Meurtre à Djicoroni-Para : Le fleuve Niger restitue les restes de Charlo à ses parents

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    Plus généreux que le fleuve Niger, on meurt. Pour preuve, il a restitué, les restes de Salif Niaré dit Charlo ou Dah à ses parents dont le corps lui a été gracieusement offert dans la nuit du 19 au 20 octobre dernier par ses camarades qui l’ont tué pour suspicion de vol de portable.

    La nouvelle de la découverte est partie d’un pêcheur à la recherche des poissons dans le fleuve. Dans la matinée du 13 novembre dernier, pendant que ce dernier fouinait dans les eaux et sous des herbes, il découvre un colis peu ordinaire accosté sur la berge à la hauteur de la Cité du Niger en face de la radio Kledu en Commune II du district de Bamako. En lieu et place d’un poisson égaré, il voit un ossement humain. Toute activité cessante, il se précipite vers ses autres camarades pour informer les responsables de l’association des pêcheurs de la Commune II. Ceux-ci, comme à l’accoutumée, saisissent à leur tour, la Brigade fluviale territorialement compétente. Celle-ci croit aussitôt aux restes de Salif Niaré dit Charlo ou Dah dont le commissariat de police du 5e arrondissement avait loué ses services pour chercher le corps dans le fleuve. Le Commandant de brigade de cette unité informe aussitôt le commissaire divisionnaire de police Boubacar Konaté de ce que les restes du corps de Charlo ont été découverts au niveau de la Cité du Niger en Commune II. Ce dernier saisit le tribunal de la Commune IV. Une équipe composée du juge d’instruction et du substitut du procureur de la République près le tribunal de la Commune IV, du conseiller municipal Seydou Keita, chargé des questions de sécurité, de l’inspecteur de police Salim Diallo, assisté de l’adjudant de police Ludovic Dembélé du commissariat de police du 5e arrondissement, du présumé meurtrier Djigui Camara dit Bass, extradé de la prison pour la circonstance et un médecin du centre de santé de référence de la Commune IV, s’est joint aux gendarmes de la Brigade fluviale pour se rendre sur les lieux.

    Bass au bord de la dépression devant les restes de sa victime

    A peine l’équipe a-t-elle débarqué sur les lieux que Djigui Camara dit Bass s’est jeté par terre en criant que ce sont les restes de « son frère Charlo. » « J’ai dit, poursuit-il, d’aviser la police au lieu d’aller jeter son corps dans le fleuve, mais, c’est Fodé Camara dit Victor Sy chez lequel le drame a eu lieu, qui s’en est opposé. Et voilà les conséquences », a-t-il conclu. Bass reconnaît les restes de sa victime par les morceaux du rideau qui avaient servi à attacher les mains et les pieds du défunt après avoir plié son corps comme un arc et le sac de riz dans lequel ils l’ont enfoui avant de l’enrôler dans une natte en plastique et attacher le tout dans un drap blanc. Les policiers, avant de rassembler ces objets ayant permis l’identification du corps, l’ont fait désinfecter par des agents de la pompe funèbre de la mairie, présents sur les lieux sur conseil du médecin légiste. Après tout le constat, sous les ordres du juge d’instruction de la Commune IV, la police a mis les restes de l’infortuné à la disposition de ses parents pour inhumation, le même jour. Comme s’il était écrit très haut que Salif Niaré dit Charlo ou Dah devait rejoindre ses ancêtres de cette manière peu élégante.

    Pour mémoire, le nommé Salif Niaré dit Charlo ou Dah et les autres membres de son groupe, après s’être drogués au domicile de Fodé Camara dit Victor Sy, leur quartier général, à Dicoroni-Para-Dianékabougou en Commune IV, ont passé la nuit sur place. Leurs jambes devenues plus lourdes, ne permettant à plus aucun d’eux de rallier son domicile. Tôt le matin, Djigui Camara dit Bass, réveillé de son sommeil, constate la disparition de son téléphone portable. Il soupçonne Salif Niaré dit Chalo ou Dah. Celui-ci jure la main sur le cœur qu’il n’en sait rien. Malgré tout, il ne réussit pas à convaincre Bass. Celui-ci s’empare d’un gros bâton pour battre Charlo comme du mil. Ce qui devait arriver arriva. Le pauvre sombre dans le coma, le sang giclant de sa bouche et de son nez et meurt quelques minutes plus tard. Son agresseur visiblement satisfait, vide les lieux avec sa copine Fatoumata Diarra dite Fatimba qui a elle aussi assisté au drame. Informé peu après, Bass revient au chevet de sa victime. Vu la gravité de l’affaire, Bass et Fodé dit Victor Sy réfléchissent à des plans qui consistent à évacuer discrètement le corps des lieux. Après de longues discussions, ils décident de le jeter dans le fleuve avec l’appui de leur collègue Alassane Keita et Adama sans d’autres précisions, employé de Fodé, le Pablo Escobar de Djicoroni-Para Dianékabougou. Ils croyaient alors que l’affaire allait se limiter là. Mais, c’était sans savoir que le péché était trop lourd pour être inscrit au rôle du jugement dernier. Peut-être que celui d’ici-bas auquel ils sont soumis permettra de lénifier le sort qui les attend. Demain.                    

    O. BOUARE

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