Pour mieux préparer la rentrée Académique 2011-2012 : L’Université de Bamako provisoirement fermée Des professeurs grincent les dents pour leurs heures supplémentaires

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Dans le cadre de la recherche de solutions pérennes aux nombreux problèmes qui assaillent l’Enseignement Supérieur au Mali, le ministère en charge de cet ordre d’enseignement a entrepris plusieurs initiatives salutaires. Au nombre de celles-ci  figure la fermeture très prochaine de l’Université de Bamako et sa scission en quatre nouvelles universités. Ce, pour que la prochaine rentrée académique se passe dans les meilleures conditions. Mais, de sources dignes de foi, certains professeurs ne seraient pas de cet avis. Ils seraient opposés à toute initiative qui leur ferait perdre leurs heures supplémentaires.

Pour mieux comprendre les difficultés structurelles auxquelles est confrontée l’Université de Bamako, il est important de situer certaines réalités dans leur contexte. Dernière ligne droite avant la vie active, l’Université de Bamako, créée en 1996, souffre terriblement d’une insuffisance de ressources financières. En effet, le budget du sous-secteur de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, au titre de l’exercice budgétaire 2010, était de l’ordre de 39 milliards de FCFA sur lesquels environ 56%  ont été consacrés au volet social au titre des salaires, accessoires de salaires et au Centre national des œuvres universitaires (CENOU). Les ressources propres des établissements d’Enseignement Supérieur public sont très faibles. Alimentées presque exclusivement par les frais d’inscription des étudiants, ces ressources ne représentaient que 7% du budget de l’Université de Bamako en 2010.

C’est pour trouver une solution à toutes ces difficultés que le ministre Siby Ginette Bellegarde, en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et ses collaborateurs ont, en concertation avec les autres acteurs de l’école, fait des propositions allant dans le sens de l’amélioration des conditions de travail et pour le corps professoral et pour les étudiants en termes d’infrastructures. Car, la demande sociale pour l’enseignement supérieur reste toujours forte et les milliards de FCFA  investis par les plus hautes autorités ne suffisent pas à combler les besoins en infrastructures d’accueil de l’Université de Bamako. Pour près du tiers de ses effectifs, l’Université de Bamako vit dans des immeubles dont certains sont inadaptés et baillés à prix d’or. Il s’agit de l’immeuble Sylla, de la salle Bakaïna, d’Azar Center, du Palais de la Culture et de la salle des spectacles du Stade Omnisports.

Un effectif de 83 000 étudiants

Par rapport à l’encadrement, le taux demeure très bas. Il est de l’ordre d’un enseignant pour 100 étudiants pour un effectif d’environ 83.000.  Quatre fois supérieur à la norme de l’UNESCO, ce taux contraint le personnel enseignant à une charge dépassant les capacités humaines en termes de cours, de corrections de copies et d’encadrement des mémoires de fin d’études. En effet, un enseignant de l’Université de Bamako en arrive à corriger jusqu’à 5.000 copies et à assurer 40 heures supplémentaires contre une moyenne statutaire de 10 heures ; une session d’examen peut occuper souvent jusqu’à deux des neuf mois que dure l’année académique. Toutes choses qui ne permettent pas un épanouissement de ce personnel et la disponibilité d’esprit que requiert la conduite d’activités intellectuelles et encore moins de recherche scientifique. Malheureusement, certains enseignants font fi de ces réalités et ne jurent que par les heures supplémentaires. C’est pourquoi, ils ne seraient pas du tout d’avis de fermer l’Université de Bamako et sa scission en quatre nouvelles universités. Or, la solution à la pléthore de l’effectif de l’Université de Bamako passe indubitablement par là. Cette fermeture, outre qu’elle résorbera la sulfureuse question d’effectif, permettra également de répondre à celles de l’insécurité et de  l’insalubrité sur les Campus universitaires de Badalabougou et du Point G.

Par ailleurs, les installations électriques, datant des années 1960, sont vétustes et répondent difficilement à la demande actuelle (ces installations ont déjà subi des débuts d’incendie). En outre, une seule et même installation électrique alimente les infrastructures pédagogiques, les dortoirs et la dizaine de maisons d’astreinte à proximité ainsi que les petits commerces, kiosques implantés en divers endroits sans l’autorisation des responsables universitaires. La consommation d’eau et d’électricité de tout l’ensemble est supportée par le budget de l’Université. La gestion des dortoirs est toujours entre les mains des comités AEEM. Prévus pour 600 places, les dortoirs de la FAST en comptent plus du quadruple menaçant du coup la stabilité des infrastructures.

Pour l’ensemble des problèmes évoqués et des solutions proposées, il est un devoir citoyen d’accompagner le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dans l’exécution de ces mesures afin d’aller, enfin, vers des années académiques normales.                                  Diakaridia Yossi

 

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