Figure incontournable du monde syndical : Yacouba Katilé prend la tête du CESC

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Sans adversaire déclaré, presque à l’unanimité, il est devenu ainsi le cinquième président de la huitième institution de la République.

Réputé combattif, il a capitalisé sur l’aura qu’il s’est forgée dans le monde syndical, où il est devenu une figure incontournable. Presque à l’unanimité, 54 voix favorables sur les 56 votants sur un total de 58 membres que comptent l’institution, Yacouba Katilé en est devenu depuis lundi le 5ème président. Le poste de vice-président est échu à Amadou Sanoussy Daffé de la Chambre des mines et Mme Diallo Bodji Sène de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM) et Ousmane Traoré de l’Union nationale des travailleurs du Mali ont respectivement occupé les postes de 1er  et 2ème  secrétaires du bureau.

« Coriace en négociations »

Ceux qui ont travaillé avec lui décrivent “un syndicaliste avisé, coriace en négociations. C’est quelqu’un d’extrêmement tenace, il est prêt à atteindre ses objectifs par tous les moyens légaux “.

« Notre obligation est de respecter, de remplir correctement les tâches, les missions qui nous sont confiées. Je peux vous rassurer que rien ne sera ménagé dans ce cadre », a promis Yacouba Katilé. Rien d’étonnant dans ses propos.  Le nouveau président est en terrain connu.  Il a occupé au cours de la mandature écoulée le poste de vice-président et a présidé plusieurs commissions ad hoc notamment celle de la relecture des textes du Conseil économique, social et culturel.

Né à Ke-Macina, près de Ségou, dans le centre du Mali, Yacouba Katilé assure pourtant n’avoir, au départ, eu aucune ambition dans le secteur syndical, suivant le portrait que lui dresse notre confrère Jeune Afrique. « J’étais bon élève mais mon père, un paysan, voulait me retirer de l’école », raconte-t-il, installé dans le bureau qu’il occupe désormais à la Bourse du travail à Bamako.

 

Grandi dans l’ombre de Siaka Diakité

 

Il entre dans les douanes, en 1987, après avoir passé le concours d’entrée au Service national des jeunes (SNJ). À l’époque, il est envoyé dans les champs de canne à sucre de la région de Sukala, à Dougabougou, dans le cadre de son service. Un travail harassant. En 1996, c’est le tournant. « 300 agents contractuels ont été recrutés au sein de la douane cette année-là. Mais ils devaient payer pour leurs uniformes et n’avaient pas d’armes… »,  se souvient Katilé, qui s’engage alors dans le combat syndical, au sein du Syntade, qui regroupe les fonctionnaires des impôts et de la douane.

Une carrière militante qu’il ne quittera plus. En 2013, il est porté à la tête du Syntade, au prix d’un combat fratricide – et judiciaire – avec Siaka Diakité, qui dirigeait jusqu’alors la centrale syndicale. Son accession au poste de secrétaire général laissera des traces, d’autant que Katilé avait grandi dans l’ombre de Diakité, dont il avait fait son mentor.

Georges François Traoré

 

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