Des vertes et des pas mûres contre maire de la commune de Kalaban-coro, Issa Bocar Ballo :Le marché central de kalabacoro, morcelé et vendu : élus, chefs de quartiers et population contestent

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Le ton est donné pour ce qui devrait être un bras de fer à l’intérieur même du conseil municipal de la commune Kalaban-coro. En effet, plus de dix conseillers communaux en appellent la population, dans les jours à venir à un sit-in au marché principal de la commune. Promesse d’un spectacle insolite : des élus (des conseillers municipaux et un député) dans la rue, aux abords d’un marché objet de vives polémiques.

Un spectacle qui fait suite à celui qui a lieu le 25 mars dernier, quand des forces de l’ordre avaient cerné le marché. Elles n’avaient pas fait dans les détails pour vider le marché, rudoyer des commerçants et même de simples passants. Suite à ces échauffourées, une quarantaines de personnes furent interpelés. Le maire de la commune, Issa Bocar Ballo a donc décidé d’user de moyens forts pour faire entrer la grue et démolir le marché de Kalaban-coro. Il n’en fallait pas plus pour que des conseillers municipaux se désolidarisent de ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave aux intérêts d’une population démunie et aussi une violation flagrante des lois et règlements régissant les collectivités territoriales au Mali.

Près de 2000 personnes déguerpies

Le maire Issa Ballo a donc fait démolir le marché, sans au préalable, prendre aucune mesure d’accompagnement.

Alors, près de 2000 commerçants se sont retrouvés dans la rue. De l’avis d’élus de la commune, jamais cette affaire du marché n’a fait l’objet de délibération du Conseil communal. Or, n’est-ce pas qu’un maire est censé exécuter les décisions du conseil communal sous réserve de nullité absolue. Le maire Ballo justifie donc sa démarche par une délibération de l’ancien bureau communal des années 2004-2009. Une délibération en date du 02 Mai 2005 qui, en son article2 stipule :

 “mandat est donné au bureau communal pour l’organisation et la gestion de ce marché “, en l’occurrence le marché central de Kalaban-coro. Une délibération aussitôt approuvée par le préfet du cercle de Kati par décision N°79 en date du 27 juin 2005. 

En termes clairs, la question de démolition ou d’aménagement  marché de Kalaban-coro n’a jamais été soumise au nouveau conseil communal issu des élections d’avril 2009. Même pas pour discuter des modalités “d’organisation et de gestion” s’il est vrai que l’ancien bureau avait délibéré dans ce sens.  D’ailleurs, la réunion de l’ancien bureau communal, réunion en date du 02 mai 2005 avait à son ordre du jour l’examen de la situation de l’ensemble des 13 marchés que compte la commune de Kalaban-coro. Si alors le maire Ballo se focalise aujourd’hui sur le cas du seul marché principal de Kalaban-coro, est-ce parce que c’est là qu’il y a à boire et à manger. En tout cas on accuse le maire d’agir en solitaire, en complicité avec l’ancien maire de Kalaban, Ibrahim Bamba lui-même membre du nouveau conseil.

Un marché morcelé et vendu

Après avoir rasé boutiques et étales, le maire Issa Bocar Ballo est passé à la vitesse supérieure. Le terrain du marché est morcelé, et pour chaque parcelle, le maire Ballo signe une lettre d’attribution. Combien sont-ils les anciens occupants qui pourraient en bénéficier ? En tout cas, on parle de 13 immeubles à construire, plus 640 boutiques et près de 1000 étales. Dans une correspondance datée du 10 mai 2010, adressée au maire Ballo, des conseillers municipaux, dont certains avaient  participé à ladite délibération du 02 mai2005, dénoncent ce qu’ils désignent sous le nom d’une “violation de la loin°95-34 du 12 avril 1995 “. Le président ATT avait été saisi dès mars 2010 par des chefs de quartier de la commune de cette question du marché de Kalaban-coro “dont l’aménagement ne fait pas consensus ” et dont ” les travaux n’ont pas fait l’objet ni de clarification ni d’affichage à la mairie”, comme l’exigent les textes. Des habitants de la commune, réunis en associations et coordination d’associations ont écrit au ministre Kafougouna Koné pour s’insurger contre le fait ” que le nouveau conseil communal élu n’a donné aucun avis “, c’est n’a même pas été consulté ” sur une situation dont le contexte a beaucoup changé “ de l’année 2005 à aujourd’hui. Et dans un mémorandum adressé au gouverneur de la région, datée du 19 mai 2010, il est fait cas d’un sit-in que les populations entendent organiser pour demander “l’arrêt immédiat des travaux”, “un réexamen du dossier”par une commission impliquant tous les protagonistes et enfin le droit de prendre connaissance “du cahier de charge sur le marché de kalaban-coro ”

Seyni T Kassambara

 

Témoignage sur les évènements  concernant le marché central de Kalaban Coro

Au temps du chef de village Mamadouba TRAORE qui ne vit plus une réunion s’est tenue devant son vestibule sous son manguier où tout le village était convié et aussi les commerçants du marché central au sujet de l’aménagement dudit marché. Ce jour l’assemblée a refusé catégoriquement l’aménagement du marché.

A la suite de cette réunion les femmes conduites par Kadia SAMAKE ont adressé une lettre au Maire lui notifiant leur désaccord de l’aménagement dudit marché.

Ensuite des hommes composés de Solomane TRAORE jeune frère du chef de village, Sidiki TAORE, Saybou TRAORE, Mamadou Noumory TRAORE et Yacouba COULIBALY ont constitué une délégation pour dire au Maire qu’ils ne sont pas d’accord pour l’aménagement du marché.

Un jour le chef de village qui a succédé à Mamadouba TRAORE nommé Diokolo dit Drissa TRAORE a reçu la visite du Maire Ibrahim BAMBA, le 1er adjoint Lamine SANGARE et Mamadou SYLLA le chargé du domanial de notre commune.

L’objet de leur visite était de trouver l’accord du village pour l’aménagement du marché.

Ce jour le vestibule a décidé de renvoyer à une prochaine réunion car le vestibule ne peut  décider seul ce projet d’aménagement. Le vestibule va informer le village et eux à leur tour apporteront la signature du chef de village décédé qui a donné  son accord au projet  d’aménagement du marché plus une copie du plan.

3ième Evènement :

 

Un autre jour le vestibule avait convié ses membres suite à un appel du premier conseiller au sujet du marché central. Lors de cette réunion les mêmes Maires sont venus rentrés. La réunion a été renvoyée car le village n’avait pas encore été informé suite aux propos de  Solomane TRAORE du vestibule.

4ième Evènement :

 

Les femmes ayant appris le projet d’aménagement ont constitué une délégation présidée par Kadia SAMAKE et des hommes du village pour se rendre au vestibule pour savoir si le chef de village était consentant au dit-projet. A leur surprise ils ont été renvoyés par le chef village malgré les propos de Solomane TRAORE du vestibule. Selon ce dernier le village était en droit de venir demander car le village n’avait pas été informé.

Ainsi est née une scission :

”           les chefs de quartier en sus des frères du chef de village et la délégation, d’hommes et de femmes, conduite par Kadia SAMAKE d’un côté et de l’autre,

”           le chef de village et ses conseillers.

N.B. En cela il faut comprendre que le vestibule à Kalaban Coro est composé de : Chef village, le premier conseillé, ses frères, les chefs des 4 (quatre) quartiers, es Conseillers des 4 (quatre) quartiers, un protocole

Toutefois sur les documents administratifs il ressort concernant la chefferie que les responsables du village sont : le chef de village, le premier conseillé et les 4 (quatre) conseillers de quartier.

5ième Evènement :

 

Entre temps la mairie a eu un nouveau conseil communal présidé par le nouveau Maire Issa Bocar BALLO à partir d’avril 2009. Le nouveau bureau communal composé du Maire BALLO, l’ancien Maire devenu 1er adjoint Ibrahima BAMBA et les 2 autres sont allé se présentés au vestibule qui ne contenait plus que le chef de village et ses conseillers.

Ayant appris cette présentation les chefs de quartier, les frères du chef du village, les hommes et les femmes sont allés saluer le nouveau Maire pour lui faire des bénédictions et ensuite lui faire part de leur inquiétude de la mésentente au niveau du village.

Le Maire a ainsi répliqué que la réussite de sa mission va dépendre de l’entente au niveau du village et lui de son côté s’impliquera pour faire cette entente.

Un jour le Maire a fait appel aux deux groupes qu’il a bénéficié d’un don de FCFA 7 000 000 (Sept millions FCFA) pour faire évacuer les ordures du marché principal.

A notre grande surprise le Maire nous appela encore un autre jour qu’il a des pressions au niveau du vestibule et des autorités pour la distribution des lettres d’attribution de notre marché central.

Quand nous autres avions appris cette information, nous lui avons fait part de notre désaccord par rapport à une distribution des lettres d’attribution de ce marché dont nous ignorons même le contenu.

Suite à cela, nous avions fait beaucoup d’écrits aux autorités qui sont restés sans réponse.

6ième Evènement :

 

Un autre jour le Maire a fait spécialement appel à Mamadou Simbo TRAORE pour lui faire part que la distribution du marché était prête et qu’il avait besoin de ses conseils mais aussi s’il avait des besoins particuliers pour être intéressé pour lui permettre de faire cette distribution des lettres d’attribution du marché. Toutefois le Maire avait appelé aussi les conseillers du vestibule sans les chefs de quartier.

Mamadou a répliqué que lui ne peut pas parler de distribution concernant ce marché principal qui ne fait pas d’attente au niveau du village, de surcroît dans ces conditions même si le Maire pouvait lui donner tout ce marché, lui Simbo ne prendrai pas car ça ne fait pas objet d’entente.

Avant la fin de la conversation l’ancien Maire BAMBA est rentré qui a confirmé que Simbo a raison, mais qu’il pouvait faire appel aux chefs de quartier en sus des conseillers qui sont là aujourd’hui afin que le lendemain la distribution puisse être faite.

Le lendemain les gens ont refusé la distribution et ce fut un grand bruit.

Tout le monde apprenait que le Maire veut céder pour la part du village dans cette distribution du marché central que chaque quartier devait bénéficier d’un immeuble et 40 (quarante) boutiques.

Les chefs de quartier ont refusé cette distribution et les conseillers du chef de village ont pris ces immeubles et boutiques à leur place.

Un autre jour le Maire appela le groupe des femmes : Kadia SAMAKE, N’toumè COULIBALY, Kéniba TRAORE, Koumba COULIBALY et Wassa COULIBALY pour leur faire la proposition de 12 boutiques ou hangars et, qu’il va construire pour elles si elles donnaient leur accord pour la distribution des lettres d’attribution du marché central.

Elles répondirent non à cette offre et qu’elles ne veulent que leur marché.

C’est ainsi que le Maire a fixé le 25 janvier 2010 pour démolir le marché au profit de nouveaux acquéreurs.

Ainsi nous nous sommes rendus à Koulikoro, pour rencontrer le Gouverneur. Ce dernier nous a fait part que Kalaban Coro fait parti des 7 communes qui doivent être annulées et a parlé au Préfet de Kati en notre présence afin qu’il agisse et qu’il reçoit la délégation de Kalaban Coro. Immédiatement nous sommes revenus à Kati pour rencontrer le Préfet et lui parler de la date buttoir fixée par le Maire pour la démolition du marché. Le Préfet nous a envoyé une délégation conduite par Olivier TRAORE et deux techniciens pour nous rencontrer à la mairie et il n’ya pas eu d’attente au sujet de l’aménagement du marché. Ensuite le Préfet lui-même accompagné de la même délégation sont venus nous rencontrer à la mairie et il n’y avait pas toujours entente.

C’est le 25 mars 2010, que Kalaban Coro se voyait envahi par des gendarmes pour encercler le marché afin de trouver sa démolition.

Tout le monde, pris de panique par des tirs en l’air, des gaz lacrymogènes, abandonnait  le marché pour prendre place sur le site du foyer de jeune et des alentours.

Rien n’avait été aménagé pour faire face à cette démolition.

Les gendarmes ont arrêté une quarantaine hommes, femmes et enfants jeter des grenades lacrymogène dans les familles, bastonner les habitants. La majeure partie a été libérée en fin d’opération suite à des interventions des gens de bonne volonté. 6 personnes ont été retenues et transférées à Kati pour des jugements au motif qu’elles voulaient brûler la maison de Bakary TRAORE.

Ce même jour 25 mars 2010 Jean DEMBELE conseiller communal a reçu un coup de fil de Madame TOURE Kadidiatou MAIGA député à l’Assemblée Nationale que la commune serait envahie par des gendarmes pour le marché central. Jean s’est rendu à la mairie aussitôt pour s’enquérir des informations sur cette arrivée de gendarmes. Jean a rencontré Ibrahima BAMBA 1er adjoint pour lui notifier qu’il ne comprenait pas l’arrivée de gendarmes pour le marché et qu’une délibération aurait du être faite pour cette arrivée.

BAMBA a dit que c’est le Maire qui pouvait répondre à cette question.

Jean a aussitôt téléphoné le Maire : qui dit que c’est pour des raisons stratégiques que le Maire et son bureau aient agi de la sorte. Jean lui a fait part de la tenue d’une session pour faire mieux comprendre cette situation aux autres conseillers. Après Jean a rencontré spécialement le Maire dans son bureau pour lui dire que le nouveau conseil aurait pu bien comprendre concernant le marché, mais le Maire dit que lui a tout compris et qu’il ne reviendrait plus par rapport à une discussion sur ce marché et que c’est trois familles du village seulement qui s’opposent à cette démolition du marché et le Préfet de Kati est aussi passé ici pour la même affaire, que les gendarmes les assisteront pour aboutir à la démolition et toute la distribution est déjà faite.

 Les notables ont ainsi écrit aux autorités que des conseillers ne comprennent pas cette situation car le nouveau conseil n’a jamais fait une délibération. 

Soumaila TRAORE, Lacina TRAORE, Mamadou Simbo TRAORE, Jean DEMBELE ont rapproché la gendarmerie pour obtenir au petit soir la libération des personnes arrêtées.

La gendarmerie dit avoir reçu un renfort par la demande de la Mairie pour l’exécution de cette mission.

Ainsi nous nous sommes investis à retrouver la délibération. Nous avons constaté que dans la délibération le Maire Ibrahima BAMBA a insinué à l’article 2 : ” Mandat est donné au bureau communal pour l’organisation et la gestion du marché de Kalaban Coro”. Cet article dans la délibération du marché central est contraire à la loi et cela est une situation fabriquée du bureau communal 2004-2009 en complicité avec le Secrétaire Général et Kati.

Jean a rapproché le Secrétaire Général le mardi 04 Mai 2010 dans son bureau qui connaissait bien la pertinence d’un tel article, toutefois il répliquera que Jean n’avait  pas beaucoup de temps mais lui compterait sur des conseillers comme Tienfing ou l’honorable pour signaler cet abus, chose qui n’a été faite et lui ne veut pas s’interféré dans les affaires des conseillers. Le Secrétaire Général dit que le même abus est sur toutes les délibérations pour tous les marchés dont les conseillers ont délibéré, mais lui se résigne à dénoncer.

CONSTATS :

Le village de Kalaban Coro vit dans la désolation. Les mères de famille ne savent plus que faire pour subvenir aux besoins élémentaires de leur famille.Les pères de famille n’ont plus de champs pour labourer pour subvenir aux besoins de la famille. L’espoir de soutiens qui était maintenant les mères de famille vient d’être dissipé par la vente du marché central par la mairie.Or, comment comprendre qu’aux états généraux sur le foncier il ya une pratique contraire au Président de la République je cite :

” La terre doit être un Instrument au service du développement de l’ensemble du pays et non un moyen d’enrichissement illicite pour quelques individus privilégiés “, a dit le Président de la République. Une attention particulière est portée à la Spéculation Foncière effrénée, à laquelle se livrent certains de nos élus locaux, qui vise en réalité non pas à satisfaire des besoins de Recasement des populations nécessiteuses, mais plutôt pour s’enrichir à tout prix. L’Etat ne pouvant croiser les bras en assistant à de telles dérives, des réponses appropriées doivent être apportées dans les meilleurs délais à ces situations…Changer de stratégie, pour que nos villes, grandes et petites et mêmes nos villages, aient des Cachets Urbanistiques harmonieux et prospectifs, loin de leur image actuelle de “Gros villages”…

L’interdiction stricte aux Maires, Sous-préfets, Préfets, Gouverneurs, Aménageurs privés de vendre 1 (un) mètre carré de terrain, même dans les zones de Recasement, s’ils n’ont pas fait au préalable la viabilisation.”

CONCLUSIONS :

”           Aujourd’hui le constat est là que Kalaban coro a été dépossédé de son marché principal qui fait la vie du village au profit d’autres personnes dont nous ignorons les identités.

”           La part qui avait été réservée au village dont les conseillers ont enlevé à la place des chefs de quartier (4 immeubles et 160 boutiques) est entrain d’être vendue pour 20 millions fcfa pour chaque immeuble et 750 000 fcfa pour chaque boutique.

”           Le reste du marché est entrain d’être vendu par le Maire.

En tout état de cause, Kalaban Coro exige la récupération de son marché central à tout prix.

 

Kalaban coro, le 05 Mai 2010

Ont Signé : Mamadou Simbo TRAORE : Notable de Kalaban Coro, Solomane TRAORE : Notable de Kalaban Coro, Moriba TRAORE : Chef de quartier Gnécona, Jean DEMBELE : Conseiller Communal, Kadia SAMAKE : Présidente des femmes du village, Soumaïla TRAORE : Notable de Kalaban Coro, Mme TOURE Kadidiatou MAIGA : Député à L’Assemblée Nationale, N’Golo SAMAKE : Notable à Kalaban Coro

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