Adieu l’Elysée ? Marine Le Pen face à de nombreux dilemmes stratégiques
Marine Le Pen aborde son procès en appel à la recherche du chemin qui lui permettra de nourrir le «tout petit espoir» de se présenter à la présidentielle de 2027, sans pour autant endosser, pour l'heure, un véritable changement de stratégie.
Les mêmes causes peuvent-elles produire des effets différents ? C'est en tout cas en innocente des faits qui lui sont reprochés que la cheffe de file des députés RN entend à nouveau se présenter devant ses juges, à partir du 13 janvier.
Quand bien même la posture s'était retournée contre elle lors de la première instance: dans son jugement du 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris avait «pris en considération le positionnement de l'intéressée», c'est-à-dire ses dénégations, pour justifier la lourdeur de sa condamnation.
La ligne de crête apparaît d'autant plus périlleuse que, depuis, onze de ses co-prévenus ont renoncé à faire appel, bien que tous aient été reconnus coupables d'avoir participé à un «vaste système» de détournement de fonds européens au seul profit du parti Front national (FN, devenu Rassemblement national) mis en place par Marine Le Pen.
Parmi eux, la propre sœur de cette dernière, Yann Le Pen, avait fait valoir son seul «épuisement» pour expliquer sa décision de ne pas réclamer un second procès, récusant toute validation de l'accusation.
Sous les dorures et tentures de la grande salle de la première chambre de la cour d'appel de Paris, la députée du Pas-de-Calais adoptera-t-elle pour autant la même attitude qu'en première instance ?
A l'automne 2024, lors des cinq semaines d'audience, la prévenue Le Pen s'était présentée comme la première de ses défenseurs, elle qui aime rappeler qu'elle fut un temps avocate au mitan des années 90.
Son interventionnisme assumé lors des débats s'était doublé d'une mise en cause publique de la présidente du tribunal, chez qui elle avait dit «percevoir» une «tonalité de partialité».
Elle avait encore dénoncé «une décision politique» à l'heure du prononcé de la sentence: quatre ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, 100.000 euros d'amende et, surtout, cinq ans d'inéligibilité avec effet immédiat.