Organe unique électoral : Pourquoi la CENI est disqualifiée

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Au départ, nous avions rêvé d’une Commissions électorale nationale « Indépendante ».

A l’arrivée, nous sommes aujourd’hui face à une CENI périmé hors la loi. Une CENI dont le mandat légal a pris fin depuis le 31 juillet 2020, c’est-à-dire il y a près de six (07) mois. Une CENI qui ne repose donc sur aucun fondement légal au regard de la loi électorale n°2016-048 du 17 octobre 2016 modifiée par la loi n° 2018-014 du 23 avril 2018.

Pourtant, c’est cette même CENI- une institution avec des membres au mandat totalement périmée- qui a l’outrecuidance de s’inviter dans le débat républicain sur la structure unique de gestion des élections au Mali. Cette CENI qui n’a aucune considération pour les lois de la République y compris celle qui la régit, pousse le ridicule jusqu’à proposer le renforcement de son propre contrôle sur l’ensemble du système électoral au Mali. Alors qu’elle même évolue hors de tout contrôle de la loi.

De qui se moque-t-on enfin ? Ceux-là même qui foulent au pied la loi sur leur propre institution revendiquent un renforcement de pouvoir tendant à contraindre d’autres acteurs au respect de la légalité électorale ! Ceux- là même qui se plaignent de manquer de suffisamment de pouvoir pour assurer le suivi et la supervision du processus électoral, ne sont-ils pas les mêmes membres de la même institution qu’on a vue se coucher à plat ventre, la panse bourrée de la gigantesque couleuvre des manipulations électorales grotesques sous le régime de IBK ?

Qui a jamais entendu, pour ne pas remonter plus loin, la voix de cette CENI illégale dans le concert de dénonciations, des fraudes massives des dernières législatives ?

Comment celui qui n’a pas pu le moins, pourrait-il le plus ? That is the question !

Par ailleurs, en quoi ceux qui portent la responsabilité y compris de nature pénale, du discrédit institutionnel de la CENI, ne seraient-ils pas disqualifiés à débattre de l’hypothétique organe unique électoral ?

C’est bien au regard de cette réalité bien cruelle qu’une éventuelle structure unique de gestion des élections ne sera pas en soi une panacée. Il serait illusoire de croire qu’en soi, un organe électoral dit unique et indépendant va balayer d’un coup de baguette magique les manipulations et fraudes ainsi que les contestations électorales musclées qui s’en suivent généralement.

Au-delà de l’institution, c’est avant tout le poids des hommes qui l’animeront qui fera le poids. Leur compétence. Leur intégrité. Leur moralité. Leur indépendance dans leurs têtes. Mais aussi et surtout, leur attitude républicaine de respect en toute circonstance, d’exprimer de la loi en tant que norme obligatoire pour tous, dont les membres actuels de la CENI ont pour le moins fait preuve en s’arc-boutant sur la violation de la loi électorale en vigueur.

Dr Brahima FOMBA, Université des Sciences

Juridiques et Politiques de Bamako (USJP)

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