Assassinat de Mamarou Sidibé et Oumar Kané à Dabalé : Les auteurs condamnés à la peine de mort !

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    Abou Konaté, Balla Kanté, Seydou Camara et  Daouda Keïta, sont ceux qui ont arrêté illégalement et séquestré Mamarou Sidibé( électricien) et son ami Oumar Kané dit Baboye ( réparateur de moto) sur le placer de Dabalé, situé dans la commune rurale de Minidjan, cercle de Kangaba, le 26 décembre 2018. Ces assassins ont traité leurs victimes de bandits armés sans aucune preuve à l’appui, avant de les lyncher à mort dans leur base de chasseurs. Tous mis en cause pour arrestation illégale, de séquestration de personnes, d’association de malfaiteurs et d’assassinat, Abou Konaté, Balla Kanté et Seydou Camara ont comparu devant les juges aux Assises du 26 novembre dernier, ils ont été punis à une peine de mort, et Daouda Keïta a subi le même sort par contumace.

    En effet, le placer de Dabalé faisait l’objet de plusieurs attaques par des bandits armés. Pendant ce temps, les chasseurs qui s’auto-chargés de la sécurité de cette zone apprenaient d’un féticheur qu’un homme avec une grosse moto devrait bientôt commettre des actes de banditisme sur le placer.

    Alertée par cette nouvelle, la population redoublait de vigilance à l’effet de repérer l’individu ainsi signalé. Pour cela, le 26 décembre 2018, Mamarou Sidibé, électricien de son état, sur une grosse moto cylindrée appelée « Routière » quittait son village Bocoro pour se rendre à Bougoufié, un village situé non loin du placer, dans le but de voir l’état d’un groupe électrogène qu’il avait confié à son ami Oumar Kané dit Baboye, réparateur de moto.

    Dès l’arrivée sur le placer, toute la contrée était informée et presque tout le monde s’était convaincu qu’il s’agissait du cambrioleur indiqué par le féticheur. Une fois informé,  le chef d’équipe des chasseurs basés sur le site, Nama Keita, a envoyé trois éléments dont un certain Zou d’interpeller la victime Mamarou alors qu’il était au niveau du garage de son logeur et ami Oumar. Sans résistance aucune, Mamarou a été conduit à la base des chasseurs et une fouille de ses affaires s’en est suivie permettant la découverte d’un pistolet de fabrication locale.

    Par la suite, le réparateur (Oumar Kané) ne se doutant de rien se rend de lui-même à ladite base pour tenter de leur donner des explications nécessaires pour que son ami puisse être épargné. Mais hélas ! Car à son tour et à sa grande surprise, il a été lui aussi gardé et traité comme complice du suspect et tous les deux étaient ligotés au niveau des pieds, les mains attachées dans le dos à l’aide de solides cordes et soumis à un interrogatoire musclé durant toute la nuit (comme dans les juridictions compétentes) avant d’être conduit à 400 mètres des habitations pour y être lynché.

    C’est le lendemain des faits soit le jeudi 27 décembre 2018 vers le matin que le Commandant de la Brigade Territoriale de Kangaba a été informé de la scène par le maire de la Commune de rurale de Minidjan, ensuite une enquête judiciaire fut ouverte et inculpant les auteurs qui ont reconnu les faits à leur encontre.

    Le 26 novembre 2020, c’est ce dossier de l’arrêt N°534 qui fut le premier passé sur la table des juges aux Assises. Tous présents sauf Daouda Keîta ce jour, ils ont tenté de nier les faits. Seydou Camara se défend à la barre de ne pas être dans une association de malfaiteurs. Cela en s’exprimant en ces termes : « Dans chaque site d’orpaillage, il y a des règlements. Nous luttons contre l’insécurité. Je suis chasseur mais le jour des faits, je n’étais pas présent et les chasseurs ont été débordés par la foule, c’est cela qui a occasionné le lynchage ». Il ajoute que c’est leur chef qui a donné l’ordre mais qu’ils n’ont pas de preuves contre lui.

    Balla Kanté a voulu être le plus malin en disant qu’ils ont été informés sur l’arrivée d’un bandit. « Nous nous sommes dirigés vers la brousse. C’est le matin que j’ai appris qu’ils ont été lynchés » a-t-il dit comme alibi.

    Dans la même lancée, Abou Konaté ajoute qu’il n’a point vu les victimes encore moins leurs corps, «  Je n’étais même pas sur les lieux. C’est sur la vidéo que j’ai pris connaissance de l’affaire ».

    A son droit à la parole, le parquet n’a pas mâché ses mots. Il relate que c’est suite à une information formulée par un féticheur que ces chasseurs ont arrêté arbitrairement les deux victimes, ligotées, séquestrées et assassinées par la suite. « Les faits sont très graves. Une association peut signaler des cas de braquages à des autorités administratives compétentes mais pas d’arrestation illégale et de séquestration » a-t-il signalé.

    Comme indiquant son rôle d’avocat de la Défense, Me Harouna Keïta a plaidé pour ses clients. En 1er lieu, il s’est incliné devant la mémoire des victimes. En 2ème lieu, il a annoncé que les faits sont très graves. « J’ai regardé la vidéo sur les mis à mort,  mais les trois accusés ici présents n’apparaissent pas. Il s’agit ici de situer la part de responsabilité de chacun. Ce sont les chefs des chasseurs qui ont donné l’ordre et ils n’ont jamais été arrêtés. Et pourquoi ? » a-t-il posé comme question. Il ajoute : «  demander à vos officiers de police judiciaire de travailler dans la légalité. Vous avez vu comment la gendarmerie de Kangaba s’est comportée ? Aucune preuve montrant que ceux-ci ont participé à l’assassinat »a conclu Me Keita.

    Vu la gravité des choses et de la situation, la cour n’a point hésité à condamner Abou Konaté, Balla Kanté, Seydou Camara à la peine capitale et Daouda Keita aussi par contumace (n’étant pas présent au procès). Et la fixation de leur payement de dommage et intérêt est programmée pour la prochaine session. Le féticheur à l’origine de ces crimes ne mérite-il pas le même sort ?

    Par Mariam SISSOKO

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    1 commentaire

    1. Ainsi va le Mali. Les lois sont foulées au pied, les charlatans et marabouts escrocs ont pignon sur rue. On croit tout connaître alors qu’ on ne connait rien. On ment, on jalouse, on envie et on est fainéant.
      On est orgueilleusement fat alors qu’on ne maîtrise aucunement notre histoire qui ne se raconte que sur le mythe, le mensonge, l’imaginaire.
      On attribue notre pauvreté aux autres surtout ceux qui ne sont ni de notre religion, ni de notre continent et tout simplement on croit que si on n’avait pas été colonisé, on serait l’El Dorado ou couvert par la providence divine.
      Un pays d’anarchie, d’insouciance et d’apatrides. Rien que la boulimie du gain facile et sans moralité. Enfin, on pense qu’on constitue la fin de l’univers.

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