Pour défendre les travailleurs de l’économie informelle : Le SNSI sur les fonts baptismaux !
Une étape importante vient d’être franchie dans l’organisation du secteur informel au Mali avec la création du Syndicat National du Secteur Informel (SNSI) à l’issue d’une assemblée générale, tenue le jeudi 16 avril 2026 au centre Olympa de Banankabougou.
Cette initiative, portée par des acteurs engagés, vise à structurer un secteur qui représente une part écrasante de l’emploi dans le pays. Réunis autour de valeurs communes, les travailleurs du secteur informel ont décidé de s’unir pour mieux défendre leurs intérêts. Le SNSI repose sur des principes fondamentaux tels que la solidarité, la liberté, l’indépendance et la justice sociale. Le syndicat entend agir en toute autonomie, sans influence extérieure. L’objectif principal est clair, améliorer les conditions de travail, les salaires et les garanties sociales des travailleurs, tout en renforçant l’action collective et en promouvant le respect des droits humains et syndicaux. Selon les données de l’EMOP (2020-2022), l’informalité domine largement plusieurs secteurs d’activité, 90,4 % dans le transport, 94,3 % dans le commerce et 89,3 % chez les artisans. Ces chiffres illustrent l’urgence d’une organisation collective, pour apporter des réponses efficaces aux défis structurels. Face à cette réalité, le SNSI ambitionne de faciliter la transition vers l’économie formelle, notamment à travers le dialogue tripartite impliquant travailleurs, employeurs et autorités publiques. Il vise également à promouvoir l’entrepreneuriat, la création d’emplois décents, ainsi que l’accès à la protection sociale. Le SNSI s’appuie sur plusieurs organes, allant des syndicats de base aux fédérations régionales, en passant par des comités dédiés aux femmes et aux jeunes. Ces derniers jouent un rôle central dans la dynamique du syndicat. Les femmes sont appelées à renforcer leur leadership, lutter contre les inégalités et veiller à l’intégration du genre dans les négociations collectives. Les jeunes, quant à eux, auront pour mission de sensibiliser aux droits syndicaux et d’assurer la relève au sein des structures. Le congrès, instance suprême du syndicat, se tiendra tous les cinq ans et réunira des délégués issus de toutes les structures. Il constitue le principal cadre de décision et d’orientation stratégique.
Un bureau de 80 membres a été mis en place. A la tête de ce nouveau bébé qui naît avec ses trente deux dents, Boubacar Mohamed Samaké, élu secrétaire général. Il a exprimé sa gratitude envers les différents acteurs du secteur informel, notamment les transporteurs, maraîchers, artisans, commerçants, prestataires de services, ainsi que les femmes et les jeunes. «Nous avons compris que c’est dans la solidarité, la liberté et l’indépendance que nous pourrons bâtir une force sociale capable de promouvoir la justice sociale et environnementale », a-t-il déclaré. Il a également salué les efforts des autorités, notamment le ministère de l’Entrepreneuriat, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, qui a organisé en juillet 2025 un atelier national sur la transition vers l’économie formelle, dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance 2023-2027.
A l’en croire, le SNSI s’inscrit dans une dynamique nationale visant à formaliser progressivement l’économie. Parmi ses priorités figurent la promotion de meilleures conditions de travail, le développement de programmes de formation et de professionnalisation, le renforcement de la protection sociale et l’organisation du secteur informel pour accroître sa contribution au développement socio-économique. Le secrétaire général a appelé le bureau exécutif national à faire preuve de détermination, de transparence et de responsabilité pour relever les nombreux défis du secteur.
Avec la création du SNSI, les travailleurs de l’économie informelle disposent désormais d’un cadre structuré pour faire entendre leur voix et peser dans les politiques publiques. Une avancée majeure pour un secteur longtemps resté en marge.