Attaque criminelle à Songho : Un acte désespéré des terroristes de plus en plus acculés dans leurs derniers retranchements

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Encore des victimes du terrorisme aveugle qui fait peser sur notre pays une chape de plomb depuis bientôt dix ans ! Une vingtaine de grands blessés gémissant et plus de trente victimes civiles innocentes lâchement assassinées par des desperados surgis des ténèbres un vendredi saint, 03 décembre 2021 ! Des forains de Songho, se rendant à la foire hebdomadaire de Bandiagara, ville située à dix kilomètres, ont vécu l’enfer. Le car les transportant a été mitraillé. Les assaillants ont d’abord tué le chauffeur, puis fermé le véhicule pour y mettre le feu. Les témoins, qui ont pu constater avec contrition la scène, font état d’images insoutenables : des corps calcinés, des morceaux de chair consumés, des bébés brûlés aux seins de leurs mères qui les allaitaient. Scène d’apocalypse d’une rare inhumanité, un summum d’horreur.

Le Mali tout entier a été plongé dans un immense deuil, l’émotion est indicible. La colère vive chez chacun le dispute au désespoir généralisé. Dans pareille situation, les cœurs sont à l’émoi d’une extrême intensité, la consolation ne sera pas la chose la mieux partagée. Les plus hautes autorités de l’Etat ont pris l’exacte mesure des faits. Le gouvernement a informé l’opinion nationale et internationale de la perfide attaque perpétrée entre 09 heures et 10 heures le jour fatidique, et a décrété conséquemment trois jours de deuil, avec mise en berne du drapeau national durant cette période. Il a déployé des renforts dans le secteur du drame pour mener un large ratissage afin de traquer les auteurs du malheureux carnage. Le gouvernement de la République, qui connaît le niveau élevé du patriotisme de notre armée nationale en ces temps de douloureuses épreuves que notre pays continue de subir, a salué les efforts que ne cessent de déployer nos forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Ce n’est pas un vœu pieux, la réalité sur le terrain incite plutôt à l’union sacrée. Le Mali est tenu en haleine par des hordes de génies malfaisants qui, par nature, sont sans foi ni loi, et qui ne nous laisseront aucun répit. Conséquemment, les autorités s’organisent, en mettant tous les atouts du côté de l’Etat et de la République. La réorganisation de l’armée, l’acquisition sur le budget de l’Etat des équipements de pointe, notamment les avions de combat performants qui ont fait défaut à la Grande Muette depuis trente ans, etc., participe de cette volonté de parvenir bientôt à vaincre tous les ennemis de notre patrie pour redonner au Mali toute sa souveraineté perdue. De ce point de vue, l’espoir est permis. Les colonels, auteurs du pronunciamiento du 18 août 2020, ont vécu des faits qui ont sans doute aiguisé leur conscience et les a mis face à face avec leurs responsabilités militaires au service de la patrie. Ils ont une haute idée de ce que leur commandent désormais la grandeur et les services militaires. Il s’y ajoute qu’ils sont de vrais officiers qui ont une vision claire de leur mission. C’est tant mieux.

Des nains qui cherchent à se faire passer pour des géants

L’attaque criminelle de Songho a amené les populations de la région de Bandiagara, les autorités coutumière et les élus locaux en tête, à annoncer « avec regret  qu’à partir du lundi, 06 décembre 2021 jusqu’à nouvel ordre, qu’ils seront dans la désobéissance civile  conformément à l’article 121 de la constitution du 25 février 1992. » En conséquence, ils demandent la fermeture de services étatiques et non étatiques, exceptés les centres de santé les commerces et les transports. Cette réaction citoyenne est fort compréhensible, le drame, de par son immensité, a endeuillé toutes les familles et blessé toutes les âmes. Mais il faut espérer que les cœurs s’apaisent au plus vite car c’est sans doute ce que recherchent, entre autres écœurements contre les plus hautes autorités, les criminels. Les terroristes sont, en réalité, des nains qui usent du crime pour se faire passer pour des géants capables de déstabiliser un gouvernement, voire un pays. Ils savent bien, pour paraphraser Robert Amstrong, ancien secrétaire gouvernemental de Whitehall, qu’en s’attaquant de cette façon à un car plein de civils sans armes, de surcroît des femmes et leurs bébés en nombre, ils s’emparent aussitôt, en même temps, des écrans de TV, des ondes des  radios et des titres des journaux, ce dont raffolent surtout les médias occidentaux alliés naturels le plus souvent de leurs gouvernements. Or, la chronologie nous offre une autre lecture de la lâcheté perpétrée à Songho, entre Bandiagara et la route bitumée, un réduit loin d’être propice à un vrai combat contre une armée régulière. L’épisode montre un grand désespoir chez les terroristes qui, au regard des dispositifs militaires en train d’être déployés par les autorités, se sentent de plus en plus menacés, acculés qu’ils sont dans leurs derniers retranchements. La présence des avions de combat leur indique bien que leurs capacités de mouvement et de cachette s’amenuiseront au fil d’un temps quasi présent. D’où une certaine panique qui les pousse à de telles horreurs pour saper le moral des citoyens.

L’intelligence nationale doit éviter le piège mort

Qui sait d’ailleurs si ce n’est pas l’œuvre de nervis d’ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur, sortes de Judas qui baisent la main de notre pays. Ce qui apparaît évident, c’est que l’attaque de Songho le vendredi, 03 décembre, fait suite, 24 heures avant, le jeudi, 02 décembre, à la hardie neutralisation par les FAMas d’environ une dizaine de sanctuaires de ces groupes terroristes dans les secteurs de Mondoro (localité qui rappelle un fâcheux cas en 2020), Baye,Ganguel et Farabougou, toujours dans le centre du pays. Il y a à la fois comme une réaction de dépit et de provocation, une action de désespoir qui constitue le sens véritable, l’objectif principal des auteurs du massacre des civils à Songho. L’essentiel pour les terroristes n’est pas le résultat concret de l’opération, l’assassinat, la mort d’innocents, mais le retentissement de l’action, son impact social, la possibilité, en visant une seule personne, d’en mettre en jeu des milliers et des millions. En ce sens, le Mali est fortement visé et toute l’intelligence nationale doit voir le piège mortel pour ne pas sombrer dans  le désespoir et renforcer l’ennemi terroriste en conséquence, qu’il s’appelle, djihadiste, narcotrafiquant ou impérialiste. « La véritable cible des terroristes, ce n’est pas la victime, mais le grand public », note Stephen Segalla, un spécialiste.

Amadou N’Fa Diallo

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