Le Mali à la COP 21 de Paris : Le ministre Koné et les experts informent la presse

Quels sont les enjeux de la COP 21 de Paris pour le monde? Quelles sont les propositions du Mali lors des négociations? Où en sont celles-ci? Quel est le contenu de la Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) de notre pays? Ces questions étaient au centre d’une rencontre avec la presse organisée par le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable (MEADD), le lundi 16 novembre 2015 à l’Azalai Hôtel Salam.

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Ousmane Koné

Le Mali, d’après les experts, est un «puits de carbone», car notre pays absorbe plus de gaz à effets de serre (GES) qu’il n’en produit. Il le restera d’ailleurs jusqu’en 2030. Bien avant cette échéance, le département en charge prioritairement de la lutte contre les changements climatiques, l’atténuation de leurs effets et l’adaptation à ceux qui sont déjà irréversibles, a pris le taureau par les cornes.

Rappelons qu’en ce qui concerne les émissions mondiales de GES, l’Afrique intervient pour 4,55% et le Mali pour 0,06%, alors que la température a augmenté en moyenne dans notre pays, au cours des cinquante dernières années, de 0,7°Celsius (moyenne qui pourrait atteindre 3°C en 2100 si rien n’est fait), tandis que la pluviométrie moyenne reculait, dans le même temps, de 16%, avec des amplitudes allant de 5 à 30%. C’est dire que l’on ne peut plus «regarder ailleurs».

En outre, rappelons également que le Mali occupe une position hautement stratégique pour l’Afrique dans le processus de négociation de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), car entre 2016 et 2017, notre pays assurera la présidence du groupe continental.

La COP 21 de Paris, qui se tiendra au début du mois prochain, sera décisive, car elle permettra de confirmer les efforts mondiaux en matière de protection de l’environnement et sera la dernière chance de s’accorder sur des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui permettront de tenir l’objectif d’une augmentation maximale de la température globale de moins de 2°C d’ici la fin du siècle, notre pays, très engagé en la matière, prônant même un objectif de 1,5°.

Dans la Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) du Mali, ce sont des objectifs ambitieux de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux changements climatiques qui sont programmés, soit 29% pour l’agriculture, 31%pour l’énergie et 21% pour les forêts et le changement d’utilisation des terres. Ceci pour un coût total de 34,68 milliards de dollars américains: 1,16 pour l’énergie, 20,6 pour l’agriculture et 12,92 pour les forêts.

A l’ouverture de la journée d’information des médias, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Ousmane Koné, a expliqué que «l’accord de Paris va être un accord mondial. Ce n’est pas parce que nous sommes un puits de carbone que nous devons être dispensés de l’effort collectif. Paris doit permettre de construire un nouvel ordre mondial sur les changements climatiques, avec l’adoption de règles contraignantes, six ans après l’échec de la COP de Copenhague».

C’est lors du Sommet de la Terre de Rio, en 1992 que la CCNUCC a été créée, dans le but d’empêcher les actions néfastes de l’homme sur le climat mondial. L’un des engagements était la décision d’organiser des conférences internationales chaque année, les COP, regroupant toutes les parties (actuellement, 195 Etats) afin de discuter du changement climatique.

Le Mali a ratifié la Convention en 1994 et, en 1997 a signé le Protocole de Kyoto, dont la refonte est l’objet principal des négociations en cours, avant de le ratifier en 2005. Depuis, il a participé à toutes les COP y afférentes, avec comme représentants des acteurs étatiques et non étatiques au plus haut niveau.

C’est pour que les relais de l’information que sont les journalistes soient parfaitement édifiés à ce sujet que la rencontre a été organisée, en présence du Secrétaire Général du MEADD, Mamadou Gakou, du Directeur de l’Agence pour l’Environnement et le Développement Durable, Dr Diabaté, de tous les cadres du département, des Points focaux Changements Climatiques, Dr Modibo Sacko, et Giec, Dr Birama Diarra, et de nombreux partenaires techniques et financiers du Mali dans le domaine de l’environnement. Nous reviendrons sur le contenu des contributions de ces experts et celui de la CPDN du Mali dans notre prochaine édition.

Ramata Diaouré

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