Au Mali comme au Niger : la France sur toutes les lèvres !

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La France! La France! La France! Partout, dans les salons feutrés de Bamako (Mali) et de Niamey(Niger) comme dans les fadas des jeunes ou encore dans les taxis ou ailleurs, on ne parle plus que de la France. Dans cette tragédie des populations nigériennes du nord Tillabéry, c’est la France qui est pointée du doigt. C’est la France, entend-on dire ici et là, qui cherche à annexer cette partie du nord Tillabéry ainsi qu’une partie du nord Tahoua pour en faire une partie du nouvel Etat de l’Azawad qu’elle aurait entrepris de créer au forceps.

Déjà, l’occupation prolongée du nord Mali par les terroristes et séparatistes maliens, est le fait de la France. C’est elle qui empêche l’Etat malien d’exercer son plein contrôle sur l’intégralité de son territoire national, tout en laissant libre cours aux séparatistes maliens de proclamer et de poser les jalons du nouvel Etat de l’Azawad auquel ils aspirent. C’est elle qui a gardé son armée sur le territoire malien, contre la volonté du peuple malien, en exerçant une sorte de chantage sur les autorités maliennes. Le franc CFA et bien d’autres conventions colonialistes lui servent de moyens de pression pour obtenir par la force ce qu’elle ne peut pas obtenir, comme les autres pays occidentaux, dans le respect mutuel et la coopération exemplaires.

Si ce n’est pas la France qui commandite ces actes de terrorisme, l’opinion nationale nigérienne est toutefois acquise au fait que la présence de l’armée française ne sert, pratiquement à rien au Niger.

Malgré ses moyens colossaux et sophistiqués, elle n’aide pas à l’extermination des bandes terroristes. En toute honnêteté, on ne peut s’empêcher de douter de la position française dans ce qui arrive au Niger. La sentence est, donc, connue pour les Nigériens: ce qui leur arrive est le fait de la France. D’une manière ou d’une autre.

La persistance et la propagation de l’insécurité dans le nord Tillabéry est perçue comme un corollaire de ce qui est imposé au Mali depuis près d’une décennie. Et plus la France persiste dans cette voie, plus elle suscite et développe le sentiment anti-français. Partout d’ailleurs, en Afrique, la France est en très mauvaise posture. Sa puissance et ses capacités de coercition vis à vis des gouvernants africains ne lui permettent pas, malheureusement, de voir l’évolution inéluctable à laquelle elle sera confrontée dans quelques années. Son bras de fer avec l’Italie, qui a remporté la manche en se mettant à révéler à la face du monde ce qu’est la France et ce qu’elle devrait être sans cette exploitation colonialiste de nos pays est une alerte chaude qui ne restera pas sans suite. La France va nécessairement succomber aux critiques acerbes contre sa politique inique en Afrique. Si elle ne change pas de fusil d’épaule, elle va comprendre, certainement tard, qu’on ne scie pas la branche sur laquelle l’on est assis. De l’intérieur de la France, comme ailleurs dans les instances internationales, des voix s’élèvent pour dénoncer cette politique et cette sordide amitié de la France. Et de plus en plus, d’autres pays lui sont préférables.

L’amitié française, chantée par les autorités françaises lorsqu’elles se déplacent en Afrique, sa solidarité d’avec nos pays, son engagement à rester à leurs côtés, dans les bons et les mauvais moments, son indéfectible engagement à défendre les droits humains et la démocratie, sont en réalité de vains mots qui ne servent qu’à couvrir les véritables desseins de la France chez nous. Il faut dire les choses telles qu’elles sont. C’est cette propension de la France à ramer à contre-courant de l’Histoire qui la ruine et la dégrade. C’est cet aveuglement à rester en 2021 la même France de 1840, qui est à la base de la perte continue de la France sur la scène internationale. C’est cette incapacité de la France à se recréer sur la base de son propre génie, à établir une coopération juste avec nos pays qui va inéluctablement la perdre. La France, pour tout dire, peut certainement faire du mal à nos pays, mais son sort est intimement lié au sort de ces Etats qu’elle maintient sous son joug.

Cela est d’abord vérifiable avec l’Organisation internationale de la Francophonie, presque portée à bout de bras par la France mais qui, de toute façon, ne peut survivre sans le grand Canada.

Bonkano

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