WASH dans les centres de santé : où en est-on avec la mobilisation des fonds pour la feuille de route ?

Alors que l’échéance de 2030 approche à grands pas, la question du financement de la Feuille de route nationale pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH) dans les centres de santé reste cruciale. Un comité (État, partenaires, société civile), baptisé Task Force WASH, a été mis en place et un plan de mobilisation des financements a été adopté. Mais au-delà, qu’est-ce qui a été fait dans le cadre de la mobilisation de ce financement ?

13 Mar 2026 - 10:12
13 Mar 2026 - 11:06
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WASH dans les centres de santé : où en est-on avec la mobilisation des fonds pour la feuille de route ?
Agent de santé dans un CSCOM de Bla

En 2019, le Mali s’est engagé à mettre en œuvre la résolution de l’Assemblée mondiale de la santé qui recommande à tous les pays, à travers 11 points, d’améliorer les aspects liés à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans les structures de santé. Un plan d’action a été adopté, assorti d’une Feuille de route qui détermine les gaps à combler à l’horizon 2030. « Cette feuille de route est un élément essentiel, car c’est ce qui nous guide par rapport à ce que nous devons faire, quand nous devons le faire, avec qui et avec quels moyens », a indiqué Sory Ibrahim Bouaré, conseiller WASH et Environnement à l’OMS au Mali.

L’organisation WaterAid Mali est un partenaire stratégique dans la mise en œuvre de la Feuille de route. Selon Mamadou Keita, manager du Plaidoyer et des Politiques à WaterAid, celle-ci est estimée à 38,5 milliards FCFA pour garantir un accès adéquat à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement (WASH) dans les centres de santé. La mobilisation de cette somme, informe Keita, est étalée sur plusieurs années. Ainsi, après l’adoption de la Feuille de route, un plan de mobilisation des financements a été élaboré en 2025. Ce plan est revu annuellement jusqu’en 2030, dans la perspective d’un accès universel au WASH dans les centres de santé.

Combien dans la cagnotte ?

À la question cruciale : des financements ont-ils déjà été mobilisés ? La réponse de Boureima Tabalaba, directeur exécutif de la Coalition nationale de la Campagne internationale pour l’eau potable et l’assainissement (CN-CIEPA), est sans équivoque. « Ce n’est pas qu’aucun financement n’a été mobilisé », assure-t-il. Avant d’expliquer : « Des ressources existent déjà dans les budgets des différents ministères et dans les programmes des partenaires. Cependant, il n’existe pas encore de budget spécifique dédié exclusivement à la mise en œuvre de la feuille de route. »

Cette révélation met en lumière le paradoxe actuel : l’argent existe, mais il est noyé dans des programmes plus larges, rendant difficile le suivi et l’impact direct sur la feuille de route. C’est pour corriger cette insuffisance que le plan de mobilisation des ressources a été adopté et révisé en février 2026. Son objectif, selon Tabalaba, est d’amener les ministères et les partenaires à créer des lignes budgétaires spécifiques. « La phase actuelle est encore celle de la sensibilisation et de l’engagement des acteurs », défend le directeur exécutif de la CN-CIEPA.

L’urgence du délai

À l’horizon 2030, le financement de la Feuille de route pourra-t-il être entièrement mobilisé ? Moussa Ag Hamma, sous-directeur en charge de l’hygiène publique à la Direction générale de la santé publique, continue d’y croire, même s’il reconnaît que « le contexte est un peu difficile ». Aujourd’hui, explique-t-il, il est très difficile de trouver un partenaire qui s’engage de façon très concrète. « Les partenaires sont financés par des bailleurs. Parfois, ils changent leurs priorités de financement. D’autres se sont déjà retirés du Mali », a souligné Moussa Ag Hamma.

À l’OMS Mali, Sory Ibrahim Bouaré compte sur le dynamisme enclenché au sein de la Task Force WASH en milieu de soins pour aller loin. « Tant que les partenaires sont là et que nous planifions ensemble, des solutions seront trouvées », a déclaré le conseiller WASH et Environnement à l’OMS.

Le plus difficile, selon lui, a été l’évaluation de la situation de départ et l’élaboration des plans. Maintenant que cela est acquis, Bouaré identifie deux clés pour réussir la mobilisation du financement. D’abord, une synergie entre tous les acteurs – État, partenaires techniques et financiers et société civile. Ensuite, la participation effective de l’État au financement, car « les partenaires ne peuvent pas tout faire ».

Mamadou TOGOLA / Maliweb.net