Mali: «Des régimes Tagninibougou»

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Les  Maliens, dans leur majorité, souffrent des affres des régimes successifs, de 1968 à nos jours. De mémoire, j’ai vécu le régime du lieutenant Moussa Traoré qui a plongé notre pays dans un désastre sans précédent. Les militaires du Comité militaire de libération nationale (CMLN), après leur forfait du 19 novembre 1968, ont mis le pays sous leurs fonctions régaliennes, etc. Certains chefs militaires ministres du gouvernement confondaient la chose publique et leur propriété privée. En si peu de temps, les membres du CMLN ont changé de look et de statut.

De statut de militaire, ils se sont mués  en grands hommes d’affaires.  Du coup, certains ministres invitaient des belles femmes à passer le week-end à Bamako à bord d’Air Mali. Un ministre influent du CMLN commandait du Tiep bu diène de Dakar à Bamako par Air-Mali.

Un autre ministre organisait tous les samedis à Kita dans sa villa une soirée de gala avec l’orchestre Tji Wara Band de Kati. Avec le régime CMLN, c’était la bamboula. Le CMLN a transformé le Mali en tagninibougou à travers certains opérateurs économiques et par le népotisme en nommant à la tête de nos sociétés et entreprises d’État des cadres véreux qui les ont mis toutes à genoux.

La suite on la connaît: la cité des usines et entreprises à la Zone industrielle est silencieuse, depuis 1984-1987, première phase du Programme d’ajustement structurel (PAS). Ainsi, Moussa Traoré son CMLN (Comité militaire de libération nationale), plus UDPM (Union démocratique du peuple malien) annonçait une mort programmée du Mali par suicide des usines.

Lorsque les démocrates sincères et convaincus arrivent au pouvoir en 1992 ce fut le déluge. Ils tous pillé ou volé ce qui restait encore au Mali. Avec le manque de patriotisme, les démocrates ont  dépouillé le pays. Ils ont bazardé le patrimoine, détourné les fonds publics. Sous Moussa Traoré, il y eu les villas de la sécheresse au quartier Hippodrome (construit à partir des aides des partenaires pour juguler la sécheresse des 1972-1973). Ces fonds auraient servi à construire des villas pour certains membres du CMLN. Mais avec les démocrates, il y eu des milliardaires de la démocratie. Vingt et un (21 milliardaires), en 1999 et plusieurs, entre 2002 et 2020. Avec la junte, c’est le même système de prédation et de gestion du pays qui continue. On nomme qui on veut à tel poste.

Au lieu d’appliquer la loi ou de rendre une justice équitable pour tous, on laisse fuir les grands délinquants financiers et on met au grappin les menus fretins. Aujourd’hui, le pays va mal parce qu’on a transformé le Mali en un État-marmite. Les gouvernements deviennent des  «taginiyoro». Koulouba serait transformé en «tagninibougou». Ceux qui y travaillent n’ont plus peur. Ils sont les chefs du moment. Dans le Mali d’aujourd’hui, chacun cherche à s’enrichir et à se servir à travers l’appareil d’État. On se soucie peu de l’avenir de la nation. N’oublions le peuple malien est souverain.

Safounè KOUMBA

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