Editorial : Y a-t-il un orage dans le ciel malien ?

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L’Azawad,  le berceau de la civilisation touarègue couvre les deux tiers du nord du Mali. En 1963,  fut la première  rébellion des Touaregs,  d’autres vont suivre. Aujourd’hui, encore ils ont recommencé leur mouvement. Dans la région de Kidal, depuis quelques temps, une partie des touaregs réclament  leur indépendance, une vive tension  règne et le retour du groupe de combattants pro-Kadhafi dans le nord du Mali  ne facilite pas la tâche.  Une zone devenue périlleuse avec le refuge des terroristes, des bandits, des trafiquants de tous genres et le commerce illicite de la drogue et des armes au risque d’avoir de l’orage dans l’air.

 

Pourrions-nous imaginer un jour le partage de ce grand pays? 

 

 

Le Mali est relativement connu par la richesse de son histoire: cinq empires ou royaumes importants y sont succédés : l’Empire du Ghana, l’Empire du Mali, l’Empire Songhaï, le Royaume Bambara de Ségou et l’Empire peul du Macina. Quand on sait que l’Afrique est appréhendée comme le continent de la guerre, celui des conflits fratricides qui opposent  des «tribus» ou des «ethnies» antagonistes et que, tant de pays voisins envient le Mali pour sa stabilité. 

 

Et si chaque ethnie demandait  son territoire ?

Le Mali est composé d’au moins treize ethnies, les Touaregs ne représente qu’une minorité. En plus des Kountas et des Maures, ils font les trois réunis, dix pour cent de la population malienne. Le Mali est l’un des rares pays africains où toutes les  portes sont ouvertes sans discrimination que ce soit politique, administrative, sociale ou autres…Malgré leurs différends, malgré d’innombrables difficultés qui surgissent  quotidiennement dans leurs vies, les maliennes et les maliens ont toujours pu gérer leurs problèmes. Cette omnipotence vient  tout simplement de la vitalité que notre pays puise dans sa pluralité ethnique. Notre éducation, nos traditions et nos valeurs ont toujours eu comme base, la tolérance et la non-violence en privilégiant le dialogue.

N’avons-nous pas intérêt à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour vivre en paix ?

Notre Etat est indépendant,  avec une seule nation «un peuple, un but, une foi» et un seul drapeau «vert, jaune rouge». Il est  construit pour être un pays uni pas pour être un pays  morcelable. Il a fait un long chemin depuis son indépendance, et  il fait figure d’exemple en matière de politique pour le reste de l’Afrique. Il a aussi contribué efficacement et participé de nombreuses fois au maintien de la paix sur le continent Africain. Après  tant d’efforts ces dernières années par nos dirigeants afin de maintenir  la démocratie,  tant de travail pour faire progresser le développement dans notre pays, le peuple malien  cautionnera t-il  le séparatisme?

A quelques mois des élections présidentielles,  cruciales pour notre pays, l’adrénaline monte et le taux de testostérone grimpe.

Stop à la spéculation! Le manque de communication de nos dirigeants commence à agacer.    L’inquiétude grandie au sein de la population malienne qui veut être informée sur ce qui se passe dans le nord de son pays afin de couper court à toutes rumeurs. Si un peuple reste dans la peur, le désordre et l’insécurité, la psychose s’installe, ce qui peut dégénérer et avoir des retombées malheureuses. Par contre, nos politiques connaissant l’enjeu de cette problématique, ils  seront par leurs grandeurs, enlevés encore une fois de plus l’épine du pied sans faire mal.

ATT, c’est l’homme de paix, ce qu’il nous a toujours fait paraître…, ne partira pas le 08 juin 2012 sans mettre fin à ce problème épineux qui est celui du nord, surtout au moment même où le Mali s’apprête pour les élections de 2012. Il sera à la hauteur pour calmer cette fraction de touaregs révoltés, marquer  la fin des hostilités par l’enterrement de toutes les armes en leurs possessions et  les empêcher de recommencer à tout jamais.

. «La paix universelle se réalisera un jour non parce que les hommes deviendront meilleurs mais parce qu’un nouvel ordre, une science nouvelle, de nouvelles nécessités leur imposeront l’état pacifique»  disait  Anatole France»

Tous convaincus que la stabilité de notre pays,  et la progression de son  développement ne peut se faire  par l’usage des armes et de la violence…, le Mali trouvera une issue favorable pour sortir de cette impasse.  Aucun Malien, peu importe sa région, n’a intérêt à une rébellion qui plongerait nos populations  dans un chaos, les larmes et le sang…, Faisons face à ce qui nous uni au lieu de nous éparpiller sur ce qui nous divise. C’est dans l’union que chacun tirera son épingle du jeu.De toute évidence, la  voie du dialogue primera, parce que nous sommes aussi tous des  frères et sœurs, du nord ou du sud, la région de Kidal  fait partie du Mali et que la paix permettra à nous tous d’envisager l’avenir ensemble avec confiance et espoir.

 

Par  Neïmatou  Naillé Coulibaly


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