence pour la direction de procéder à la prise de mesures impopulaires pour sauver la maison. Car, dit-il, les mêmes pratiques à l’origine de la crise de trésorerie ont cours au sein de la société, laquelle a maille à partir avec les banques qui ne lui font plus confiance. ’’Inter Sat’’ aussi menace de couper.
Ajoutez à tout cela le fait que l’Etat est un mauvais payeur parmi tant d’autres avec une dizaine de milliards d’arriérés de factures. Bref, à la veille d’une privatisation annoncée qui risque d’être ajournée compte tenu du brouillard qui règne actuellement on ne peut pas soutenir que l’opérateur historique de téléphonie se porte bien. Comme en atteste un mémo qui circule déjà dans les coulisses de la société.
A suivre
A .H. M