Mali : le MNLA joue la carte de l’autodétermination

9 Octobre 2012 - 09:59
Mis à jour: 14 ans
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[caption id="attachment_97404" align="alignleft" width="310"] Un tonneau peint aux couleurs du MNLA à la frontiere du Mali et du Niger.
RFI[/caption] Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ne parle plus d’« indépendance » mais d’« autodétermination » du nord du Mali dans une plateforme de revendications politiques présentée, dimanche 7 octobre, au président burkinabè, Blaise Compaoré, médiateur de la crise malienne. Affaibli militairement et isolé politiquement, le MNLA tente de retrouver une assise et une légitimité.
Le MNLA se dit déterminé à discuter, autour d’une table, des causes profondes de la crise au nord du Mali et l’a fait savoir à Blaise Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). La délégation du MNLA était représentée par Ibrahim Ag Assaleh, membre du conseil de transition de l’Azawad et Illad Ag Mohamed, membre du bureau du MNLA. Tous deux ont présenté un document de 11 pages intitulé « plateforme politique » dans lequel le mouvement ne met plus l’accent sur la sécession ou l’indépendance à tout prix, comme ce fut le cas en janvier dernier lorsque le mouvement a pris les armes pour obtenir l’indépendance de l’Azawad (nom que donne le MNLA au nord du Mali). Dans ce document, le MNLA rappelle l’histoire de son mouvement, celle du territoire de l’Azawad depuis l’indépendance du Mali, en 1960, et ses objectifs politiques. Pour ne plus froisser Bamako et pour tenter d’obtenir l’ouverture de négociations, les élites du MNLA ont quasiment supprimé le mot « indépendance » du texte et sont revenues à une expression bien connue, dans le nord du Mali, celle du « droit à l’autodétermination ». Ainsi, le MNLA réclame son droit à l’autodétermination, ce qui veut dire, pour l’émissaire Ibrahim Ag Assaleh, reçu par le président Blaise Compaoré et joint par RFI « avoir le droit à la santé, à l’éducation et avoir aussi ses propres moyens de gouvernance sur son propre territoire, mais un territoire qui pourrait - pourquoi pas - être sous la tutelle de Bamako », et il ajoute : «Ce sera à la communauté internationale et aux autorités de transition maliennes de nous proposer un statut juridique qui convienne à nos aspirations. » Divisions au sein du MNLA Un cadre du MNLA joint dans l’après-midi, par RFI, admettait qu’« il y a des divisions au sein du mouvement, sur cette question d’indépendance » et qu’il a fallu des semaines de discussions pour en arriver là. Selon un autre leader du mouvement, il leur a fallu également demander «l’aide d’experts internationaux » qui leur ont apporté leur « savoir faire en matière de droit international et de négociations ». Il est vrai qu’en plus de cette plateforme politique, les cadres du MNLA ont préparé deux autres documents, pour le moment confidentiels, qui regroupent les arguments pour revendiquer l’autodétermination. Ce n’est pas la première fois que le MNLA évoque l’autodétermination. Depuis plusieurs mois déjà, la rébellion touareg ne brandissait plus l’indépendance comme revendication catégorique. Ce qui est nouveau, c’est que l’autodétermination figure dans cette plateforme politique, qu’elle soit remise au médiateur de la Cédéao et que celui-ci s’en fasse le porte-parole. En effet, en parlant d’autodétermination, le MNLA redevient un interlocuteur acceptable pour la communauté internationale. Selon un expert du dossier, joint par RFI, ce positionnement est stratégique. Pour lui « le MNLA est aujourd’hui remis en selle, avec la bienveillance de la communauté internationale, pour devenir les bras armés d’une intervention militaire ». Allier « préparation militaire » et « dialogue » Lors d’une réunion, ce lundi 8 octobre, à Dakar, des chefs de mission de la paix de l’ONU en Afrique de l’Ouest, il a été question de la situation au Mali après, notamment, les pourparlers de Ouagadougou entre des représentants du MNLA et le président burkinabè Blaise Compaoré. A l’issue de la réunion de Dakar, le responsable de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit, a déclaré à la presse que le dialogue peut aller de pair avec la préparation d’une opération militaire.
Saïd Djinnit
Responsable de l’ONU en Afrique de l’Ouest
Il y aura une approche double, à savoir, préparer les dialogues mais, pendant ce temps et parallèlement, monter en puissance la force ouest-africaine en attente.
Reste à savoir maintenant comment Bamako recevra le message du MNLA qui semble renoncer à l’indépendance du Nord. Les autorités maliennes n’ont toujours pas mandaté de délégation officielle pour entamer des négociations avec des groupes armés du Nord.
LE DROIT À L’AUTODÉTERMINATION
Le principe de l’autodétermination a été introduit, en droit international et en diplomatie, après la Seconde Guerre mondiale, avec la charte des Nations unies. C’est ce qui a permis, dans les années 60 et 70, aux peuples colonisés de devenir indépendants. Depuis, plusieurs chartes ou déclarations, notamment de l’Union africaine, ont considéré que le droit à l’autodétermination était un droit inaliénable. Les peuples peuvent disposer d’eux-mêmes et, en vertu de ce droit, ils peuvent déterminer librement leur statut politique, social, économique et culturel. L’autodétermination est souvent perçue, à tort, comme synonyme d’indépendance parce qu'il est vrai que son principe se heurte au concept de l’intégrité territoriale. D'ailleurs, la charte des Nations unies n'interprète pas le droit à l'autodétermination comme une autorisation ou un encouragement à démembrer ou compromettre l’intégrité du territoire ou l’unité politique d’Etats souverains. Il existe, en tout cas, en dehors de l'indépendance, de nombreuses formules ou combinaisons qui permettent à des populations de s’auto-gouverner et de s'auto-administrer : la décentralisation, l'autonomie, la fédération comme au Nigeria, en Allemagne et en Russie ou encore la libre association des peuples comme en Suisse.
RFI / 09/10/2012

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Commentaires (26)

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Vision2013
Vision2013 14 ans
Ce n'est pas le fait qu'ils ont pris les armes contre le Mali qui m'enerve (quand meme ils ne sont le premiers a faire cela). Mais cest le fait que cette espece de rebellion que reprensent le MNLA est composee de jeunes touargues qui doivent tout a l'Etat malien, le fait qu'ils sont aussi tres anti-africains, le fait qu'ils haissent le Mali jusqu'au os... prêts a collaborer avec toute force qui leur permettrait a detruire cette entite qui est le Mali. En fin, le fait qu'ils sont tellement arrogants, pretentieux et jaloux vis a vis du Mali et son histoire. Ce n'est pas etonnant qu'ils sont tombés si mal.
amon
amon 14 ans
Mais quand-t-est-ce un cadavre peut s'autodeterminer. Après la page de nécrologie du MNLA, Le fameux mediateur rencontre des fantômes . Pour nous les maliens, le MNLA n'a que vecu. Ce groupe s'est autodterminé au Faso et Blaise pourrait leur donner quelques fractions dans le nord du faso pour qu'ils puissent ny resider. Le MNLA doit demander pardon au peuple malien car les islamistes sont plus pardonnableS que le MNLA à nos yeux au Mali.
ERAMO
ERAMO 14 ans
ces gens n'ont jamais honte. c'est l'argent ou la mort. Aucune notion de famille, des sans pitiés. Beaucoup de Maliens sont prèts à prendre les armes au près de nos vallants militaires si c'est la seule solution. Avec l'autodétermination, les touaregs minoritaires vont gérer le nord et les autres: tamashec, arabes,sonrails etc seront ils sous domination des esclaves, il faut s'enroler dans l'armé pour s'autolibérer ou mourrir. *
yiromi
yiromi 14 ans
AG IBRAHIM 18 Juin 2012 ETAT AZAWAD, PERIL DU PEUPLE TOUAREG PEUPLE TOUAREG, ON NOUS MENT. CEUX QUI PRETENDENT ETRE NOS LEADERS NE NOUS DISENT PAS LA VERITE ET NOUS CACHENT LA REALITE. LE COMBAT QU'ILS PRETENDENT MENER AU NOM DE L'EDIFICATION D'UN ETAT AZAWAD EST UN COMBAT ILEGITIME, ILLEGAL ET SANS AVENIR PUISQU'IL NE REPOSE SUR AUCUN FONDEMENT. L'AZAWAD N'EXITE PAS GEOGRAPHIQUEMENT (EN TOUT CAS PAS TEL QU'IL NOUS EST PRESENTE) ET IL NE PEUT EXITER NI EN TANT QU'ETAT ENCORE MOINS EN TANT QUE NATION. NOUS SOMMES DES MALIENS, NOUS AVONS TOUJOURS VECU EN PAIX ET EN HARMONIE AVEC CEUX AVEC QUI NOUS PARTAGEONS L'APPARTENANCE ET L'ATTACHEMENT A CE TERRITOIRE C'EST A DIRE LES SONHRAI, LES ARABES, LES PEUHLS, LES BOZOS, BELLAH ETC...A SUPPOSER MEME QUE NOUS PARVENIONS A ARRACHER CETTE INDEPENDANCE ET QUE CELA SOIT ACCEPTEE PAR LE MALI ET LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE COMME UNE SITUATION DE FAIT, IL FAUT S'ATTENDRE A CE QUE LES SONHRAI, LES PEUHLS, LES BOZOS ETC... EUX AUSSI SE SOULEVENT POUR NOUS COMBATTRE ET NOUS CHASSER DE CES TERRES CAR, ILS SONT AUSSI ORIGINAIRE DE CES ZONES ET AUJOURD'HUI PRET DE 20 FOIS PLUS NOMBREUX QUE NOUS LES TOUAREGS; SI NOUS AVONS EU NOS ARMES, ILS PEUVENT AUSSI AVOIR LEURS ARMES. SI NOUS AVONS DES AMIS, ILS AURONT AUSSI LEURS AMIS. SI NOUS AVONS NOTRE MOTIVATION ET NOTRE COURAGE, ILS AURONT AUSSI LES LEURS ETC... AU FINISH, NE NOUS VOILONS PAS LA FACE, NOUS SERONS EXTERMINES ET LE TEMPS QUE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE INTERVIENNE, CE SERA TROP TARD ET MEME SI ELLE INTERVIENT, NOUS SERIONS PAR LA SUITE CONTRAINTS DE RENONCER DEFINITIVEMENT A CE TERRITOIRE. NOUS SERONS ALORS DES EXILES, DES APATRIDES. NOUS NE POURRIONS PLUS JAMAIS CONSTRUIRE, EN TOUT CAS SUR PLUSIEURS GENERATIONS. MON DERNIER MOT EST QUE TOUT CE QUE NOUS GAGNERONS AVEC "AZAWAD" NE SERA QUE MASSACRE, BAINS DE SANG, RUINES, DESOLATION, EXODE MASSIVE ET MISERE HUMAINE POUR NOUS MEMES ET NOS VOISINS DE TOUT TEMPS, MAIS AVEC LE MALI, NOUS AVONS TOUT A GAGNER, A CONDITION QUE NOUS ACCEPTIONS DE FAIRE PARTIE DE CETTE GRANDE NATION ET QUE NOUS ACCORDIONS NOTRE MODE DE VIE AUX EXIGENCES DU MONDE MODERNE A BON ENTENDEUR, SALUT !
Vision2013
Vision2013 14 ans
Merci mille fois au islamistes de nous avoir rendu ce service si precieux: celui de plier le cu.l de ces apatrides. Sans les islamistes le serait sans doute divisé par ces sales bat-tards. La preuve en est que meme etant absolument mort, le Burkina et l'Algerie veulent ravivre le MNLA...donc imaginez ce qu'ils feraient pour lui s'il arrivait a chasser les islamistes. Merci Aqmi, merci Mujao, merci Ansar Edine d'avoir nettoyé notre territoire de cette salté MNLA.
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